Questions clefs : Quelle sorte de disciples les Grecs et les Juifs étaient-ils ? En quoi les disciples de Jean-Baptiste différaient-ils de ceux de Jésus de Nazareth? Quelles applica-tions pour notre rôle actuel de disciple apprenons-nous des disciples du temps de Jésus?
Il y a eu des disciples avant même l'époque du ministère terrestre du Christ. Plusieurs siècles avant sa venue en ce monde sous forme humaine, il existait des enseignants qui rassemblaient autour d'eux des disciples et influençaient la vie d'autrui par leurs enseignements. C'était vrai des Grecs, des Juifs, des Chinois et d'autres cultures antiques. Plusieurs de ces maîtres refusai-ent d'être appelés enseignants et d'appeler leurs élèves disciples tellement le lien qu'ils entretenaient entre eux était étroit.
Cette semaine, nous comparerons le rôle de disciple en général à celui des disciples de Jésus en particulier et nous en examinerons les implications pour les disciples de Jésus vivant au XXIe siècle.
" Il y avait quelques grecs parmi les gens qui étaient montés pour adorer pendant la fête. S'étant approchés de Philippe qui était de Bethsaïda en Galilée, ils lui demandaient Seigneur nous voudrions voir Jésus. " (Jn 12.20, 21)
Le fait que ces Grecs soient venus adorer pendant la fête devrait déjà nous renseigner sur eux. Les versets précédents révèlent une telle foule d'événements que l'attitude de ces Grecs n'avait rien de surprenant.
Lisez les textes suivants. Quelles informations donnent-ils sur ce qui se, passait? Jr 29.13; Jn 1.9; 6.44; Ac 10.34, 35.
Nous avons vu la semaine dernière que Jésus choisissait toujours ses disciples. Les textes ci-dessus, à première vue, semblent indiquer autre chose. Même alors, l'Esprit attirait ces Grecs.
Dans la culture grecque, la condition de disciple revêtait des formes multiples. Même s'il arri-vait à des enseignants grecs de prendre des initiatives, traditionnellement, les étudiants choisis-saient leur maître. C'étaient eux, et non l'enseignant, qui initiaient la relation. Il était également courant, pour l'enseignant, de demander une participation financière à ses élèves.
Dans ce cas précis, sous l'inspiration du Saint-Esprit, ces Grecs recherchaient Jésus pour appren-dre de lui. Etant donné que Dieu part de ce que nous connaissons pour nous enseigner ce que nous avons besoin de connaître, c'était une attitude valable. A ce propos, Ellen White a noté ceci: "Les Grecs désiraient connaître la vérité concernant sa mission." - Jésus-Christ, "Dans le parvis extérieur ", p. 621. Elle a ajouté que Jésus leur avait accordé ce qu'ils cherchaient.
Les relations entre maîtres et élèves sont mentionnées dans les écrits d'érudits juifs tels que Philon et Josèphe. Il y avait également deux rabbins célèbres, Hillel et Shammai, qui possédaient à Jérusalem des écoles rivales et s'attiraient des fidèles. Nous apprenons aussi dans les Actes que Saul de Tarse était l'élève du rabbin Gamaliel, autre enseignant juif célèbre du premier siècle (Ac 5:34-39; 22:3).
Lisez les textes cites ci-contre. Mt 16:19 ; 18. 18. Qu'apprenons-nous sur Gamaliel ?
Ces enseignants étaient réputés parmi les Juifs du premier siècle. Ils attiraient à Jérusalem, centre théologique et juridique du judaïsme, des élèves du monde entier qui venaient s'asseoir à leurs pieds. Un jeune Juif qui souhaitait devenir rabbin commençait son instruction de bonne heure, sans doute vers quatorze ans. Il avait avec son maître un contact personnel, suivait ses instructions, imitait ses gestes et apprenait de lui dans la salle de cours comme dans la vie. Dans la salle de cours, sa position était celle de l'élève assis aux pieds du maître. Quand il possédait la maîtrise des matières traditionnelles, il devenait un érudit non officiel. Il acquérait son titre plus tard, à un certain âge. On lui accordait alors le titre de rabbin, ainsi que le pouvoir de lier ou de délier* les Juifs du monde entier.
