Mt 9.35 indique que Jésus parcourait les régions de la Palestine. "Il enseignait dans leurs synagogues, proclamait la bonne nouvelle du Règne et guérissait toute maladie et toute infirmité."A notre époque cynique où les gens s'imaginent que tout effort pour leur venir en aide est lié à quelque plan caché, la motivation qui sous-tend le ministère de Jésus nous arrive comme un souffle d'air frais - un authentique amour, décrit comme de la "compassion" (Mt 9.36, Segond révisée à la Colombe). Il était ému à la vue de ces gens, son cœur allait vers eux. Nous constatons le même souci d'ordre général dans Mc 8.1-3, où Jésus s'inquiète des personnes qui défaillent en rentrant chez elles. "Voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et qu'ils n'ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, car quelques-uns d'entre eux sont venus de loin." (Mc 8.2, 3)
Quelle tendre et remarquable inquiétude - qui en dit long sur Jésus! Il connaissait ses audi-teurs. Il comprenait leurs besoins. Il ressentait leurs souffrances. Il ne nous demande pas non plus d'être exactement à son image ni d'agir exactement comme lui. En effet, même s'il avait lui-même connu quarante jours de jeûne, il se souciait de la santé et de la sécurité de gens qui n'avaient presque rien mangé depuis trois jours (sans doute ne s'étaient-ils pas retrouvés totalement sans nourriture).
C'est cette compassion pleine d'amour que nous chercherons à retracer au cours des leçons de cette semaine, soit dans la vie des gens, soit dans celle de la nation d'Israël dans son ensemble.
Revoyez l'histoire de la femme surprise en adultère. Même si Ellen White indique clairement que cette femme avait été prise en flagrant délit (Jésus-Christ, "Parmi les pièges" p. 456, 457), le texte ne dit pas qu'elle était coupable. Quoi qu'il en soit, quelle a été l'attitude de Jésus envers elle? Quelle leçon tirer de cette histoire?
" En pardonnant à cette femme et en l'encourageant à mener une vie meilleure, le caractère de Jésus resplendit dans la beauté d'une parfaite justice. Sans pallier le péché, sans amoindrir le sentiment de culpabilité, il s'efforce, non pas de condamner, mais de sauver. Le monde n'avait pour cette femme que du mépris; mais Jésus prononce des paroles de consolation et d'espérance. L'être sans péché prend en pitié la faiblesse du pécheur, et lui tend une main secourable. Là où les pharisiens hypocrites condamnent, Jésus dit: "Va, et désormais ne pèche plus." - Ellen WHITE, Jésus-Christ, " Parmi les pièges", p. 457, 458.
Quelle compassion, quel tendre amour de la part de Jésus! Il a géré la situation de sorte qu'ensuite les accusateurs de la femme la laissent tranquille, ne sachant pas exactement ce qu'elle avait lu sur leur vie privée ce matin-là dans la poussière.
Jésus n'exerçait-il pas son ministère même auprès des hypocrites qui lui avaient amené cette femme afin de le piéger? Expliquez.
En lisant attentivement ce récit, on devine la compassion que Jésus éprouvait même envers ceux qui avaient pourtant eu de si mauvaises intentions. Si seulement leur cœur avait été aussi ouvert que celui de cette pauvre femme aux tendres incitations du Christ!
Quelle attitude une communauté adventiste type adopterait-elle en de semblables circonstances? Comment trouver l'équilibre entre des valeurs morales élevées et de la compassion envers ceux qui tombent?
Ce sont les enfants qui ont le plus souffert au cours des siècles. Vulnérables et dépendants, ils se sont souvent trouvés sous les feux croisés de la guerre et des conflits, des émeutes publiques et des querelles familiales. Ce sont des enfants, notamment des garçons, qui ont fait l'objet de la première horrible "solution au problème juif" sous les anciens pharaons égyptiens (Ex 1.15, 16). Et ce sont à nouveau des garçons qui ont été tués au cours du massacre des innocents par Hérode (Mt 2.16), ce qui conduit Matthieu à rappeler une autre époque où des enfants avaient été massacrés sans discrimination, au début de la captivité babylonienne (Mt 2.17,18; cf. Jr 31.15). Ayant appris le massacre commis par Hérode, sans doute sur les genoux de sa mère, Jésus ne l'a sûrement pas oublié, sachant que ces enfants innocents étaient morts, d'une certaine façon, à cause de lui. (Il était venu mourir pour eux; mais ces enfants étaient morts à cause de lui avant même qu'il soit assez grand pour réfléchir à sa mission.)
Comment les passages suivants expriment-ils l'amour et le tendre souci de Jésus pour les bébés et les enfants? Quels messages allant au-delà de la façon dont nous devons traiter les enfants nous sont donnés ici? Mt 18.2-6; 19.13-15.
