Les adventistes sont des gens paisibles. Cela nous fait plaisir quand des personnes de l'extérieur disent du bien de l'Église ou de ses membres et qu'elles voient en nous des personnes positives. Cependant, comment réagirions-nous si nous nous réveillions un jour pour découvrir en gros titres dans la presse que l'on nous traite de perdants et de fauteurs de troubles? Notre confiance en Dieu serait-elle assez forte pour nous soutenir? Nous admirons Jésus; mais avons. nous la moindre idée de ce que signifiait pour lui le fait d'être vilipendé et traité comme un démon par les plus hautes autorités civiles et ecclésiastiques de son temps?
Vers la fin de sa vie, nous le voyons maltraité par les soldats romains: "Ils l'habillent de pourpre et posent sur sa tête une couronne d'épines tressées. Puis ils se mirent à le saluer: Bonjour, roi des Juifs! Ils lui frappaient la tête avec un roseau, lui crachaient dessus et fléchissaient les genoux pour se prosterner devant lui. [...] Puis ils l'emmenèrent pour le crucifier." (Mc 15.17.20)
Comment endurer une telle maltraitance physique et psychologique sans craquer? Comment demeurer persévérant et calme alors que le monde entier se retourne contre soi - sans aucune trace de soutien en vue? Pour Jésus, la réponse résidait dans sa communion avec son Père, dans l'intensité de son cheminement avec lui - or tel est le thème de la leçon de cette semaine.
Comme nous l'avons vu plus tôt, les évangiles gardent pratiquement le silence sur les trente premières années de la vie de Jésus. L'un des rares récits de cette période, cependant, exige qu'on s'y arrête.
Comme nous l'avons précédemment souligné, nous savons très peu de choses sur les premiè- res années du Christ. On nous parle de sa naissance et de ses toutes premières années, ainsi que de sa visite au temple à l'âge de douze ans (Voir Lc 2). Mais c'est tout jusqu'à son baptême par Jean au début de son ministère public, vers l'âge d'"environ trente ans." (Voir Lc 3.21-23).
Néanmoins, il est possible, en examinant sa vie telle que nous la connaissons, de tirer un certain nombre de conclusions raisonnables par rapport au fondement spirituel qui l'a soutenu. Si nous estimons, d'après notre propre expérience, que la stabilité et la force montrées par Jésus au cours de son ministère public ne sont pas apparues en une nuit, qu'elles ne tirent pas leur source d'un comportement superficiel, nous conclurons, là encore, d'après notre propre expérience, qu'elles sont nées de l'intensité avec laquelle il cheminait avec Dieu.
Relisez le récit de Jésus au temple (Lc 2.39-52). Qu'est-ce qui nous aide à comprendre ici sur quel fondement spirituel le jeune Jésus a grandi ? Quel a été le rôle de ses parents au cours de sa croissance ?
Étonnamment, ces passages (à part le récit de sa naissance) sont les seuls sur les trente premiè- res années de la vie de Jésus. En outre, les spécialistes de la Bible estiment que la grande majo-rité des éléments composant les évangiles sont centrés sur la dernière semaine de la vie de Jésus, faisant de ces passages (comme on l'a souvent dit) des "récits de sa passion" et non des biographies. Ils ont été écrits, sans aucun doute, dans le but bien défini de mettre en lumière les deux événements décisifs de la foi chrétienne: le mystère de la naissance de Jésus (ou incarna-tion) et le sens de sa mort et de sa résurrection. Entre ces deux événements, nous assistons à une vie de service et de sacrifice. On peut alors supposer sans se tromper que le but de son ministère public et la façon dont il s'y est consacré sont l'expression aboutie d'une relation, cohérente, personnelle et intense avec Dieu.
Quels principes tirés de ce récit pourrions-nous appliquer, dans notre contexte propre, à nous-mêmes et à notre vie spirituelle ?