Ce que nous venons de voir dans les paragraphes précédents correspond aux aperçus sur les relations entre maître et élèves que donne le Nouveau Testament. Quelle compréhension nous permettent-ils d'avoir sur les passages suivants ?
Avez-vous eu de l'admiration pour l'un de vos enseignants ayant eu sur votre vie une influence positive ? Quels aspects de sa personnalité vous-ont-ils particulièrement frappés ? Com-ment les reproduire dans votre propre vie ?
Lisez Jn 3: 21-30. expliquez ce que dit ce passage au sujet des la relation de disciple. Etait-il lui aussi un maître qui rassemblait des disciples autour de lui ? Qu'indique le titre de " Rabbi " (Jn 3:26) sur le respect que lui portaient ses élèves, alors qu'il n'avait pas reçu de formation rabbinique ?
Il est clair que des Juifs se demandaient si Jean Baptiste était le Messie. Cela se voit aux questions posées par les messagers envoyés de Jérusalem à Jean Baptiste par les prêtres et les lévi-tes (Jn 1.19-28). Leurs questions sont significatives, notamment quand on considère que l'idée qu'il existait deux messies avait pris de l'ampleur parmi les Juifs durant cette période, située entre l'Ancien et le Nouveau Testament. On pensait qu'il y aurait un messie prêtre issu de la tribu de Lévi et un messie roi de la tribu de Juda. Il est donc à noter que ce sont des prêtres et des lévites qui sont envoyés, étant donné qu'ils appartenaient à la tribu de Lévi.
Il est possible que les disciples de Jean l'aient pris pour un messie prêtre après tout, il appartenait à la tribu de Lévi. Cela expliquerait peut-être que des messagers de Jérusalem soient venus enquêter sur la mission de Jean. Certains érudits pensent que c'était la raison pour laquelle l'auteur du quatrième évangile a autant rapporté d'informations sur ce que Jean-Baptiste a déclaré sur Jésus. Il voulait insister sur le fait que Jean Baptiste considérait que Jésus était le Mes-sie, et non lui-même. C'est sans doute ainsi que nous devons comprendre Jn 3.25, 26.
Quelle question était source de détresse pour les disciples de Jean ? (Voir Jn 3.21-30)
Qu'indique sur eux ce comportement ? Par contraste, qu'indique la réponse de Jean sur son caractère ? Quel principe à appliquer dans notre propre vie sa réponse nous apprend-elle ?
Dès le début de son ministère public, Jésus a eu des disciples. Il a paru sur la scène juive du 1er siècle comme un maître rassembleur de disciples dans la tradition des enseignants grecs et juifs. Il y a également eu des points de contact avec Jean Baptiste, dans la mesure où ce dernier a baptisé Jésus en vue de sa mission.
Comme dans les traditions juive et grecque, Jésus avait des disciples qui le suivaient partout, écoutant ses enseignements et l'imitant (Mt 5.1, 2; Jn 1.35-40; 2.1, 2).
Lisez attentivement Mt 4.18-20. Puis, en revoyant les leçons de dimanche et de lundi, compa-rez la façon dont on devenait un disciple de Jésus, des maître grecs ou des rabbins officiels. Quels étaient les points communs? Quelles étaient les différences ?
"Aucun des disciples n'avait encore collaboré entièrement à l'œuvre du Christ. Ils avaient assisté à plusieurs de ses miracles et avaient écouté ses enseignements; mais ils n'avaient pas encore renoncé complètement à leur occupation. Ils avaient été fortement désappointés par l'emprisonnement de Jean Baptiste. Si la mission de Jean avait eu une telle fin, il leur restait peu d'espoir pour leur Maître, alors que tous les conducteurs religieux se dressaient contre lui. C'était une diversion pour eux de retourner à leurs filets pour quelque temps. Maintenant, Jésus leur de-mandait de tourner le dos à leur passé et de joindre leurs intérêts aux siens. Pierre avait répondu à l'appel. Ayant atteint la rive, Jésus ordonna aux trois autres disciples: "Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Ils quittèrent tout sur le champ et le suivirent." - Ellen WHITE, Jésus-Christ, "L'appel des disciples ", p. 231.
