La leçon de la semaine dernière abordait des déclarations de Jésus qui rendent perplexes nos contemporains. La leçon de cette semaine aborde un thème similaire, cette fois en ce qui con-cerne son comportement.
Nous avons constamment la tentation de "recréer" Jésus à notre image. Les révolutionnaires en font l'un d'entre eux; les conservateurs sont persuadés qu'il fait partie des leurs. Dans une certaine mesure, c'est inévitable. Notre culture et les circonstances de notre vie façonnent la façon dont, consciemment ou non, nous envisageons la réalité. Le fait de le réaliser, cependant, nous donne la possibilité - espérons-le - de dépasser une telle vision, même si c'est de façon limitée, et d'essayer d'avoir l'approche la plus objective possible du Jésus des évangiles.
Nous découvrons alors qu'il n'est pas facile de le cerner. Au contraire, certains aspects de son comportement nous intriguent et nous nous demandons: " S'attend-il à ce que nous agissions de même?" Cette semaine, nous étudions certains des agissements les plus surprenants de Jésus, afin de comprendre dans quelle mesure nous devons les appliquer ou, peut -être, ne pas les appliquer, dans notre vie quotidienne.
Comme nous l'avons vu plus tôt, les évangiles gardent pratiquement le silence sur les trente premières années de la vie de Jésus. Lun des rares récits de cette période, cependant, exige qu'on s'y arrête.
Lisez Lc 2.41-51. Au premier abord, quelle impression ce passage nous donne-t-il sur la façon dont Jésus respectait ses parents? Qu'aurait-il-pu faire d'a en ce lieu? Quelle indication nous donne le verset 47 ?
L'incident, vu superficiellement, donne l'idée d'un garçon irresponsable, insouciant du chagrin et de l'inquiétude qu'il cause à ses parents. Quels parents ne seraient pas furieux face, semble-il, à un tel manque de respect pour leur tranquillité et les règles de leur foyer?
Nous avons ici affaire à l'un de ces passages qui montrent qu'il n'est pas toujours possible de prendre le comportement de Jésus pour modèle. Il semble, ici, que le rôle messianique de Jésus se manifestait déjà à l'âge de douze ans. Il était en train de prendre conscience de sa fidélité envers une Puissance infiniment plus noble que ses parents, malgré le respect qu'il avait pour eux. La brièveté du récit de Luc nous laisse avec plusieurs questions sans réponse, telles que: " Qui a nourri et hébergé ce garçon pendant trois jours? Les prêtres se sont-ils souciés de trouver ses parents?"
Lisez la réponse faite par Jésus à ses parents. a-t-il dit, du moins en substance?
"Mais", rapporte Luc, " ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait ". (Lc 2.50) Jésus est rentré chez lui avec eux et, étant leur enfant, " il leur était soumis ". (2.51) Mais il avait pris soin de faire plus noble allégeance. En outre, il n'est nulle part indiqué qu'il s'est excusé pour l'inquiétude causée à ses parents.
La vie tout entière de Jésus était tournée vers son royaume, même s'il risquait d'être mal compris. En quoi votre fidélité envers Dieu risque-t-elle d'être mal comprise? Si cela vous est arrivé, qu'avez-vous appris d'instructif, vous permettant d'aider quelqu'un dans la même situation?
Quand Jésus est descendu de la montagne de la transfiguration, un homme a émergé de la foule, le suppliant de guérir son fils, en lui expliquant qu'il avait conduit ce dernier aux disciples et que ceux-ci n'avaient pu le guérir. La réponse de Jésus, telle qu'elle est traduite, donne l'impres-sion qu'il est irrité par cette requête: " Génération sans foi et perverse, jusqu'à quand serai-je avec vous? Amenez-le moi ici " (Mt 17.17) De telles paroles ne semblent guère appartenir à celui que nous avons appris à connaître comme étant "le doux et humble Jésus". Comment expliquer le ton qu'il prend ici? Il est bien difficile de répondre. Les évangiles mentionnent d'autres circonstances à l'occasion desquelles Jésus semblait également fâché.
Comment comprenez-vous les passages suivants? Mt 21.12, 13; Mc 3.1-5
De nombreux chrétiens estiment que, pour faire des choix dans notre monde actuel si complexe, il est nécessaire de se demander: "Que ferait Jésus?" Cela semble assez simple, à moins de se poser, logiquement, la question préliminaire: "Mais que faisait Jésus?" Nous réalisons alors que les réponses ne sont pas aussi simples que nous le pensions. Quelles sont, par exemple, les implications des passages ci-dessus pour notre propre comportement aujourd'hui?
"En supposant que la façon dont Jésus se comporterait aujourd'hui aurait quelque corrélation avec la façon dont il agissait alors- au 1er siècle, dans la Palestine romaine [...], comment un chrétien actuel pourrait-il imiter et appliquer des incidents aussi curieux que Jésus maudissant un arbre ou mettant un temple sens dessus dessous? Si l'épicerie où nous allons régulièrement ne vend pas un certain fruit dont nous avons grande envie - parce ce qu'il est hors saison - allons-nous, avec la bénédiction de Jésus, maudire l'étalage, le vendeur et tout l'entourage? Et si le prédicateur, un dimanche, parle trop d'argent, ou si nous sommes contrariés par les responsables et les programmes de l'église de façon générale, explosons-nous au cours d'un culte en renversant les bancs, la chaire et l'autel - tout ce qui n'est pas fixé au sol - tout en poussant dehors les personnes à l'accueil?" - F. Scott Spencer, What Did Jesus Do ?, p. ix.
