Pensée centrale: Ésaïe était un grand prophète du VIII siècle av. J.-c., qui a dénoncé le péché et la corruption, s'est fait le champion de la justice et de l'intégrité, et a prophétisé la venue du Messie. Quels parallèles établir avec nous-mêmes aujourd'hui?
Un aspect essentiel de la mission d'Ésaïe était de réformer Juda, le royaume du sud. Il a dénoncé le péché et la corruption, ainsi que la révolte de la nation contre Dieu. Mais cette mission allait plus loin qu'une simple réforme. Il se projetait à une époque où Juda serait appelé à représenter Dieu devant le monde. Juda ne devait pas garder ses regards tournés vers lui-même; il avait une tâche à accomplir auprès des autres nations. Ésaïe déclarait en parlant de la part de Dieu: "Je te protégerai et je t'établirai pour conclure une alliance avec le peuple, pour être la lumière des nations." (Es 42.6, La Bible du Semeur). Cette vaste perspective d'une œuvre missionnaire touchant le monde entier a été perdue de vue durant les années qui suivirent. Ce n'est qu'avec le ministère de Jésus et celui des apôtres, dans le livre des Actes, que cette vision - l'Évangile annoncé au monde entier - sera réalisée. C'est cette même vision que nous sommes appelés à partager aujourd'hui.
Lisez Es 6.1-6. Qu'arrivait-il à Ésaïe ?
Dieu a transporté Ésaïe en vision jusqu'à la salle du trône céleste, où le prophète le contemple " assis sur un trône très élevé" (Es 6.1).
Dans sa vision, Ésaïe a droit à un spectacle étonnant. Il voit le bas de la robe de Dieu remplir le temple, et des êtres pourvus de six ailes - appelés seraphim - en train de voler. Il les entend s'adresser les uns aux autres en louant Dieu. Leurs voix doivent être sonores, car ils font trembler les chambranles des portes et le temple se remplit de fumée.
Comparez cet épisode de la vie d'Ésaïe avec les expériences vécues par d'autres personnages qui ont vu Dieu. Quelle est leur réaction commune ? Quelle leçon importante pouvons-nous en tirer par rapport à nous-mêmes et à notre relation avec le Créateur ? Ex 20.18, 19 ; Jg 13.22 ; Jb 42.5, 6 ; Ap 1.17.
En réaction à la vision qu'il a eue du "Roi, le SEIGNEUR [...] des Armées", Ésaïe s'est écrié:" Quel malheur pour moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures." (Es 6.5)
Damah, le terme hébreu traduit par "perdu ", signifie "coupé de" ou "terminé". D'autres versions lui donnent le sens de "condamné au silence" (BFC; c'est-à-dire, condamné à périr; voir aussi Ps 49.13, 21; Os 4.6). Ce mot indique que l'expérience est totalement dévastatrice pour Ésaïe. Sa vision lui fait prendre conscience de ce qu'il est, lui, en comparaison de son Créateur.
Pourquoi, en voyant Dieu, Ésaïe a-t-il eu cette réaction ? En quoi cela nous aide-t-il, maintenant, à comprendre pourquoi Jésus est venu en chair nous révéler qui était réellement Dieu ?
La rencontre d'Ésaïe avec Dieu est une situation extraordinaire. Il la décrit comme une expérience qui touche tous ses sens: il voit les séraphins aux six ailes et le Seigneur sur son trône; il entend les voix de tonnerre des séraphins; il sent l'odeur de la fumée dans le temple, il sent et goûte le charbon ardent que l'ange pose sur ses lèvres (Es 6.1-6).
Comme nous l'avons étudié dans la leçon d'hier, après avoir vu Dieu, Ésaïe est envahi par le sentiment de sa propre indignité. Et effectivement, dans Es 6.5, les paroles qu'il prononce sont une confession de son péché et celui de son peuple.
Pourquoi l'accent est-il mis sur le fait d'avoir des " lèvres impures " ? Le péché d'Esaïe et de son peuple réside-t-il seulement dans leurs paroles ? De quoi est-ce le symbole ?
Voir aussi Pr 13.3 ; Mt 12.37 ; Lc 6.45.
Dès qu'Ésaïe s'est confessé, un séraphin prend une braise sur l'autel céleste, vole vers lui et lui touche les lèvres avec.
Lisez Es 6.6, 7. Que se passe-t-il ici ? Que symbolise cet acte ? Quel message en retirer ?