Quel a été l'avenir de ces enfants assis sur les genoux de Jésus ce jour-là, ceux vers qui il a tendu la main en un signe de bénédiction? Quels souvenirs les plus grands d'entre eux ont-ils gardés de ce jour? Certains d'entre eux ont-ils accepté le Messie par la suite? Qu'ont-ils ressenti en apprenant que cette Personne pleine d'amour, qui avait posé les mains sur eux en signe de bénédiction, se trouvait désormais au plus haut des cieux, exerçant un ministère en leur faveur? Quelle profonde assurance leur a-t-il sans doute donnée ainsi! Les politiciens embrassent des bébés pour obtenir le vote de leurs parents; Jésus, lui, aimait les enfants pour eux-mêmes. Il a réprimandé ainsi ses disciples trop protecteurs : " Laissez faire les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui sont comme eux." (Mt 19.14)
Y a-t-il des enfants dans votre entourage? Quelle est votre attitude envers eux? Réfléchissez attentivement à la façon dont vous les traitez. Quelles mesures prendre pour vous assurer que votre influence sur eux est aussi positive que possible?
Nous ne savons pas grand-chose de la famille de Lazare à Béthanie. Les évangiles ne nous donnent que peu d'informations à ce sujet. Il semble clair, cependant, qu'il s'agissait de deux sœurs et d'un frère célibataires vivant sous le même toit. Sans doute pas une famille juive typique, mais c'était là que Jésus choisissait d'aller chaque fois qu'il se rendait en ville. Jean nous informe que "Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare. " (Jn 11.5) La requête de Marthe semble absolument justifiée. Après tout, les repas étaient au cœur de l'hospitalité orientale et leur préparation avait de l'importance. Sans doute trop pauvre pour avoir l'aide de servantes, Marthe avait besoin d'un peu d'aide dans la cuisine. Par rapport à un tel contexte, la réponse que lui a faite Jésus semble étrangement peu délicate.
Notez l'incident rapporté dans Lc 10.38-42 . Que pensez-vous de la façon dont Jésus s'est comporté envers Marthe? Comment, même ici, a-t-il exprimé sa compassion pleine d'amour?
Pour la comprendre, il faut sans doute la replacer au sein d'un contexte plus vaste, celui de la mission de Jésus. Pour ce dernier, rien n'était ordinaire, comme l'avaient découvert ses propres parents lors de l'incident du temple (Lc 2.48, 49). Pour Jésus, chacune des minutes passées parmi les hommes pesait leur poids; dans ce contexte, le travail qui devait se faire à la cuisine ne comptait pas, en dépit de son importance.
Cependant, nous nous faisons une fausse idée de Jésus si nous pensons qu'il n'a pas témoigné de sympathie à Marthe. C'est tout le contraire. Les évangiles ne nous fournissent pas de clips vidéo sur les incidents qu'ils rapportent. Nous ne pouvons voir le visage de Jésus tandis qu'il répondait à Marthe. Nous ne pouvons entendre la tendresse de son ton. En faisant appel à notre imagination, cependant, d'après ce que nous connaissons de Jésus ailleurs dans les évangiles, il n'est pas difficile de l'imaginer se levant de sa place tandis qu'il s'adresse à Marthe, l'appelant deux fois par son nom avec affection. "Marthe,Marthe", a-t-il dit en allant dans la cuisine, tandis que Marie le suivait, "il y a quelque chose de beaucoup plus important à faire que de préparer un repas et Marie a découvert ce que c'était." (Lc 10.41, 42, paraphrase).
Vous trouvez-vous dans la position de Marthe, si préoccupé par les tâches de ce monde que vous en oubliez ce qui compte vraiment? Plus important encore, comment savoir si vos priorités sont correctes?
L'une des déclarations les plus célèbres de Jésus se trouve dans Mt 5.44-48. Relisez ces versets, Quel est en substance le sens de ce message si important pour tous ceux qui désirent suivre Jésus?
On pourrait réellement dire que la vie tout entière du Christ, ainsi que sa mort, ont été l'expression même de ce principe - aimer ses ennemis, faire du bien même à ceux qui nous font du mal.
Après la chute d'Adam et Ève, le monde tout entier est devenu, en quelque sorte, un territoire ennemi, le terri-toire d'êtres rebelles et déchus vivant en opposition à Dieu. Pourtant, quelle a été l'attitude de Dieu envers cette planète ennemie? A-t- il envoyé une armée d'anges pour l'anéantir, elle et son iniquité? Non, au contraire, il a envoyé Jésus, son Fils, qui est venu sauver le monde, non le condamner.