À l'aide de quels principes devons-nous traiter de telles questions? Quand faire appel à notre bon sens spirituel? Jésus est venu en tant que Messie et Sauveur de l'humanité, Comment faire la distinction entre ce qu'il faisait en tant que tel et ce qu'il désirait nous voir imiter dans son comportement?
L'un des thèmes sous-jacents de la leçon de cette semaine porte sur la façon dont nous devons ou non imiter Jésus. Que signifie exactement "suivre Jésus" ? Nous réalisons que c'est là une question qui doit être examinée avec le plus grand soin. Il y a certes des cas, la majorité, en fait, dans lesquels nous discernons des exemples moralement clairs à suivre ; dans d'autres cas, les principes moraux en jeu semblent confus, comme pour les deux passages suivants :
Lisez Mt 8.28-32 (Cf. Mc 5.t-20; Lc 8.26-39) et (Mt 21.18;19 cf. Mc 11.12-14, 20,21). Pourquoi, à votre avis, Jésus a-t-il autorisé les démons à entrer dans un troupeau de porcs? L'aurait-il fait s'il s'était agi d'un troupeau de brebis? Vers qui allait la sympathie de Jésus ici ?
"Si ces porcs appartenaient à des païens, nous serions laissés sans réelle explication pour leur destruction. Dire que les démons ont simplement reçu l'ordre de quitter ces hommes et qu'ils sont entrés dans le troupeau uniquement de leur propre chef contredirait la requête faite de leur part à Jésus, ainsi que les déclarations claires de Marc et de Luc selon lesquelles Jésus leur en avait donné l'autorisation." - R. C. H. LENSKI, The Interpretation of St. Matthew's Gospel, Augsburg Publishing House, Minneapolis, Minn., 1943, p. 353. Un autre spécialiste de la Bible voit dans l'acte de Jésus une "puissante protestation". "Le terme" légion" et le cochon en tant que mascotte étaient tous deux symboles de l'occupation militaire romaine. " C'est ainsi que Jésus avait pour intention de "protester contre l'oppression romaine en Israël". - F. Scott SPENCER, What Did Jesus Do? p. 101.
A-t-il seulement pensé que ses propres principes diététiques mis à part, ce troupeau représentait le gagne-pain d'une ou plusieurs familles de la ville ? La notion de compensation fait-elle son apparition ici ?
Ellen White a dit ceci : " Ce fut, envers les possesseurs des pourceaux, un acte de miséricorde que Jésus accomplit en permettant cette perte. Absorbes qu'ils étaient par les choses terrestres, ils ne se souciaient pas des grands intérêts de la vie spirituelle. Jésus, afin qu'ils puissent accepter sa grâce, désirait rompre le charme de cette indifférence égoïste. " - Jésus-Christ, " Silence, apaise-toi ! ", p. 329.
À l'occasion de l'une de ses descriptions les plus impressionnantes sur le jugement final, Jésus parle de l'époque où il séparera les nations en deux groupes, les brebis et les boucs. Il a déclaré aux brebis, entre autres choses: " J'étais en prison et vous êtes venus me vair." (Mt 25.36)
Lisez les textes suivants en gardant à l'esprit la déclaration de Jésus sur le jugement. Dites ce que vous ressentez sur la façon dont, à votre avis, le passage parle d'emprisonnement en rapport avec le jugement.
Mt 4.12, 13
Mt 11.2, 3
Mt 14.1-13
Comment expliquer la conduite de Jésus durant l'emprisonnement de Jean? En apprenant que Jean avait été incarcéré, il est retourné en Galilée (Mt 4.12). Tout semble porter à croire que Jean n'a pas reçu de visite en prison de la part de son illustre contemporain - comme l'implique clairement Mt 11.2, 3. D'après ce passage, Jean a envoyé ses disciples poser une question à Jésus, seul mode de communication, apparemment, dont il disposait. Après la visite des amis de Jean, Jésus a chaleureusement loué le prophète emprisonné, mais il ne lui a pas rendu visite.
L'une des questions les plus importantes à laquelle les êtres humains sont confrontés est celle de la souffrance : "Où se trouve Dieu lorsque nous souffrons?" L'expérience de Jean nous offre une réponse partielle, si l'on considère l'attitude de Jésus. Même s'il était Dieu en chair, avec la puissance d'agir, Jésus n'est pas intervenu pour délivrer celui qui avait préparé la voie à son propre ministère. Après le meurtre de Jean, la seule réaction de Jésus (qui, nous le soupçonnons fortement, en a conçu un grand chagrin) est le silence. Il est également improbable que lui-même ou ses disciples aient assisté à ses funérailles.