Après son baptême, Jésus s'est rendu dans le désert de Judée pendant quarante jours pour prier et réfléchir à sa mission. Nous qui étudions cette leçon, nous n'avons sans doute aucune connais-sance personnelle de ce que cela signifie. Nous sommes ici face à une intensité difficile à saisir, une concentration spirituelle bien au-delà de notre expérience habituelle, une intimité avec Dieu dont la profondeur nous stupéfie.
Cependant, la raison explicite de ces jours passés au désert était une mise à l'épreuve (Mt 4.1; cf. Lc 4.2). Le tentateur se trouvait dans les parages pour saisir l'occasion qui s'offrait à lui. Profitant de ce que le Sauveur était affamé, il a tout tenté pour creuser un fossé entre lui et son Père, pour briser sa confiance totale en Dieu et l'intensité de son cheminement avec lui, pour rompre cette intimité profonde.
Pour saisir ce qui se passe ici, il faut garder à l'esprit le statut exceptionnel de Jésus dans l'ensemble du plan du salut. Il était le Fils de Dieu sans défaut. Venu dans le monde en chair, il lui fallait vivre sans pécher, pas seu1ement durant un jour, mais pendant tout le temps qu'il a passé sur la terre. Il a lutté comme nous, a été tenté comme nous, tout en demeurant pur. C'est comme si on passait trente-trois ans avec son ordinateur à écrire des articles, à effectuer du travail chez soi, à répondre à des lettres, sans jamais faire une seule erreur, sans jamais rien avoir à effacer. Ou encore comme suivre des cours d'algèbre ou de physique en résolvant tous les problèmes; ou comme jouer du piano pendant trente-trois ans sans faire une seule fausse note.
Tel a été le sort de Jésus. Il n'est pas venu seulement pour donner l'exemple d'une vie désinté- ressée, mais aussi pour mourir en tant qu'être sans péché, offrant ainsi le salut à la planète. D'où son attitude de concentration totale, l'extrême intensité avec laquelle il a vécu son cheminement avec Dieu; il n'a rien considéré comme allant de soi, rien laissé au hasard. Un seul faux pas, et tout était perdu.
La réaction de Jésus, révélée par les textes suivants, ne témoigne-t-elle pas de l'intensité de son cheminement avec Dieu ? Expliquez. Quelles leçons en tirons-nous personnellement? Mt 4.3-10 ; Lc 4.3-12.
Imaginez ce que peut bien vouloir dire le fait de n'avoir jamais péché, pas même en pensée, durant sa vie entière. C'est ce qu'on entend par justice. Réfléchissez à ce que vous devez à Jésus, qui vous offre ce à quoi vous ne pourriez parvenir vous-même.
Les passages suivants ne montrent-ils pas combien Jésus comptait sur Dieu pour être guidé, dirigé et affermi dans les moments cruciaux, en période de stress ou de danger? Dans chaque cas, notez l'événement en question :
Mt 4.23 (cf. les versets 24-33)
Lc 6.12 (cf. les versets 13-16)
Jn 17 (cf. Jn 18.1-3)
Jésus vivait pour et par la prière. Son ministère public a débuté par une longue période de communion et de prière (comme nous l'avons vu hier); le récit indique qu'il est revenu de cette expérience rempli de la puissance de l'Esprit (Voir Lc 4.14). Il aurait trouvé anormal de vivre un seul instant sans se confier en Dieu, sans expérimenter ce lien vivant entre lui-même et le ciel. Notons que même s'il entretenait une communion constante avec le Père, avant tout événement important, il prenait le temps de lui adresser une prière particulière.
