"Le Christ aurait pu projeter des flots de lumière sur les plus profonds mystères de la science, mais, il préféra réserver ses moindres instants à enseigner la science du salut." - Ellen WHITE, Pour un bon équilibre mental et spirituel, vol. I, p. 250.
En parlant de la sagesse des enseignements de Jésus, nous risquons de ne pas faire la distinction entre Jésus et d'autres (soi-disant) maîtres remplis de sagesse au cours des siècles. Les enseignements de Jésus n'étaient pas seulement plein de sagesse. Ils comportaient, en outre, un élément qualitatif qui les distinguait fondamentalement de tout ce qui avait précédé ou de tout ce qui suivrait. Ses enseignements avaient un caractère décisif tel qu'on ne le trouvait nulle part ailleurs. En d'autres termes, il était Dieu s'exprimant en chair. Même si les gens ne connaissaient pas la véritable identité du Christ, lui-même et ses enseignements avaient quelque chose d'unique. "Les foules étaient ébahies de son enseignement, car il les instruisait comme quelqu'un qui a de l'autorité." (Mt 7. 28,29)
Cette semaine, nous examinerons certains de ces enseignements.
Chaque année, des centaines de milliers de sermons entrent dans l'oubli. On se rappelle de certains un moment, puis on les oublie. Que dire d'un sermon qui non seulement est resté dans les mémoires et a été cité pendant deux mille ans, mais qui, également, est connu sous le nom du lieu où il a été prêché? Tel est le sermon sur la montagne.
Pendant la Première Guerre mondiale, la Société des Amis a imprimé ce sermon sous la forme d'une brochure séparée, sans aucun commentaire, pour être distribué parmi les forces alliées. Mais les gouvernements britanniques et français ont interdit qu'elle soit distribuée aux troupes. Après tout, un sermon qui recommandait aux gens d'aimer leurs ennemis n'était pas vraiment ce que des hommes envoyés au front devaient lire!
Lisez les béatitudes (Mt 5:3-12). Quels éléments de ce sermon vous semblent particulièrement utiles dans votre situation actuelle?
Certains aspects des béatitudes évoquent simplement des circonstances dans lesquelles nous pourrions nous trouver. Les personnes "qui pleurent", par exemple, ne sont pas en quête d'un tel état. Mais nous devons rechercher la douceur, (ou mieux, l'humilité). Comme le dit le prophète, "Cherchez la justice, cherchez l'humilité!" (So 2.3) Avoir faim et soif de justice n'est pas un état d'esprit qui nous est naturel, à nous êtres humains; nous ne pouvons pas non plus le créer par nous-mêmes. Mais nous sommes exhortés à le rechercher.
Faites un court résumé des enseignements ci-dessous, exprimés (parmi d'autres) dans le reste du sermon:
1. L'influence que nous exerçons en société (Mt 5.13-16)
2. La loi de Dieu (Mt 5:17-20)
3. La religion du cœur (Mt 5:21-30)
4. Le divorce (Mt 5:31, 32)
5. Les représailles (Mt 5:38-42)
6. Aimer ses ennemis (Mt 5:43-48)
7. La prière (Mt 6:6-15)
Réfléchissez aux béatitudes et au reste du sermon. Quels aspects vous semblent les plus pointus ? Lesquels remettent avec pertinence en question vos habitudes et vos normes culturelles? Quels changements faire pour être avantage en harmonie avec ces paroles divines?
Dans un monde obscurci par les malentendus sur la personne et le caractère de Dieu, Jésus est venu clarifier toutes choses par sa vie et sa parole. Lui, qui était d'essence divine, a donné de Dieu une révélation qui ne pouvait être plus juste. Par le passé, des prophètes avaient parlé de Dieu. Mais maintenant, "En ces jours qui sont les derniers", "Dieu nous a parlé [...] par un Fils [...] par qui il a fait les mondes." (He 1.1, 2) Par Jésus, en d'autres termes, nous avons l'ultime révélation de l'être suprême.
Que dit Jésus sur Dieu dans les passages suivants?
Mt 5.8, 9; Mt 18.5, 6,10; 19.13, 14
Jn 4.22-24 ; Jn 10.27-30
La valeur d'une société se mesure à l'attention qu'elle accorde aux plus vulnérables de ses membres; et personne n'est plus vulnérable qu'un enfant. La sollicitude de Jésus envers ces tendres petits a dû paraître comme un souffle d'air frais à ces pauvres mères, il y a deux mille ans, quand il a vigoureusement soutenu le droit des enfants à venir le voir, quand il a trouvé un moment, dans son emploi du temps surchargé, pour les toucher et les bénir.