Quels exemples montrant clairement "amour de Jésus, même envers ses ennemis, trouvons-nous dans les évangiles? Desquels vous souvenez-vous le mieux?
Que dire, par exemple, de la façon dont il a guéri l'oreille du serviteur que Pierre avait coupée (Lc 22.50, 51)? Ou de la fois où il a révélé à Judas ce que celui-ci s'apprêtait à faire, donnant au disciple endurci une occasion supplémentaire de se détourner de son péché (Mt 26.25)? Bien sûr, l'exemple le plus probant est la prière qu'il a adressée au Père lorsqu'il était sur la croix: "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." (Lc 23.34) Pour de multiples raisons, c'était là un ultime exemple d'amour envers ceux qui ne le méritaient pas; même s'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ils n'avaient aucune excuse. Au cours de son séjour ici-bas, Jésus avait donné amplement l'occasion, à la fois aux Juifs et aux Romains, de se faire connaître d'eux, ou du moins de se faire connaître d'eux suffisamment pour qu'ils sachent qu'il ne méritait pas un tel traitement. Malgré cela, Jésus leur a témoigné de la compassion.
C'est une chose de dire qu'il faut aimer ses ennemis, c'en est une autre de savait comment s'y prendre. Quelle en est la clef? Etes-vous désireux de faire les changements nécessaires de façon à parvenir à aimer vos ennemis?
" Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l'avez pas voulu. " (Mt 23.37)
Que révèle le texte ci-dessus sur le caractère de Jésus? Que nous indique-t-il sur l'amour de Dieu envers son peuple? Que nous montre-il sur les limites de l'amour? Mais par ailleurs, avant de désigner quiconque, demandez-vous si ces mots ne s'appliquent pas directement à vous-même.
Si Dieu ressent les mêmes émotions que les êtres humains, l'histoire de ses relations avec Israël se résumerait à quatre mille ans de (presque) continuelles déceptions et frustrations. Certes, la nation a donné de la joie à Dieu à certains moments, mais ceux-ci ont été rares et plutôt brefs. Son patience phénoménal finissant par disparaître, Dieu a indiqué à Israël qu'une période de 490 ans (Dn 9.24) s'écoulerait jusqu'à la venue du Messie. Du début à la fin, nous ne voyons en lui que de la compassion - et un amour solide et tendre.
En quoi Mt 23.25-35 donne-t-il un exemple de la solidité de l'amour de Jésus?
Dans le texte de Mt 23.37, nous observons la patience divine parvenant à son terme. Cependant, aussi grave et aussi prolongée qu'ait été la provocation, de la tendresse apparaît sous la rudesse apparente du discours de Jésus. Il n'aurait pas prononcé de paroles aussi sévères s'il n'avait espéré que quelques-uns d'entre eux finiraient par comprendre leurs erreurs.
Lisez Ac 6.7. Notez qui "obéissait à la foi ". Certains de ces prêtres faisaient-ils partie de ceux que Jésus avait précédemment réprimandés? Quelle conclusion en tirer sur la rapidité avec laquelle nous avons tendance à juger et à condamner?
A LIRE:
Ellen WHITE, Jésus-Christ, "Lazare, sors! ", p. 519-'532; "Devant Anne et devant Caïphe", p. 699-715;" Judas", p. 716-724.
"Dans l'œuvre du salut, il faut beaucoup de tact et de sagesse. Le Sauveur n'a jamais dissimulé la vérité, mais [.. ..] Il voyait dans tout homme une âme qu'il avait mission de sauver." - Ellen WHITE, Le ministère évangélique, p. III.
A MEDITER :
1_ Réfléchissez à ce que représente aimer ses ennemis, concrètement parlant. Comment manifester un tel amour ? Est-il parfois impossible d'aimer ses ennemis ? Si oui, dans quelles circonstances ?
2_ Quelle est la place des enfants dans votre église locale ? Fait-on attention à leurs besoins ? Comment améliorer l'attitude de votre communauté envers eux ?
3_ En quelles circonstances peut-on aisément confondre l'amour avec une grâce bon marché ? C'est-à- dire, n'est-il pas dangereux d'excuser des personnes qui ne font pas ce qu'il faut, pour la seule raison que nous voulons leur témoigner de l'amour ? Quand vaut-il mieux s'en tenir à la stricte expression de ses responsabilités morales ? Comment observer un équilibre entre ces deux attitudes ? Si vous hésitez, de quel coté vaut-il mieux pencher ?
4_ Quels parallèles est-il possible de tracer entre la nation juive) à l'époque ou elle était une théocratie) et l'Eglise adventiste du septième jour aujourd'hui ? Quelles leçons en tirer de l'histoire d'Israël ? Les avons-nous assimilées ?