Un article en première page d'un grand journal rapportait la discussion qui avait eu lieu dans un groupe d'étude biblique masculin. Le thème? Les causes de la mort de Jésus. Les questions soulevées était, en partie, les suivantes : «Dieu n'avait-il pas seulement pour dessein d'envoyer Jésus nous enseigner, notamment d'aimer nos ennemis? Ou devait-il souffrir et mourir également? Si oui, pourquoi? Ses enseignements ne suffisaient-ils pas? Et s'il est mort, quel rapport avec nous aujourd'hui, tant de siècles plus tard?»
Près de deux mille ans après sa mort, le sens de la croix est toujours un sujet qui interpelle les chrétiens. En fait, même avant sa mort, les prophètes se sont constamment « appliqués à découvrir quelle époque et quelles circonstances » leur étaient indiquées par l'Esprit, « qui, d'avance, attestait les souffrances du Christ et la gloire qui s'ensuivrait». (1 P 1.10,11)
Ainsi, cette semaine, nous chercherons à répondre à ces questions vitales —pourquoi Jésus est-il mort, quels objectifs a-t-il accomplis en mourant? Que signifie sa mort pour nous de nombreux siècles plus tard? Le Christ, comme certains l'affirment, est-il seulement mort pour témoigner de l'amour de Dieu et changer nos sentiments à son égard, ou sa mort a-t-elle changé quelque chose à la relation entre Dieu et nous? Ce sont là des thèmes dignes de notre intérêt le plus intense!
Lisez Lc 2.25-35. Quel est le sens de ce passage? Quel message est adressé à Marie? Quel est le message délivré sur Jésus?
Ce récit, raconté seulement par Luc, est puissant dans sa simplicité et profond dans ses implications. Le pieux Syméon, rencontrant enfin ce Messie qu'il avait attendu, révèle l'avenir du bébé à ses parents avec une rudesse énigmatique : « Cet enfant est destiné à être, pour beaucoup en Israël, une occasion de chute ou de relèvement. [ ... ] Quant à toi, tu auras le cœur comme transpercé par une épée.» (Lc 2.34,35, La Bible du Semeur) Le terme grec traduit par « épée» , en Grec, désigne une arme énorme semblable à celle de Goliath. Le coeur de Marie en serait percé, prédiction annonçant la souffrance qu'elle éprouverait à la croix. «Les paroles mystérieuses de Syméon ont dû pénétrer dans la conscience de Marie comme quelque présage glaçant et menaçant. » — Seventh-Day Adventist Bible Commentary, vol. 5, p. 704.
Qu'indiquent les passages suivants sur la mort de Jésus? Devait-elle arriver? Mt 16.21 ; 26.52-54; Me 10.45; Lc 18.31-33; Jn 3.14; He 9.25-28.
Jésus était né pour mourir, telle est la note récurrente ici. Sa mort n'était pas un accident. Elle devait arriver. Pourquoi? On ne peut l'expliquer de façon complètement rationnelle, non parce qu'elle est irrationnelle, mais parce qu'elle est « suprarationnelle », elle se situe au-delà de la raison humaine. Elle fait partie de la révélation divine, de « ce mystère qui a été caché de tout temps et à toutes les générations, mais quis est maintenant manifesté à ses saints» (Col 1.26). La Bible ne cherche pas à justifier ni à expliquer longuement la mort du Christ, peut-être parce qu'elle échappe à la logique humaine. Nous n'avons pas la possibilité de faire de comparaisons. La rédemption biblique est un événement isolé dans l'histoire de l'univers. Notre tâche consiste à comprendre ce que dit la Bible à ce sujet et à appliquer ce qu'elle signifie dans notre vie.
Le fait que Jésus ait eu à mourir pour nous racheter du péché indique la gravité de celui-ci. En avez-vous conscience? Faites-vous des efforts pour vous en libérer? Expliquez.
Les évangiles consacrent énormément de temps à la dernière semaine de la vie de Jésus. Dans Matthieu, celle-ci occupe un tiers du livre, dans Marc, plus d'un tiers. Luc y consacre un quart de son évangile et Jean la moitié. Il est clair que les évangiles ont pour thème central la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Ce ne sont pas des biographies, mais plutôt des résumés théologiques sur le sens de sa mort.