Quand Ésaïe entend l'appel de Dieu, il dit aussitôt: "Je suis là, envoie-moi!" (Es 6.8) Notez qu'il répond avant même de connaître les détails de la mission. Voir aussi He 11.8.
Ésaïe ne répond pas à cet appel parce qu'il pense avoir les dons et talents nécessaires, ou parce qu'il sait qu'il s'en sortira bien. Ce n'est pas non plus parce que la tâche lui plaît (il ne sait même pas de quoi il s'agit). Ésaïe répond parce qu'il sait que s'il est indigne, Dieu, lui, est saint. S'il est impuissant, Dieu, lui, est tout-puissant. Même si ce n'est pas une mission qu'il aurait choisie lui-même, c'est une mission choisie par Dieu.
Lisez le grand mandat évangélique - sans doute le plus important des Écritures -qui nous envoie vers toutes les nations (Mt 28.18-20). Étudiez attentivement la première partie. Pourquoi est-ce un aspect important que nous ne devions pas ignorer ?
"Allez donc dans le monde entier" (Mt 28.19, la Bible du Semeur). Ce " donc " est fondamental. La seule raison pour laquelle nous pouvons aller vers toutes les nations et les enseigner, c'est que nous le faisons avec la puissance de Celui qui a toute autorité dans le ciel et sur la terre. Si nous ne comptions que sur nos forces, nous n'irions pas. Si nous dépendions seulement de nos talents, nous ne pourrions pas le faire. Notre mission est animée du "feu" que nous communique Jésus, à qui appartient " toute autorité " ou " les pleins pouvoirs " (La Bible du Semeur) dans l'univers. Voir Ac 17.28; He 1.2; Col 1.16.
Si nous le désirons, Dieu nous accorde la puissance dont nous avons besoin pour accomplir la mission qu'il nous confie. Il a purifié les lèvres impures d'Ésaïe (Es 6.7); il a communiqué à Marie le Saint-Esprit et la "puissance du Très-Haut" (Lc 1.35); Jésus a prié pour Pierre (Lc 22.32); il a oint Saul du Saint-Esprit (Ac 9.17, 18); il a mis ses paroles dans la bouche de Jérémie (Jr 1.9). Devons-nous nous attendre à moins, notamment en cette période cruciale de l'histoire terrestre?
Qu'est-ce qui nous retient d'en faire davantage pour Dieu ? Quels changements devons-nous opérer ? Comment apprendre à nous appuyer sur la puissance du Seigneur plutôt que sur nos propres dons, quels qu'ils soient ?
Lisez le mandat que Dieu a confié à Ésaïe (Es 6.9, 10). Comment comprendre ce qu'il lui annonçait ici?
La plupart des traductions bibliques donnent l'impression que Dieu avait pour but délibéré d'obscurcir le cœur et l'esprit du peuple. Pourtant, si vous lisez ces textes attentivement, vous y trouverez un rien de sarcasme et d'ironie. Pourquoi Dieu - qui, par ailleurs, plaidait constamment avec son peuple pour qu'il l'écoute, le comprenne, lui ouvre son cœur, le connaisse, regarde à lui, retourne à lui et se laisse guérir par lui - ferait-il une telle déclaration, s'il ne voulait pas dire autre chose?
Lisez les textes suivants. Comment les comprendre à la lumière de ceux que nous venons de voir?
Dt 30.6
Pr 2.S
Jr 3.22
Jr 4.1
Du début à la fin, la Bible montre Dieu exhortant son peuple. Pourtant, nous le savons bien, beaucoup n'ont pas écouté. Il semble donc qu'ici Dieu décrit simplement la façon dont le peuple réagira aux paroles d'Ésaïe. Il ne dit pas ce qu'il souhaite voir arriver ou ce qu'il suscitera. Il sait seulement qu'en rejetant constamment les avertissements d'Ésaïe, le cœur des Israélites se durcira.
Qu'en est-il aujourd'hui ? Sommes-nous très différents des gens de l'époque d'Ésaïe? Et même si nous ne pouvons peut-être pas faire grand chose pour les autres, comment nous assurer à titre individuel que nous ne tomberons pas dans le même piège spirituel que les Israélites décrits dans Ésaïe?
La mission d'Ésaïe allait beaucoup plus loin que la seule réforme de Juda. Il a aussi prophétisé sur Jérusalem brillant comme une lumière sur une colline et témoignant, auprès de toutes les nations, du seul vrai Dieu et de ses commandements: "La montagne de la maison du SEIGNEUR sera établie au sommet des montagnes; [...] et toutes les nations y afflueront. " (Es 2.2)
Comment nous-mêmes, adventistes, comprenons nous le rôle que nous avons à jouer dans 1'évangélisation du monde ? Voir Ap 14.6.