Dieu est ainsi, leur disait Jésus par son attitude. Il prend soin des enfants et, par extension, de tous ceux qui sont vulnérables et exploités. Il est le Dieu des hommes défavorisés. Assis avec ces petits qui le regardaient, Jésus a sans doute pensé à ce que nous appelons " le massacre des innocents ", ordonné par Hérode à cause de lui (Mt 2.16-18) et au décret sanglant d'un antique pharaon contre tous les enfants juifs de sexe masculin (Ex 1. 15,16). Jésus est venu donner le modèle d'un Dieu qui est l'antithèse même de ces psychopathes meurtriers.
D'après ce que vous avez lu ci-dessus, quelle image de Dieu Jésus donnait-il? Quelle expérience avez-vous faite de ces aspects du caractère divin? Plus important encore, dans quelle mesure les reflétez-vous dans votre vie?
De tous les mots que nous pourrions associer à Jésus, le mot pardon devrait être le premier de la liste. Jésus et le pardon sont indissociables. Malgré sa terrible agonie sur la croix, tandis que les soldats et le peuple se moquaient de lui et le maltraitaient, de ses lèvres tremblantes sont sortis ces mots déchirants: "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23.34) Dans le sermon sur la montagne, il est allé jusqu'à dire que si nous ne pardonnons pas à ceux qui nous ont offensés, nous ne devons pas nous attendre à ce que Dieu nous pardonne nos offenses (Mt 6.12, 14,15).
Qu'enseigne Jésus sur le pardon dans chacun des passages suivants?
Mc 2.5-12;
Lc 7.36-50; 17.3, 4;
Jn 8.1-11.
Malgré ces magnifiques déclarations sur le pardon, quels éléments les équilibrant et invitant à la prudence trouve-t-on dans les passages suivants ? Mt 12.31,32; 18.6; Mc 14.21.
Dans Mc 14.21, Jésus a prononcé une malédiction sur l'homme " par qui le Fils de l'homme est livré" Mais supposons que cet homme se confesse et se repente? Comparez le comportement de Judas et celui de Pierre après avoir chacun trahi Jésus. Après avoir assisté à la condamnation de Jésus par ceux qui l'avaient arrêté, Judas, " fut pris de remords " : il a rendu aux autorités l'argent de sa trahison; ses paroles semblaient tout à fait appropriées: "J'ai péché, en livrant le sang innocent." (Mt 27.3, 4) Contrairement à Judas qui a publiquement regretté son acte, c'est en silence que Pierre a versé des larmes de pénitence. Il n'est pas non plus retourné au tribunal de Caïphe pour confesser publiquement sa trahison. Cependant, l'un a été condamné et l'autre pardonné. Quelle est la différence essentielle entre leurs deux attitudes?
Comment comprendre concrètement le pardon? Par exemple, la femme qui pardonne au mari qui la frappe doit-elle pour autant accepter d'être maltraitée? Comment pardonner tout en faisant suffisamment preuve de sagesse et de prudence pour nous protéger et protéger autrui de ceux qui ont trahi notre confiance?
En 1995, à l'occasion d'un sondage, on a posé les questions suivantes à des athlètes: "Si vous aviez la possibilité de prendre un médicament qui vous garantirait la médaille d'or aux jeux Olympiques, mais qui vous tuerait au bout de cinq ans, la prendriez-vous?" Plus de la moitié a répondu oui. C'est là un exemple de l'attrait de la célébrité et du pouvoir dans notre société contemporaine. Se retrouver devant les caméras, être admiré par des milliers de gens semble être un besoin social croissant au XXI" siècle.
Cet état d'esprit général risque d'envahir l'Église, si nous ne demeurons pas constamment sur nos gardes. La soif de pouvoir (avoir le contrôle de tout, convoiter la première place) n'a guère diminué au fil du temps.
Etudiez les passages suivants en relation avec la lutte insatiable pour le pouvoir :
Mt 18.1-6
Mt 20.25-28
Mt 23.2, 5-12
1 P 5.1-4
Le déroulement de l'histoire a parfois montré d'orgueilleux dictateurs se retrouver dans la pauvreté, bousculés au milieu de réfugiés ou la tête basse dans quelque confinement solitaire, obéissant aux ordres de gardiens de prison de basse catégorie. Il arrive aussi qu'un monarque renonce temporairement au trône pour s'allier aux membres marginalisés de la société. Tous ces cas, cependant, même mis ensemble, délibérés ou non, ne sont rien en comparaison de l'immense abaissement auquel a consenti le Christ. "Lui qui était vraiment divin", a déclaré Paul- c'est-à-dire, le Dieu de l'univers! "Il s'est vidé de lui-même en se faisant vraiment esclave, en devenant semblable aux humains ". Plus encore, "il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à la mort -la mort sur la croix". (Ph 2.5-8)
En comparaison de la croix et de l'invraisemblable condescendance du fils de Dieu, pourquoi toute forme d'exaltation de soi est-elle scandaleuse ? Comment nous protéger d'une illusion aussi subtile et dangereuse ?