Revivez les douloureux événements de la passion en relisant les passages suivants : Mt 27.27-31, 45-54; Me 15.21-32;
Jn 19.28-30. Que ressentez-vous en les lisant? Quelle est,principalement, l'émotion qui vous submerge? Pourquoi?
Personne ne peut prétendre comprendre pleinement la signification de la mort de Jésus, ni les circonstances l'environnant. Il semble clair, cependant, que le rôle joué par ceux qui étaient physiquement présents et actifs (que ce soit à son procès ou à la croix) n'a été que secondaire d'un point de vue théologique, si l'on s'en tient à leur identité raciale ou nationale. Calomnier aujourd'hui les Juifs, ou plus précisément, les Italiens, pour la participation de certains de leurs ancêtres à la mort de Jésus est une aberration théologique, une attitude à l'opposé de l'essence même de la religion biblique. La culpabilité de ceux qui ont participé à sa mort est une question qui sera réglée entre eux-mêmes et Dieu. Au lieu de montrer du doigt, peut-être devrions-nous nous demander : comment aurions-nous agi si nous avions été présents? D'une certaine manière, en fait, nous l'étions !
Lisez Mt 26.38. Qu'est-ce qui pesait tant au Sauveur durant son épouvantable agonie? Comment a-t-il réussi à survivre à une telle épreuve? (Voir Le 22.43)
«Ayant pris sa décision, il tomba inanimé sur le sol [là, dans le jardin).» — Ellen WHITE, Jésus-Christ, «Gethsémané», p. 693. Cela signifie que même s'il a été tué, plus tard, par la main des Romains, le coup fatal lui avait été asséné bien plus tôt, par une main collective géante, la nôtre. Que ressentez-vous à l'idée que votre culpabilité a tué Jésus? Plus important encore, comment allez-vous réagir à ce sentiment?
Quel est le thème essentiel des passages suivants? 1 Co 2.2; 15.3; Ga 6.14.
Les auteurs du Nouveau Testament ont utilisé une grande variété de métaphores, d'images et de symboles pour tenter d'exprimer l'œuvre salvatrice de Dieu en Christ. Dans cette leçon (et celle de mercredi), nous en présentons quelques exemples :
1. L'idée de sacrifice, d'offrande, de substitut. Eph 5.2 : Le Christ « s'est livré pour nous, s'offrant à Dieu en sacrifice (thusian) [et offrande] d'agréable odeur (prosphoran). » (BI) lie 9.26 : Il est venu «pour abolir le péché par son sacrifice (thusias). » He 10.14: « Par une seule offrande (prosphora), en effet, il a porté à leur accomplissement, à perpétuité, ceux qui sont consacrés.»
Tous ces passages donnent l'idée d'une mort par procuration, d'une mort à notre place, par substitution. La souffrance est endurée à la place d'un autre. Dans 1 Co 15.3, Paul déclare : « Le Christ est mort pour nos péchés»; il est dit dans Rm 5.8 : « Le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs»; et, selon 1 P 2.24, «il a lui-même porté nos péchés, en son corps, sur le bois».
2. L'idée de rançon. Le mot rançon vient du terme grec lutron; on a ici l'évocation d'un règlement pour quelque chose qui a été livré. En langue grecque classique, ce terme était souvent utilisé en relation avec le rachat d'esclaves et de prisonniers de guerre. Les auteurs sacrés ont emprunté ce concept en le mettant au service d'un thème plus grand : Mt 20.28; cf. Mc 10.45. Jésus est venu « donner sa vie en rançon (lutron) pour une multitude. Ici, « une multitude» signifie : « tous» .
La famille de mots dont lutron est dérivé souligne le caractère de substitut du sacrifice du Christ. Il a donné sa vie «Pour» nous, le temps du verbe « donner», dans le grec d'origine, désignant un événement précis dans le temps, c'est-à-dire la mort de Jésus sur la croix. Selon l'idée fondamentale ici, nous étions esclaves du péché, condamnés à une mort éternelle et incapables de nous libérer nous-mêmes; mais Jésus est venu pour être notre rançon, ou lutron.