Comment expliquer la conduite de Jésus durant la sombre période que traversait Jean ? Quelles circonstances atténuantes ont sans doute joue un rôle dans sa décision ? Voir Seventh-day Adventiste Bible Commentary, vol, 5. p. 316, où il est suggéré que les autorités cherchaient à réduire au silence Jean comme Jésus.
L'attitude de Jésus vis-à-vis de Jean lors de cet épisode ne nous aide-t-elle pas à comprendre le silence de Dieu lorsque nous traversons des moments difficiles ? Commentez.
Examinez les passages suivants. Quel message nous délivrent-ils? Mt 9.10-13; 11.18, 19; Lc 5.32 ; 1 Co 1.26-28.
Pour la plupart, nous avons de Jésus une image docte. Même si nous entendons souvent dire qu'il s'associait avec ceux que sa propre culture considérait comme inacceptables, soit notre imagination ne va pas aussi loin, soit elle se met à galoper beaucoup trop. Souvent, au lieu d'affronter tranquillement ce que cet aspect de la vie de Jésus signifie pour nous personnellement aujourd'hui, son comportement nous incite à nous quereller les uns les autres ou à nous montrer trop exclusifs ou trop conservateurs à l'égard des éléments les plus rejetés de la société. On pourrait soupçonner, cependant, qu'un examen approfondi des relations de Jésus avec les indésirables de son époque mettrait la plupart d'entre nous (sinon tous) quelque peu mal à l'aise.
Si l'on applique ces passages à notre époque, on imagine Jésus assis avec des gens à la moralité douteuse en des circonstances fraternelles (comme le moment du repas dans le monde antique). Ils mangent et boivent; ils écoutent une musique bruyante et agressive ; des prostituées se déplacent furtivement dans l'ombre. C'est précisément en de tels endroits que se rendait Jésus.
Il est intéressant de noter que c'est Jésus lui-même qui nous a renseignés sur les étiquettes péjoratives que ses ennemis lui collaient: c'était un "glouton et un buveur" (Mt 11.19; Lc 7.34). "On ne pourrait utiliser de telles insultes à l'encontre de Jean Baptiste ou de Gandhi, mais concernant quelqu'un qui passait autant de temps que Jésus à fréquenter et à parler de repas et de banquets, elles sont significatives, même si elles sont exagérées. " - F. Scott SPENCER, What Did Jesus Do?, p. 90. Aussi exagérées qu'aient pu être ces insultes, il était tout à fait extraordinaire que le Sauveur du monde soit accusé de beuverie et de gloutonnerie!
Quels aspects applicables dans notre propre vie ces textes nous apprennent-ils? Quels aspects ne devons-nous pas appliquer? En répondant, pensez aux raisons pour lesquelles Jésus fréquentait ces gens. En quoi cela nous aide-t-il à comprendre les principes concrets que nous devons retirer de ces passages?
"Jésus voyait en tout homme une âme appelée à son royaume. Il atteignait les cœurs en se mê- lant à la foule comme un bienfaiteur. Il s'approchait d'eux alors qu'ils étaient occupés à leurs tâches quotidiennes et s'intéressait à leurs affaires. Il entrait dans les maisons pour y enseigner et plaçait les familles, dans leurs propres foyers, sous l'influence de sa divine présence. La sympathie personnelle qu'il savait manifester intensément lui gagnait les cœurs." - Ellen WHITE, Jésus-Christ, "Au repas de noces", p.135.
"La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur disait: "Suivez-moi:'" - Ellen WHITE, Le ministère de la guérison, "Enseigner et guérir", p.118.
A MEDITER :
Qu'est-ce qu'une " juste colère "? Quand est-elle légitime, quand ne l'est-elle pas? Apportez vos réflexions en classe et discutez-en.
Les relations que Jésus entretenait avec les indésirables de la société ne nous montrent-elles pas la voie à suivre? Commentez. Dans quelles conditions la fréquentation de ces pécheurs devient-elle dangereuse pour nous? Il semble que tous les contacts sociaux de Jésus entraî- naient des accusations contre lui. Quelles leçons en retirer lorsque nous cherchons à atteindre les éléments peu fréquentables de la société?
Dans quelle mesure le comportement de Jésus est-il un modèle pour nous aujourd'hui? Dans quelle mesure ne l'est-il pas? Quels autres exemples de son comportement nous poseraient problème si nous voulions les suivre?
Réfléchissez davantage à l'incompréhension qui surgit lorsque nous cherchons à faire la volonté de Dieu. Même s'il en existe des exemples, comme dans l'enfance de Jésus, pourquoi devons-nous montrer prudents? Certaines personnes ont causé beaucoup de tort à elles-mêmes et à autrui en croyant obéir à Dieu. Comment savoir avec certitude que Dieu nous appelle à faire des choses qui risquent d'être mal comprises? Ne devons-nous pas accepter le conseil des autres avant d'agir selon ce que nous croyons être la volonté de Dieu? Mais, par ailleurs ne devons-nous pas veiller à ne pas gêner quelqu'un que Dieu conduit d'une manière qui nous semble peut-être étrange?