Lisez Es 42.6, 7. A quel rôle Dieu appelait-il Juda ? N'est-ce pas aussi le nôtre aujourd'hui? Expliquez.
Lisez Es 49.6. En quoi sommes-nous concernés en tant qu'adventistes du septième jour?
C'est seulement vers la fin des années 1860 que l'Église adventiste du septième jour a compris qu'elle avait une œuvre missionnaire à effectuer à l'étranger. Les premiers adventistes avaient supposé que le mandat évangélique - "faites de toutes les nations" - concernait les différentes populations d'Amérique du Nord, la société américaine étant, en effet, multiculturelle. Les premiers adventistes croyaient ainsi évangéliser là, chez eux, toutes les nations, tribus, langues et peuples du monde. Selon Arthur Spalding, pour l'Église adventiste à ses débuts, imaginer que son œuvre missionnaire ne concernait que l'Amérique du Nord était une forme de "rationalisation très confortable ". - Arthur WHITEFIELD Spalding, Origin and History of Seventh-day Adventists, Washington D.C., Review and Herald Publishing Association, 1962, vol. 2, p. 193.
Mais la jeune Église n'a pas tardé à réaliser que sa vision était trop limitée. Elle s'est lancée et a commencé à implanter des églises en Asie, en Afrique, en Europe, dans le Pacifique et dans le monde entier, œuvre à laquelle chacun de nous peut participer d'une manière ou d'une autre.
Comment Nous-mêmes ou encore votre église locale, pourriez-vous davantage vous impliquer dans' l'évangélisation, "pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre " (Ac 13.47) ?
À LIRE: Ellen WHITE, Prophètes et rois, "L'appel d'Ésaïe", p. 231-236.
" Savoir que Dieu réaliserait pleinement ses desseins redonna du courage à Ésaïe. Quelle importance si des puissances terrestres se rassemblaient contre Juda! Quelle importance si le messager du Seigneur ne rencontrait qu'opposition et résistance! Ésaïe avait vu le Roi, le Seigneur des armées; il avait entendu le chant des séraphins: " Toute la terre est remplie de sa gloire!" (Es 6.3) ; il avait reçu la promesse que les messages de Jéhovah à Juda la récidiviste seraient accompagnés de la puissance de conviction du Saint-Esprit; le prophète se sentait armé de courage pour l'œuvre qui l'attendait. Tout au long de sa mission longue et ardue, jamais il ne perdit le souvenir de cette vision. Pendant soixante ans ou plus, il se dressa devant les enfants de Juda comme un prophète d'espérance, prophétisant avec de plus en plus de hardiesse le triomphe futur de l'Église." Ellen WHITE, dans Advent Review and Sabbath Herald, 11 mars 1915, "L'appel d'Ésaïe".
"Le prophète Ésaïe exhorta Juda à contempler le Dieu vivant, et à accepter ses offres gratuites. Il ne parla pas en vain: d'aucuns y prêtèrent une profonde attention, et abandonnèrent leurs idoles pour adorer le vrai Dieu. Ils apprirent à discerner dans leur Créateur l'amour, la miséricorde, la compassion. Aux jours douloureux qui assombrirent l'histoire de Juda et ne laissèrent qu'un reste dans le pays, les paroles du prophète devaient continuer à favoriser une réforme décisive. "En ce jour, avait déclaré Ésaïe, l'homme regardera vers son créateur, et ses yeux se tourneront vers le Saint d'Israël" (Es 17.7)" - Ellen WHITE, Prophètes et rois, " Voici votre Dieu ", p. 242.
A MEDITER:
Pourquoi un prophète n'est-il jamais populaire? Imaginez qu'Ésaïe revienne à la vie et qu'il adresse ses prophéties à l'Église adventiste. Qu'aurait-il à dire, à votre avis? Son message serait-il différent? Et qu'en est-il de notre attitude vis-à-vis d'Ellen White? Peut-être que beaucoup d'entre nous réagissent envers elle comme la plupart des Israélites réagissaient envers leurs prophètes? Discutez-en.
Quel est exactement notre rôle au sein de l'œuvre missionnaire mondiale de l'Église adventiste du septième jour? Comment trouver l'équilibre entre nos besoins locaux.
COUCHERS DU SOLEIL A PARIS
Vendredi 26.09.2008 : 19h 38mn
Samedi 27.09.2008 : 19h 36mn