Mc 1.35 semble décrire non pas un moment particulier, mais plutôt un comportement habituel, car il évoque Jésus se levant "au matin, alors qu'il faisait encore très sombre" et se rendant "dans un lieu désert" pour prier. Il commençait chaque journée avec Dieu. Mais quand c'était nécessaire, il priait beaucoup plus. On nous informe dans Lc 6.12 que Jésus a passé la nuit entière à prier sur la montagne avant de choisir les douze disciples parmi, semble-t-il, un groupe plus important de fidèles (Voir Lc 6.13). Avant de réussir l'exploit de marcher sur l'eau du lac, il avait pris le temps d'avoir un moment d'intense communion avec son Père. Durant la semaine de la passion, alors qu'il s'apprêtait à affronter la croix, Jésus a prononcé de ferventes suppliques en faveur de ses disciples les plus proches et de son peuple jusqu'à la fin des temps.
Examinez de nouveau la grande prière de Jésus dans Jn 17. Quels éléments témoignant d'une intense relation personnelle avec Dieu découvrez-vous? Quels événements vous font tomber à genoux? Comment avez-vous découvert le puissant soutien que procure la prière? Comment rendre plus profonde votre vie de prière?
Jésus vivait en étant continuellement conscient de l'obscurité des bois autour de lui, des bois toujours profonds, mais rarement beaux. Comme le poète, il savait qu'il avait des kilomètres à parcourir avant de pouvoir dormir-il avait tant à faire en si peu de temps. "Tant qu'il fait jour, il faut que nous accomplissions les œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient où personne ne peut faire aucune œuvre", a-t-il déclaré (Jn 9.4). L'intensité avec laquelle il se consacrait à sa mission est apparue lorsqu'il a rencontré la Samaritaine. Soudain, en présence de cette âme démunie, il a oublié sa faim et sa soif, se concentrant entièrement sur la tâche qui se présentait à lui.
Quant à la femme, pénétrée de l'enthousiasme que lui donnait cette rencontre, elle a abandonné sa jarre d'eau et s'est précipitée vers le village pour répandre la nouvelle d'un homme consacré et attentif comme jamais elle .n'en avait jamais rencontré. Les disciples, à leur retour, ont trouvé un Jésus silencieux et pensif, priant pour le succès de ce contact tout récent.
Les sentiments éprouvés par Jésus dans ce passage (Jn 12. 27 et suivi.) sont chargés de sens. Ils ont été exprimés à la suite d'une requête de la part d'un groupe de Grecs désireux de le rencontrer (Jn 12.20-22), requête lui donnant personnellement la possibilité de proclamer le message du royaume au-delà de sa Palestine natale jusqu'aux extrémités de la terre. Mais il savait qu'agir ainsi irait à l'encontre de l'aspect le plus vital de l'ensemble de sa mission, donner sa vie en rançon pour les nations. C'est pourquoi il a prononcé ensuite ces paroles puissantes sur le grain de blé tombant en terre (Jn 12.24), symbole non seulement de son propre sacrifice, mais aussi de la soumission nécessaire et totale à la volonté de Dieu de tous ceux qui voulaient le suivre, quel que soit le prix à payer.
Quand les disciples ont invité Jésus à manger que leur a-t-il répondu? (Jn 4.32-34)
Comment comprendre ces mots? Quel message en retirer pour nous-mêmes?
Qu'indiquent les passages suivants sur la passion avec laquelle Jésus accomplissait sa mission? Jn 9.1-12, 35-39; 12.27-36.
Quelle expérience avez-vous faite du prix à payer pour suivre Jésus? Pourquoi ce prix est-il toujours peu élevé, même s'il paraît parfois coûteux?
Lisez dans un esprit de prière le texte de 1 Jn 2.6. Quel principe exprime ici devons-nous suivre ? Comprenant, comme dans les leçons précédentes, que nous ne pouvons (et ne devons) pas imiter le Christ en toutes choses, comment faire néanmoins pour appliquer ce passage à notre vie ?