A quoi Jésus vous a-t-il appelé à renoncer pour le suivre ? Quelle réponse lui avez-vous don-née ? Vous accrochez-vous encore a quelque chose qui vous empêche de vous engager pleine-ment envers lui ?
" Et ils s'en allèrent proclamer partout le message. Le Seigneur œuvrait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient. " (Mc 16.20)
D'après le verset ci-dessus, quelle caractéristique essentielle voyait-on chez les disciples ? Quel message devons-nous en tirer ? (Voir aussi Mt 24.14 ; 28.19, 20 ; Ap 14.6-12.)
Outre le fait que les disciples prêchaient en tout lieu, Marc dit que le Seigneur œuvrait avec les premiers disciples après son départ et confirmait sa Parole par les signes qui les accompagnaient. Les disciples actuels constatent-ils que Dieu confirme ses Paroles par des signes et des miracles? Lesquels? A quoi reconnaît-on ces signes et ces miracles? Devons-nous nous attendre aux mêmes miracles quelles que soient l'époque, la culture et la société?
Dieu confirme-t-il sa Parole par d'autres moyens que des signes et des miracles ? Dans l'affirmative, comment ?
Jésus n'en attend pas moins de ses disciples aujourd'hui qu'il n'en attendait des premiers. Il attend de nous le même engagement envers sa cause. Il a déclaré, quoi qu'il en soit: "Qu'il vous advienne selon votre foi!" (Mt 9 .29) Il a dit en outre: "Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, pour que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. " (Jn 14.13, 14)
Quelle est votre implication dans la proclamation de l'Evangile ? Quels sont vos dons spirituels, comment les utilisez-vous au service de cette œuvre ? Quand avez-vous, pour la dernière fois, aider autrui à découvrir les magnifiques vérités qui vous ont été confiées ? Qu'indique votre réponse sur vous-même ?
A LIRE :
Ellen WHITE, Jésus-Christ, p. 440 ; si vous lisez l'anglais: Seventh-Day Adventist Bible Commentary, vol. 5, p. 432, 433, 582-585; 932, 1022,1023.
"Pendant quelque temps, l'influence du Baptiste avait été plus forte que celle des chefs, des prêtres et des princes. S'il s'était donné pour le Messie, proclamant la révolte contre Rome, les prêtres et le peuple se seraient rassemblés sous son étendard. Satan avait présenté à Jean-Baptiste tout ce qui pouvait faire appel à l'ambition d'un conquérant de ce monde. Mais quoique le prophète eût le sentiment de sa force, il avait fortement repoussé la tentation. Il s'était efforcé de détourner sur un autre l'attention qu'on lui accordait.
Il voyait maintenant la vague de popularité l'abandonner en faveur du Sauveur. Peu à peu les foules diminuaient autour de lui. […] Mais les disciples de Jean se montraient jaloux de la popularité croissante de Jésus." - Ellen WHITE, Jésus-Christ, "Il faut qu'il croisse ", p. 160.
A MEDITER:
1- Qu'implique le fait de tout laisser derrière soi afin de suivre Jésus ? De quelle façon un tel engagement se traduit-il dans nos vies ? Soyez prêts à parler sabbat prochain, à l'école du sabbat, de ce que cela signifie pour vous.
2- Quel devrait être le rôle des institutions scolaires dans la formation des disciples ? Comment nos églises et nos écoles peuvent-elles œuvrer de concert pour relever un défi aussi important ?
3- Même à l'époque de Jésus, il existait des rivalités entre les disciples. Pourquoi est-ce la quelque chose de courant, concernant pourtant une œuvre qui, idéalement, est pleine de noblesse, œuvre qui, par sa nature même, devrait nous rendre humbles et désireux du succès d'au-trui ? Quelles démarches concrètes faire pour ne pas tomber dans ce piège ?
4- Que penser de signes et des miracles ? Croyons-nous en de telles choses ? Dans l'affirmative, en quoi croyons-nous exactement ? Que prouvent les signes et les miracles ? Que ne prouvent-ils pas ? Pourquoi devons-nous toujours aborder de telles manifestations avec prudence, humilité et une ferme confiance en la Parole de Dieu ?