Pensée centrale: L'apôtre Paul donne ici un exemple de la façon dont nous devons adapter notre témoignage au contexte et à la culture dans lesquels nous sommes lorsque nous le présentons.
Les premiers missionnaires adventistes ont rapidement compris qu'il fallait présenter le message concernant la vérité présente d'une manière qui tienne compte le plus possible de la culture environnante. Aujourd'hui, l'Eglise adventiste mondiale, par le biais de initiatives de Mission globale, finance des centres d'études dans le monde entier afin d'étudier comment des ponts vers les autres religions et les diverses cultures car, avant de pouvoir communiquer efficacement avec d'autres personnes, il est nécessaire que nous comprenions leurs cultures et mode de pensée.
Cette semaine, nous examinerons que signifie adapter notre message aux gens selon les situations dans lesquelles ils se trouvent. Pour ce faire, nous étudierons de quelles manières l'apôtre Paul, dont la foi était ferme et sans compromis, a adapte le message de Jésus a ses divers audi-toires. Nous apprendrons aussi comment mieux transmettre aux gens la vérité présente.
Après l'expérience de Paul sur la route de Damas, certains des apôtres n'étaient pas convaincus qu'il était un véritable le disciple. Voir Ac 9.26. peut-être craignaient-ils qu'il soit envoyé en espion pour infiltrer l'Église et causer de nouveaux problèmes. C'est à cette époque que Barnabas a pris la défense de Paul (verset 27, 28).
Barnabas était " un homme bon, plein d'esprit saint et de foi " (Ac 11.24) et il a été pour Paul d'une très grande aide quand celui-ci a commence son ministère.
Lisez Ac 11.19-24. Comment l'église d'Antioche a-t-elle été créée ? Quels succès les efforts missionnaires des fidèles ont-ils remporté ? Les responsables de l'église de Jérusalem ont entendu parler du nouveau groupe de croyants à Antioche - l'une des trois principales villes de l'Empire romain à l'époque. Ils ont immédiate-ment envoyé Barnabas, disciple très respecté, pour qu'il participe à la création et au dévelop-pement de cette église.
Le livre des actes est rempli d'événements surprenants : Saul, le persécuteur, devient Paul, le missionnaire. L'Évangile du salut devient une bonne nouvelle pour tous, et pas seulement pour les Juifs. Et maintenant, Paul exerce un ministère auprès d'une église dont la création est une conséquence indirecte de ses persécutions !
Lisez Ac 11.25, 26. Pourquoi, a votre avis, Barnabas a-t-il choisi pour l'aider ?
C'est à Antioche que Barnabas et Paul ont enseigné pendant un an. En se fortifiant, cette église a développé un esprit de compassion et a aide les autres. Les nouveaux membres ont envoyé une aide financière à leurs frères et sœurs de Judée, qui souffraient d'une famine sévère (Ac 11.28-30). Ainsi, au lieu de garder pour eux les bénédictions reçues, ils ont été prêts à offrir leur aide quand le besoin s'en est fait sentir.
En entendant parler d'Antioche, l'église de Jérusalem lui a envoyé Barnabas en renfort. Celui-ci, au courant de l'appel fait à Paul, l'a emmené avec lui. En retour, cette église, qui a eu connais-sance des besoins de celle de Jérusalem, lui a envoyé l'aide nécessaire.
Quelle leçon en tirer sur l'aide que nous pouvons apporter aux autres grâce aux bénédictions que nous avons-nous-mêmes reçues ?
" Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. " (1 Co 9.22)
Que veut dire Paul quand il déclare : " je me suis fait tout à tous "? Quel que soit le sens de son affirmation, il est certain que l'apôtre ne prônait pas le compromis. Il ne parlait pas de changer l'Évangile, les doctrines, l'éthique ou les vérités de la Parole de Dieu, mais de les rendre aussi attrayants et compréhensibles que possible pour des gens de cultures diverses.
Paul adaptait son approche en utilisant différentes méthodes selon les promesses qu'il voulait toucher.
Lisez Ac 13. 16-42. dans ce sermon, ou commence et se termine son bref résume de l'histoire biblique ? A quelle autorité se réfère-t-il pour confirmer que Jésus est le Messie Qu'apprenons-nous sur sa façon d'aborder les juifs ? Par exemple, pour évangéliser de juifs, des qu'il arrivait dans une ville, il se rendait à la synagogue et y enseignait. Voir Ac 9.19-22 ; 13.14-16.