Réfléchissez à vos erreurs, aux actes que vous avez faits alors même que vous saviez qu'ils n'étaient pas à faire. Qu'implique pour vous le fait qu'une autre personne, une personne innocente — Jésus — ait reçu le châtiment qui aurait dû être le vôtre?
Hier, nous avons parlé de deux des nombreuses métaphores utilisées par les auteurs du Nouveau Testament pour exprimer ce que la mort du Christ a accompli. En voici deux autres :
3. L'idée de propitiation (ou expiation) (hilasterion). On trouve ce mot dans He 2.17, où il est dit que le Christ avait pour mission de «faire l'expiation des péchés du peuple». Ucxpression «faire l'expiation» a le sens de pacifier. On croyait alors que lorsqu'un dieu était fâché, on devait faire un geste d'apaisement (hilasterion) pour le rendre hilaros (heureux, joyeux) à nouveau. Les étudiants du Nouveau Testament ont noté de façon réitérée que ses auteurs, quoiqu'empruntant le vocabulaire de la langue grecque classique entre autres, lui ont donné un contenu et une signification tout nouveaux.
En conséquence, de nombreux spécialistes de la Bible s'accordent pour dire que la meilleure traduction de ce mot est «expiation» . L'idée ainsi comprise est la suivante : grâce à la mort de Jésus, Dieu a « expié» , « couvert» , « effacé» notre péché. La notion d'un apaisement de Dieu par les hommes était totalement étrangère aux auteurs du Nouveau Testament. Ils ont voulu au contraire souligner que l'humanité entière, confrontée à la juste colère de Dieu face à notre péché, en a été sauvée par la mort de Jésus. Jésus est devenu notre hilasterion, il nous a couverts devant la colère de Dieu (Voir He 9.5).
4. L'idée de réconciliation (katallage).
Lisez les passages suivants. Sur quoi mettent-ils tous l'accent? Rm 5.10,11 ;
2 Co 5.18-21; Ep 2.16; Col 1.20-22.
Pécher, c'est s'éloigner de Dieu et de sa volonté. Le péché nous sépare de Dieu, condition dont le résultat final est la mort.
La réconciliation est la restauration de l'harmonie entre nous-mêmes et Dieu, qui nous fait retrouver une plénitude. Il est essentiel de noter ce point : c'est Dieu qui a pris l'initiative (Rm 5.8-11). « Dieu était dans le Christ, réconciliant le monde avec lui-même» (2 Co 5.19). À cause du péché, le monde entier se trouvait condamné devant le Dieu de justice; grâce à la croix, notre position vis-à-vis de Dieu a changé, si bien que tous ceux qui viennent à Jésus par la foi ont l'assurance de la vie éternelle.
Grâce à la croix, vous avez la possibilité, par la foi, de vous tenir devant Dieu parfaits et saints, agréés par lui.
Comment notre vie reflète-t-elle quotidiennement ce nouveau statut qui est le nôtre par Jésus?
La croix est devenue le symbole du christianisme. D'après la théologie du Nouveau Testament, elle est révélatrice de la condition humaine, annonçant, au-delà de sa présence même, son accomplissement ultime.
Examinez les passages suivants. Que révèlent-ils sur la condition humaine et la mort nécessaire de Jésus? Rm 3.10,23; 1 Co 2.2; 15.3; Ga 6.14.
Les Grecs et autres peuples de l'Antiquité estimaient que l'humanité était, avant tout, en bonne santé du point de vue de sa moralité. Ils pensaient que si les occasions offertes étaient positives, notre bonté naturelle, innée, s'épanouirait. Cette attitude était un défi pour le christianisme et sa notion de chute universelle, l'homme ayant un besoin désespéré d'une intervention extérieure. C'est la raison pour laquelle Paul a pu dire : « La parole de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. » (1 Cor 1.18) Cette puissance tranquille, disait-il, finira par vaincre pour que « tout genou fléchisse [dans l'univers] [ ... ] et reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur» (Ph 2. 10,11).