" C'est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés au moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est pas en vertu des œuvres. " (Ep 2.8, 9) Ces mots sont ceux de l'apôtre Paul, méditant sur le message chrétien du salut, qu'il a exprimé différemment de Jésus. En fait, on serait tenté de se demander si Jésus croyait en la justice par la foi. Mais poser cette question serait vraiment mal comprendre à la fois Paul et Jésus. La façon dont Jésus parlait de la grâce semble parfois aller dans une direction différente, raison pour laquelle, incidemment, nous ne devons pas nous montrer trop légalistes les uns avec les autres en évoquant la façon dont chacun de nous décrit le merveilleux acte de Jésus et notre réaction à celui-ci.
Jésus était l'incarnation de la grâce. Il était la grâce personnifiée. Le rencontrer, c'était rencontrer la grâce. " Nous avons contemplé sa grâce ", écrivait Jean, " la gloire du Fils unique [...] plénitude de grâce et de vérité!" Jn 1.14, (La Bible du Semeur)
Dans les textes suivants, qu'enseigne Jésus sur la grâce et la vérité ? Mt 20: 1-15
Lc 7:36-48
Lc 15: 11-31
Jn 8:1-11
Dans ces passages, nous découvrons quelques- unes des nombreuses façons dont Jésus ensei-gnait la grâce, à l'aide de paraboles et des événements de sa propre vie. Comment Pierre a-t-il pu oublier sa propre impuissance face aux éléments meurtriers qui l'environnaient cette nuit-là sur le lac? Son seul recours consistait à crier vers une Puissance plus grande que lui-même. Instantanément, celle-ci lui a répondu! Il n'y a eu aucun délai, aucun besoin de pénitence, aucune formule ni exigence compliquée. Juste trois petits mots, lui venant naturellement dans son désespoir extrême:" Seigneur, sauve-moi!" (Mt 14.30) Immédiatement, Jésus lui a tendu la main. Telle est la grâce!
Parmi les différents récits ci-dessus, lequel vous parle le plus puissamment de Dieu? Ayant vous-même connu une telle grâce, n'êtes-vous pas d'autant plus disposé à en faire bénéficier d'autres que vous, tout aussi peu méritants que vous-même?
D'après l'historien Huston Smith, les enseignements de Jésus "sont sans doute ceux qui ont été les plus répétés au cours de notre histoire.
"Tu aimeras [...] ton prochain, comme toi-même." (Lc 10.27) "Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux" (Mt 7.12). "Venez à moi, vous tous qui peinez sous la charge; moi, je vous donnerai le repos." (Mt 11.28). "Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres."(Jn 8.32) La plupart du temps, cependant, il racontait des histoires: celle du trésor enfoui, du semeur parti semer, du marchand de perles, d'un bon Samaritain. Les gens qui les entendaient ne pouvaient s'empêcher de s'exclamer: "Jamais un homme n'a parlé ainsi." (Jn 7.46), car "il enseignait comme ayant autorité " (Mc 1.22). Le plus impressionnant, concernant les enseignements de Jésus, était qu'il semblait les avoir vécus. D'après ce qui nous est rapporté, sa vie tout entière était faite d'humilité, de don de soi et d'amour désintéressé. Ce qui prouve au plus haut point son humilité, c'est qu'il est impossible de découvrir précisément ce que Jésus pensait de lui-même. Là n'était pas sa préoccupation. Il se préoccupait plutôt de ce que les gens pensaient de Dieu. [...] Nous avons vu qu'il ignorait les barrières que beaucoup de gens érigeaient entre eux. Il aimait les enfants. Il détestait l'injustice et haïssait sans doute l'hypocrisie encore davantage, parce que celle-ci cachait aux gens ce qu'ils étaient vraiment." - The Illustrated Worlds Religions, p. 212, 213.
A MEDITER :
Jésus n'a jamais abordé une grande partie des problèmes qui se posent à nous actuellement (la drogue, la santé, l'homosexualité, l'esclavage, le clonage; l'avortement, etc.) Quelles conclusions devons-nous tirer de ces omissions? Quelles conclusions ne devons-nous pas tirer?
Quel rôle l'enseignement de Jésus sur le pardon pourrait-il jouer lors d'actuels conflits internationaux? Comment les chrétiens pourraient-ils faire intervenir cet enseignement pour résoudre les problèmes qui se posent chez eux, à l'Eglise et dans leurs communautés? Quand le pardon n'est-il pas la réponse aux problèmes particuliers affrontés par les nations et les individus - ou bien est-il toujours la meilleure réponse possible?
Malgré son attrait universel, le sermon sur la montagne est souvent ignoré quand il s'agit d'affronter les problèmes réels de la vie. Pourquoi, à votre avis? Qu'en est-il pour vous? Comment appliquer déli-bérément ces Principes au cours de votre cheminement avec le Seigneur?