Lisez Ac 14.8-18. En quoi le discours de Paul aux païens - qui ne croyaient pas dans l'Ancien Testament - diffère-t-il de celui qu'il adresse aux Juifs ?
Jusqu'où est-il possible d'aller quand on cherche à toucher des gens au sein de leur propre culture ? Comment éviter d'aller trop loin, c'est-à-dire de compromettre la vérité, dans nos tentatives pour la faire connaître ?
L'une des plus célèbres expériences missionnaires de Paul a eu pour cadre Athènes, patrie de quelques-uns des philosophes majeurs de l'Antiquité, comme Socrate, Platon et Aristote. Il est intéressant de noter que, malgré l'influence de tous ces penseurs et en dépit de leurs appels et à la logique, la ville était " vouée aux idoles " (Ac 17.16). Voilà un témoignage évident de ce que, en fin de compte la philosophie ne peut pas répondre aux besoins humains les plus fondamentaux !
L'épicurisme enseigne que le bonheur consiste à bien vivre en s'accordant des plaisirs raisonnés. Le stoïcisme, lui, incite les gens à se contenter de ce qu'ils ont. Ensemble, les philosophes stoïques et épicuriens ont entendu Paul discourir sur la place publique et se sont mis à discuter avec lui, tout en le traitant de " jacasseur " (Ac 17.18).
Pendant qu'ils le tournent ainsi en ridicule, ces philosophes ont invité Paul à une réunion de l'aréopage - groupe de philosophe qui évaluaient les nouveaux enseignements et se réunissaient sur ce qu'on appelle la colline de Mars.
Lisez Ac 17. 18-34. quelle est l'approche de Paul ; ici ? A quoi ne fait-il pas appel ? Ses efforts ont-ils été couronnés de succès ?
Dans son discours, Paul adapte son message à son auditoire païen (verset 22-25) en le mettant en relation avec leur culture. Il fait ainsi allusion à un autel élevé à un dieu inconnu, qu'il identifie au Dieu créateur.
À aucun moment Paul ne se réfère aux Ecritures, comme il l'aurait fait pour un auditoire Juif. Il préfère évoquer le monde de la nature, que les grecs connaissaient bien, et le relier au surna-turel. Même s'il ne cite pas les Ecritures, le message qu'il délivre est néanmoins clairement conforme à elles.
En quoi la nature et les éléments qui la composent vous parlent-ils de Dieu ? Expliquez. Comment nous permettent-ils d'aimer davantage notre Créateur.
Relisez Ac 17.18-34
Examinez le discours de Paul. Où évoque-t-il ces doctrines essentielles : la création, la rédemption et le jugement ? Cela ne ressemble-t-il pas à notre message adventiste ? Expliquez. Non seulement Paul connaît la littérature païenne, mais il en cite des passages de mémoire. Il cite deux poètes grecs, Aratus, qui a dit : "C'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous sommes" (17.28), puis Cléanthe, dont le poème d'amour à Zeus contient ce verset : "Nous sommes aussi sa lignée" (17.29). Dans ces deux cas, Paul part d'un élément de la culture grecque pour le rattacher ensuite à la vérité qu'il souhaite enseigner.
"Les mains tendues vers le temple rempli d'idoles, Paul se libéra du fardeau qui alourdissait son cœur, et il exposa aux Athéniens les erreurs de leur religion. Les auditeurs les plus savants étaient surpris par son argumentation. Il leur montra que leurs œuvres d'art, leur littérature, leur religion lui étaient familières." - Ellen WHITE, Conquérants pacifiques, "Bérée et Athènes", p. 210.
Ellen White ajoute plus loin : "Les déclarations de Paul sont riches d'enseignements pour l'Église. [...] Si son discours avait attaqué directement les dieux et les grands hommes de la cité, il aurait couru le risque de connaître le sort de Socrate. Mais avec un tact né de l'amour divin, il s'appliqua à détourner la pensée des Athéniens de leurs divinités, et il leur révéla le vrai Dieu qu'ils ne connaissaient pas." - Idem, p. 213.
Paul avait compris qu'avant de conduire les gens là où nous le souhaitons, il nous faut d'abord les rencontrer là où ils sont. Cela signifie que nous devons nous concentrer sur leurs besoins, leurs intérêts - et adapter notre message de telle sorte qu'il leur "parle ". Cela ne veut pas dire diluer notre message. Il s'agit seulement d'une façon de communiquer - de leur parler en des termes et en un langage qu'ils peuvent comprendre.