L'idée de cheminer avec Dieu a sa source dans l'Antiquité la plus ancienne. La première référence biblique explicite sur ce thème est sans doute Gn 5.22, 24. Il est dit au verset 24: "Hénoch marcha avec Dieu; puis il disparut, parce que Dieu le prit. " Le terme hébreu pour marcher, ici, est exprimé sous une forme impliquant un cheminement constant. En dépit de ses défaillances et de ses luttes, Hénoch n'a cessé de marcher avec le Seigneur.
Il nous appartient, à nous chrétiens, de faire de même. Il est cependant bien facile de laisser des obstacles nous empêcher de cheminer ainsi.
Comment cheminer comme Jésus l'a fait ?
Lisez les paroles de Jésus dans Mt 13.22. Ce qu'il dit ici ne résume-il pas, en un sens, ce dont nous parlons aujourd'hui? Il est clair qu'aucun de ces empêchements n'est une excuse valable pour perdre notre chemin, parce que le Seigneur les avait prévus. Il est donc indispensable, au mieux des talents que Dieu nous a accordés, que nous fassions nos choix quotidiens, comme Jésus, de sorte que nous continuions de marcher avec le Seigneur avec une intensité constante. Pourquoi donner prise au tentateur et le laisser nous détourner de Jésus?
Quel que soit votre lieu de vie, quelle que soit votre culture, qu'est-ce qui se met en travers de votre marche avec Dieu? Trop de temps libre? Trop de distraction? Trop de travail? Trop à faire rien que pour survivre ? Une fois ces obstacles identifiés, quelles démarchés concrètes entreprendre pour éviter qu'ils ne vous entravent dans votre vie spirituelle?
" Il nous serait avantageux de passer, chaque jour, une heure dans la méditation et la contem-plation de la vie du Christ. Il faudrait y penser d'une manière détaillée, s'efforçant, par l'imagi-nation, d'en reproduire toutes les scènes, surtout les dernières. En méditant ainsi sur le grand sacrifice accompli pour nous, notre confiance en Christ se trouve affermie, notre amour est intensifié, et son Esprit nous pénètre plus complètement." - Ellen WHITE, Jésus-Christ, " Visite de Pâque", p. 67.
"De toutes les façons possibles, Satan a cherché à empêcher Jésus d'avoir une enfance parfaite, une maturité sans défaut, un ministère saint et un sacrifice sans tache. Mais il a été vaincu. Il n'a pas réussi à entraîner Jésus dans le péché. Il n'a pas pu le décourager ni le détourner de l'œuvre qu'il était venu faire sur terre. Du désert au calvaire, la colère de Satan n'a eu de cesse de le frapper, mais plus sa rage l'atteignait sans merci, plus fermement le Fils de Dieu s'accrochait à la main du Père et se hâtait sur le chemin taché de sang." - Ellen WHITE dans Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 5, p. 1130.
A MEDITER :
Les compliments faits à Jésus avec réticence dans Mt 22.15, 16 évoquent une personne intègre et fiable, que n'influencent ni le statut ni le pouvoir. Que dit-on de vous-même? Pourrait-on vous faire semblable compliment? Et que dire de votre église locale? Est-elle tout aussi désireuse d'aider les couches inférieures de la société que d'impressionner les couches supérieures? Qu'indique votre réponse sur les changements éventuels qui doivent être faits?
Que les membres de la classe revoient leurs notes sur ce qui entrave leur cheminement avec Dieu (leçon de jeudi). Comparez vos notes. Qu'avez-vous cité en commun? Qu'est-ce qui diffère? Plus important encore, comment travailler ensemble pour vous aider les uns les autres à relever ces défis? Quelle aide concrète vous donner les uns aux autres?
Matthieu mentionne souvent Jésus passant du temps et enseignant sur la montagne. Il est transfiguré sur une montagne (Mt 17.1-9). Cette association avec des hauteurs symbolise peut-être l'intimité quotidienne de Jésus avec des réalités plus élevées. Comment, en tant qu'église, travailler ensemble pour atteindre nous aussi des régions plus élevées, tout en étant intensément engagés à travailler dans la vallée en bas?