Pensée centrale: L'apôtre Pierre a été l'un des principaux piliers de l'Église primitive. Jésus a transformé ce disciple peu fiable, mais passionné, en un ferme soutien pour la diffusion de l'Évangile.
Le caractère impulsif et sensible de Pierre fait de lui un personnage intéressant à étudier. Il avait bon cœur malgré toutes ses erreurs. Son histoire nous aide, en particulier, à comprendre le rôle des émotions dans la vie du chrétien.
Si vous êtes perdu dans une forêt, vos sens ne vous mèneront pas loin. Vous aurez beau regarder, écouter et sentir les odeurs, vous serez quand même perdu. Ce dont vous avez besoin, c'est d'une boussole et d'une carte, quelque chose de plus que vos sens.
Il en est de même pour la vie spirituelle. Ce que nous ressentons n'est pas forcément ce qui est vrai. Nous avons besoin d'une aide supplémentaire, une aide extérieure. Nous avons besoin d'une boussole et d'une carte spirituelles. Les émotions, bien qu'elles soient vitales, n'ont pas le rôle le plus important dans la vie du chrétien. Si nous n'y prenons pas soigneusement garde, elles peuvent même devenir dangereuses. Pierre était quelqu'un à qui ses émotions ont, le plus souvent, causé bien des ennuis. Cependant, quand il s'est soumis à Jésus, ses émotions et son zèle sont devenus des outils puissants au service de l'œuvre de Dieu.
Pierre était originaire de Bethsaïda, qui signifie "maison de la pêche", village de pêcheurs situé sur la côte nord-est de la mer de Galilée. C'est là que Jésus a opéré de nombreux miracles. Pendant près de deux mille ans, Bethsaïda a disparu de l'histoire. Ce n'est qu'en 1987 que son site archéologique a été retrouvé.
Pierre était marié (Mt 8.14), mais nous ne savons rien de sa femme ni de ses éventuels enfants. Nous savons seulement qu'il vivait avec sa femme et sa belle-mère à Capharnaüm quand Jésus l'a appelé à devenir son disciple.
Lisez Mt 4.18-20. Comment Pierre a-t-il répondu à l'appel de Jésus ? En quoi la phrase : " aus-sitôt ils laissèrent les filets " (4.20 ) est-elle lourde de signification ?
La sobriété de cette description nous laisse deviner ce qui s'est passé dans l'esprit de Pierre. Manifestement, il y avait en Jésus quelque chose de si irrésistible que Pierre était prêt à quitter son foyer et son métier pour suivre ce Maître itinérant. Cela devrait être une évidence pour nous tous: nous devons être prêts à faire de même, c'est-à-dire à suivre Jésus quoi qu'il nous en coûte personnellement. Voir Lc 14.26, 27.
Pierre était issu d'un milieu ouvrier modeste. Faites la comparaison avec les origines sociales de Paul. Ac 22.3 ; Rm 11.1 ; Ph 3.5 ; voir aussi Ac 5.34
Quel enseignement retirer de ce contraste ?
De toute façon, quelle que fût leur origine, pour Pierre comme pour Paul, l'appel de Jésus exigeait un engagement total. Pour le Christ, notre statut social n'a aucune importance.
Racontez ce qui s'est passé lorsque vous avez reçu l'appel de Jésus. Qu'est-ce que cela vous a coûté ? Précisez. Qu'avez-vous dû abandonner ? Si quelqu'un vous demandait : " Cela en valait-il la peine ? ", que répondriez-vous, et pourquoi ?
Comme les autres disciples, Pierre a eu l'occasion unique d'apprendre de Jésus. Il a parcouru de nombreux, kilomètres à ses côtés, il a mangé et travaillé avec lui. Il l'a écouté parler, il a 'observé son attitude envers les gens, il l'a vu guérir des malades. Il a été le témoin de scènes impressionnantes, notamment lors de la transfi-guration, où Jésus a parlé avec Moïse et Élie; ou quand Jésus est ressuscité des morts, quand il a été arrêté, et après qu'il soit sorti du tombeau.
Pierre a également eu de nombreuses occasions, d'apprendre par l'expérience, en se retrouvant souvent dans des situations qui lui ont enseigné des leçons de vie et qui l'ont amené à changer. Tout cet apprentissage l'a préparé à devenir l'un des grands missionnaires de l'Eglise primitive.
Au cours de son cheminement avec Jésus, Pierre a fait de nombreuses erreurs. Indiquez celles dont parlent les textes suivants. Quelles leçons Pierre aurait-il dû en tirer?