Quel aspect de l'enseignement de Paul a le plus choqué son auditoire ? Pourquoi ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur les limites d'une explication rationnelle de l'ensemble de nos croyances.
Lisez Rm 15.18-23. Comment pouvait-il prétendre avoir " annoncé partout la bonne nouvelle du Christ" (15.19) alors que, de foute évidence, la plus grande partie de la population n'était pas devenue chrétienne ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur notre façon d'évaluer nos succès et nos échecs ? Paul a décidé d'établir de nouvelles congrégations au sein de villes ayant un intérêt stratégique dans toute la contrée. Il a choisi des endroits - situés sur les grands axes routiers romains ou dans les ports - qui servaient de plaques ; tournantes et qui étaient d'importants centres com-merciaux ou administratifs. Il a ainsi établi des lieux phares stratégiques dans l'ensemble de la région, comptant sur les nouveaux groupes de croyants pour annoncer la bonne nouvelle au-tour de ces centres. Car si l'œuvre de Paul était terminée, l'évangélisation ne faisait que com-mencer pour les nouveaux croyants.
Lors de son second voyage missionnaire, Paul avec l'aide de Timothée et de Silas - a fondé une église chrétienne dans la plus grande ville de Macédoine, Thessalonique, située au croisement de deux grands axes romains, et principal port maritime de la province. Il était prévu qu'un groupe de croyants fermement établi dans cette ville jouerait un rôle central pour l'implantation de nouvelles églises dans toute la région.
C'est exactement ce qui s'est passé. Paul déclare : "Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants en Macédoine et en Achaïe. Car la parole du Seigneur a retenti de chez vous, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe : votre foi en Dieu s'est fait connaître en tout lieu." (1 Thes 1.7, 8)
Cette église était un exemple pour les autres. Il est intéressant de noter que le terme grec em-ployé pour désigner l'église (ekklesia) ne concernait pas seulement les chrétiens. Il servait pour n'importe quel rassemblement de personnes, dans des lieux divers. Cependant, l'ekklesia chré- tienne, elle, était appelée à exercer des fonctions précises : non seulement adorer ensemble, mais également annoncer alentour la bonne nouvelle qu'elle-même avait reçue.
L'Église n'avait pas pour seul but de nourrir ses membres spirituellement. Quelle est votre attitude à cet égard ? Vous rendez-vous à l'Eglise uniquement pour vos propres besoins, ou avec le souhait de donner davantage que vous ne recevez ?
"Ainsi l'apôtre [Paul] variait ses méthodes, adaptant son discours aux circonstances." - Ellen WHITE, Le ministère évangélique, p. 112. " Certains sont réfractaires à toutes les présentations de la vérité que l'on puisse faire. L'ouvrier de Dieu devrait néanmoins rechercher soigneuse-ment la meilleure méthode, de façon à ne pas provoquer des préjugés ou un esprit combatif chez ses auditeurs." - Ellen WHITE, dans The Advent Review and Sabbath Herald, 25 novembre 1890.
"Les ouvriers de Dieu ne doivent pas être bornés ni figés dans leurs méthodes de travail. Ils doivent êtres capables de comprendre que leur façon de défendre la vérité doit varier selon la catégorie de personnes auxquelles ils s'adressent et les situations qu'ils rencontrent." - Ellen WHITE, Gospel Workers, p. 119. " Par sa bonté, sa gaieté et sa patience, par sa courtoisie toute chrétienne, Paul gagnait au Christ le cœur des gens, dissipant leurs préjugés. Il s'efforçait de leur enseigner la vérité sans provoquer leur agressivité. Il agissait ainsi parce qu'il avait de l'amour pour les êtres humains et souhaitait les amener au Christ afin qu'ils soient sauvés." - Ellen WHITE, Sketches from the Life of Paul, p. 162.
A MEDITER: Quelle serait pour vous, en tant qu'adventiste, la meilleure façon de faire part de vos convictions à un étudiant athée ? À une personne appartenant à une autre religion ? À quelqu'un qui croit en la Bible, mais qui n'est pas adventiste ? À un ancien adventiste ? À une personne qui vous semble totalement indifférente à tout ce qui concerne Dieu et la foi.
Aussi diverses que soient nos approches, quels devraient être les éléments communs de tous nos témoignages ? En d'autres termes, quels sont ceux qui devraient toujours figurer en tête et au centre de notre témoignage, quelles que soient les circonstances ?
Votre église locale a-t-elle l'esprit missionnaire ? Comment l'aider à s'impliquer davantage dans l'évangélisation, de votre région ?
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