Cependant, aussi importante soit-elle pour notre salut, la croix possède une valeur qui nous dépasse.
« La signification de la mort du Christ sera perçue par les croyants comme par les anges. Les hommes déchus ne pourraient jamais avoir un foyer au paradis divin sans l'Agneau, égorgé dès la fondation du monde [...] Les anges attribuent honneur et gloire au Christ, car même eux ne sont pas en sécurité s'ils ne regardent pas aux souffrances du Fils de Dieu. C'est grâce au rôle efficace de la croix que les anges des cieux sont préservés de l'apostasie. Sans la croix, leur sécurité ne serait pas plus grande contre le mal que celle des anges avant la chute de Satan. C'est au ciel qu'a échoué la perfection angélique. C'est en Éden, le paradis du bonheur, qu'a échoué la perfection humaine. Tous ceux qui souhaitent être en sécurité sur terre ou au ciel doivent se tourner vers l'Agneau de Dieu. Le plan du salut, qui rend manifestes la justice et l'amour de Dieu, offre une protection éternelle contre toute défaillance au sein des mondes non déchus comme parmi ceux qui ont été rachetés par le sang de l'Agneau. » — Ellen WHITE dans Seventh-day adventist Bible Commentary, vol. 5, p. 11 32.
Même les anges du ciel sont préservés de l'apostasie grâce à la croix! Quelle pensée inimaginable! Si la croix signifie autant pour les êtres qui n'ont pas chuté, ceux dont elle n'a pas eu à racheter la vie — combien plus la croix doit-elle être au centre de notre vie, nous qui avons été rachetés par elle?
A LIRE:
Ellen WHITE, Jésus-Christ, « Le calvaire», p. 745-761 ; «Tout est accompli», p. 762-770.
« Les anges avaient donc de bonnes raisons de se réjouir en contemplant le Sauveur sur sa croix; car bien qu'ils ne fussent pas encore à même de tout saisir, ils savaient que la destruction du péché et de Satan était assurée pour toujours, que la rédemption de l'homme était un fait accompli, et que l'univers était pour l'éternité à l'abri de toute surprise. Quant au Christ, il comprenait parfaitement les résultats du sacrifice accompli sur le Calvaire. Il embrassait toutes ces choses de son regard quand sur la croix, il s'écria : "Tout est accompli !" » — Ellen WHITE, Jésus-Christ, «Tout est accompli» , p. 770.
« La mort du Christ sur la croix a rendu certaine la destruction de celui qui détenait le pouvoir de la mort, l'initiateur du péché. Quand Satan sera détruit, plus rien ni personne ne nous incitera à faire le mal. jamais il ne sera nécessaire de répéter l'expiation et il n'existera nul risque d'une nouvelle rébellion dans l'univers créé par Dieu.» — Ellen WHITE, Seventh-dayAdventist Bible Commentary, vol. 5, p. 1132.
A MEDITER :
Certains font de la croix une simple démonstration d'amour de la part de Dieu sans aucune efficacité légale ni rédemptrice. C'est-à-dire que le Christ serait mort uniquement pour nous révéler l'amour du Père. Notre statut officiel face à Dieu n'aurait subi aucun changement. La croix aurait eu pour seul but d'amener un changement en nous et en notre attitude envers Dieu. Pourquoi est-ce là une vision bien faible de la mort de Jésus et, en fin de compte, tout à fait insatisfaisante? Pourquoi mène-t-elle obligatoirement à une théologie du salut par les oeuvres ?
Réfléchissez davantage au fait que la croix a permis à l'univers d'être en sécurité. Qu'est-ce que cela nous indique sur la croix et la grande question qu'elle a traitée? Comprendre le grand conflit cosmique ne nous aide-t-il pas à mieux apprécier ce qui s'est passé à la croix?
La vie et la mort de Jésus sont chargées de mystère du début à la fin. Même si nous en comprenons certains aspects, d'autres restent un mystère pour nous. Comment faire confiance au Seigneur concernant ce que nous ne comprenons pas? Quelle est la clef d'une foi qui demeure néanmoins forte?