Mt 14.22-32
Mt 26.36-46
Mc 14.29-31,66-72
Jn 18.10, 11
Effronté, présomptueux, enclin à la violence, s'effondrant sous la pression, s'endormant quand il aurait dû veiller, Pierre semblait être tout le contraire d'un chrétien humble, doux et fidèle. Et pourtant il est devenu l'un des dirigeants importants de l'Église primitive, un évangéliste et un missionnaire puissant. Quel témoignage de ce que Dieu peut faire dans une vie qui s'abandonne à lui!
Quelles leçons ces récits vous apprennent-ils sur le fait qu'il ne faut pas juger autrui ? Ni même soi-même ?
Lisez Mt 16.13-26
Quel était le thème de cette discussion ? Pourquoi Pierre a-t-il répondu ainsi ? Quelle leçon essentielle Jésus cherchait-il à enseigner à ses disciples ?
Pierre avait déclaré que Jésus était le Messie - ou le Christ - mais il ne comprenait pas bien ce que cela signifiait. La vision que lui-même et les autres disciples avaient du Messie reflétait l'idée couramment admise à l'époque: le Messie serait un descendant de David, il chasserait les Romains et apporterait la justice et la paix.
Pourtant, Jésus enseignait clairement à ses disciples et aux foules que le royaume de Dieu était un royaume spirituel. Ce n'était pas par la force, les épées ou les poignards, mais par l'amour, le pardon et la justice qu'il devait s'établir.
A un moment crucial de son ministère, Jésus a décidé de parler de sa mort à ses disciples: il irait à Jérusalem, serait tué, puis ressusciterait trois jours plus tard.
Pierre a été scandalisé à l'idée que Jésus allait mourir, même si cette mort était au cœur du plan du salut. Il ne pouvait pas se faire à cette idée. Il avait quitté son village natal et son entreprise de pêche pour suivre Jésus. Il avait consacré sa vie à l'aider dans son ministère. La mort du Maître n'avait donc aucune place dans le scénario qu'il s'était imaginé. Jésus allait instaurer son royaume sur la terre et lui, Pierre, jouerait un rôle important dans ce royaume de justice et de paix. Comment un mouvement aussi extraordinaire, qui apportait-la justice et la guérison, pourrait-il se terminer par la mort de son Chef? C'était comme si Pierre n'avait pas entendu ou n'avait pas compris la promesse faite par Jésus de ressusciter au troisième jour.
Voyez dans quelle mesure l'égoïsme de Pierre s'est manifesté ici. Cela explique sans doute les paroles du Christ dans Mt 16.23-26. Relisez ces textes. Dans quels domaines de votre vie pourriez-vous appliquer ces paroles à vous-même ?
Lisez Jn 21.14-19. Que dit Jésus à Pierre ? Pourquoi est-ce surprenant, étant donné le passé du disciple ?
Il est certain que les évangiles; dans leur ensemble, ne dressent pas un portrait particulièrement flatteur de Pier-re. Ils nous le montrent à maintes reprises en train de trébucher, de tomber et de commettre d'énormes erreurs. Cependant, ils se terminent en indiquant clairement quel serait l'avenir du disciple maladroit.
Relisez les textes suivants. Que nous apprennent-ils sur le rôle et l'œuvre de Pierre ?
Ac 2.14-40 ; Ac 3; Ac 5.1-11
"Prends soin de mes agneaux." C'est exactement ce que Pierre sera amené à faire. Redisons-le, quel extraordinaire témoignage de ce que Dieu peut accomplir dans une vie qui lui est consacrée! Pierre le fougueux, Pierre l'impétueux, va désormais jouer un rôle clé dans la constitution de l'Église primitive.
La transformation est époustouflante et les leçons à en retenir suffisamment claires. En s'aban-donnant au Christ, Pierre est devenu son puissant témoin. Malgré ses défauts et ses nombreuses erreurs, le Seigneur a pu quand même l'utiliser pour qu'il témoigne avec efficacité.
Êtes-vous aujourd'hui très différent de l'époque où vous avez commencé à suivre Jésus ? Quels ont été vos progrès ? Quels domaines ont encore besoin d'être améliorés ? Pourquoi, même si les progrès vous semblent bien lents, ne devez-vous jamais renoncer ?
Choisissez un chapitre des épîtres de Pierre. Relisez-le, priez au sujet de ce que vous lisez et essayez d'imagi-ner son auteur. Que vous apprend ce texte concernant le nouveau Pierre ? Quand Jésus a dit à Pierre: "Prends soin de mes agneaux", manifestement le pêcheur découragé qu'il était n'avait aucune idée de ce qui l'attendait, ni du rôle qu'il allait jouer dans l'Église du Seigneur. Or, si dans les Actes nous avons vu Pierre obéir à ce commandement, on peut dire qu'il l'a fait également en écrivant ses deux épîtres: il a ainsi veillé sur les agneaux du Seigneur, non seulement à son époque~ mais durant toute l'histoire de l'Église. D'une certaine manière, chaque fois. que nous lisons l'une de ses lettres, les paroles du Christ à son disciple continuent de s'accomplir.
En un sens, il est difficile d'imaginer que ces mots profonds et éloquents aient été écrits par le Pierre des évangiles, le pêcheur rude et emporté, dont les paroles dépassaient souvent sa pensée ou sa foi. Et pourtant, c'est bien Pierre, mais transformé par la grâce divine en ce que Paul appelait: "une création nouvelle" (2 Co 5.17).
Les paroles de l'apôtre résonnent notamment avec puissance dans 1 P 1.18-21; 2.24, où il insiste sur la mort de Jésus pour le rachat de nos âmes. Le Pierre qui, autrefois, avait décidé que Jésus ne mourrait pas sur la croix, proclame désormais que c'est par la croix que nous avons la rédemption, car c'est sur la croix que Jésus, notre substitut, a porté nos péchés. Remarquez également comment il s'exprime dans 1 P 2.18-23, quand il se fait l'avocat de la non-violence, d'une façon que l'on ne rencontre pas chez le Pierre des évangiles. Le changement est vraiment remarquable. Cela devrait donner à tous de l'espoir, où que nous en soyons dans la transformation de notre caractère.
Revoyez le chapitre que vous avez choisi dans l'une des épîtres de Pierre. Quel en est l'argument principal ? Comment faire vôtre la nourriture que vous donne ce berger ?
À LIRE: Ellen WHITE, Jésus-Christ, " Une nuit sur le lac ", p. 366-372. "Au début, quand il fut choisi pour être disciple, il se croyait fort. De même que le pharisien, il ne se voyait pas "comme de reste des hommes" Lorsque Jésus, avant d'être trahi, eut déclaré à ses disciples: "Vous serez tous scandalisés'; Pierre, sûr de lui, répliqua: "Quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé" (Mc 14.27, 29). Il n'a-vait aucune conscience du danger qu'il courait. Il se laissait abuser par la confiance qu'il avait en ses propres forces. Il se croyait capable de repousser la tentation. Mais au moment de l'épreuve, quelques heures plus tard, il renia son Maître avec imprécations.
"Lorsque le chant du coq vint lui rappeler les paroles du Christ, Pierre, surpris et écœuré de son acte, se tourna et regarda son Maître. Au même moment, Jésus posa sur son disciple un regard où se lisaient à la fois, la tris-tesse, la compassion et l'amour. Se voyant alors tel qu'il était, Pierre s'éloigna et pleura amèrement. Ce regard du Sauveur lui avait brisé le cœur. Pierre était arrivé à un tournant de son expérience religieuse. Il se repentit profondément de son péché. Dans sa contrition, il ressemblait au publicain et, comme ce dernier, il trouva miséricorde. Le regard de Jésus lui donnait la certitude du pardon." - Ellen WHITE, Les paraboles de Jésus", "Deux adorateurs", p. 127,128.
A MEDITER:
Parcourez les épîtres de Pierre et notez en quoi il est différent du Pierre des évangiles. Quel encouragement tirez-vous de vos découvertes?
Il est facile de critiquer Pierre pour son manque de foi au moment où il s'est enfoncé dans l'eau. Mais il a été le seul disciple à avoir le courage de sortir du bateau. N'avez-vous pas besoin parfois, au cours de votre vie chrétienne, de "sortir du bateau"? Commentez. Et qu'en est-il de votre église locale? Ne doit-elle pas le faire, elle aussi?
Ellen White écrivait : "Tout vrai disciple devient un missionnaire, dès son entrée dans le royaume de Dieu." - Jésus-Christ, "Près du puits de Jacob", p. 177.
COUCHERS DU SOLEIL A PARIS
Vendredi 22.08.2008 : 20h 50mn
Samedi 23.08.2008 20h 48mn