Questions clefs:
Gn 20.7 est le premier texte de la Bible où apparait le mot prophète (en hébreu, nabi'). Dans quel contexte a-t-il été utilisé? D'après Ce contexte, qu'est-ce qu'un prophète et comment fonctionne-t-il?
Dans le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible), le mot prophète désigne la personne qui reçoit une révélation divine. A l'époque des juges, c'est le mot voyant (en hébreu, ro' eh) qui semble avoir été en usage (1S 9.9, 11, 18, 19). Par la suite, on est revenu à l'utilisation du premier terme.
Non seulement les prophètes étaient les porte-parole de Dieu, mais ils jouaient aussi parfois le rôle d'intercesseurs entre Dieu et le peuple. Dans Gn 20, par exemple, Abraham a été un intermédiaire entre Dieu et Abimélek - il a prié pour lui.
Abraham est un personnage très important dans l'Ancien Testament. Par trois fois, il est appelé l'ami de Dieu (2 Ch 20.7; Es 41.8; Jc 2.23). Lorsqu'il a eu quatre-vingt-dix-neuf ans, Dieu lui a dit " Je te rendrai extrêmement fécond, je ferai de toi des nations, et des rois sortiront de toi " (Gn 17.6), promesse qui, à vue humaine, semblait irréalisable. Mais parce qu'Abraham a cru en Dieu, en dépit de tout ce que sa raison pouvait lui suggérer, il est devenu " le père de tous Ceux qui croient " (Rm 4.11).
Toutefois, quand on sait qu'il a accepté de sacrifier son fils pour obéir à l'ordre divin (Gn 22), on a peine à croire qu'il ait pu mentir à Abimélek à propos de Sara (Gn 20.2). Et pourtant, cette situation est on ne peut plus courante. " Comme dans l'eau le visage correspond an visage, ainsi le cœur de l'homme correspond à l'homme. " (Pr 27.19) Pour expliquer la conduite déplorable du " père de tous ceux qui croient ", il suffit de se souvenir que l'ancienne nature du croyant saisit toutes les occasions de se manifester, et de penser aux nombreuses rechutes des enfants de Dieu au cours des siècles, ainsi qua la façon dont nous-mêmes, malheureusement, nous nous éloignons parfois du chemin de la justice.
Abraham était profondément humain : il traversait tantôt des moments de grande foi, tantôt des moments de grande défaillance, Quel fidèle du Dieu d'Abraham ne se reconnaitrait pas en lui?
N'est-il pas encourageant de constater que, malgré les erreurs et le manque de foi d'Abraham, Dieu s'est servi de lui, et même avec puissance? Comment faire pour que nos défaillances ne nous empêchent pas de persévérer dans la foi?
Moise est le premier homme de la nation d'Israël à être appelé prophète. A l'occasion de sa mort, la Bible déclare même " Il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moise, que le Seigneur connaissait face à face " (Dt 34.10,). Si Abraham a été le père de la nation israélite, Moise, lui, a été le premier prophète de l'histoire d'Israël - un modèle pour tous les prophètes qui ont suivi.
D'après les textes suivants, que savons-nous sur la personnalité et le caractère de Moise? Ex 4.10; 32.11-13,32; Nb 12.3; 20.10-12; He 11.24-26.
Certains de ses traits de caractère ne nous aident-ils pas à comprendre pourquoi le rôle de prophète lui correspondait si bien? Commentez.
Grace à l'éducation qu'il avait reçue en Egypte, à sa foi profonde en Dieu et à l'expérience personnelle qu'il avait vécue avec le Tout-Puissant lors de l'Épisode du buisson ardent (Ex 3), Moise était bien préparé à prendre la direction du peuple d'Israël. A cause du manque de foi dont Israël faisait constamment preuve, il ne cessait d'intercéder pour lui auprès de Dieu (Ex 32.11-13; Nb 14.13-19; 16.46-50) tout en exhortant les Israelites à demeurer fidèles.
Après l'épisode du veau for au mont Sinaï (Ex 32), Moise a passé quarante jours avec Dieu sur la montagne. Quand il en est redescendu, son visage était lumineux (Ex 34.28-35). Il n'y avait rien d'étonnant à cela ce rayonnement était simplement le reflet de la gloire divine (2 Co 3.7), que Moise avait eu le privilège exceptionnel de contempler. Mais ce n'était pas la seule raison: la rébellion de l'épisode du veau d'or n'ayant pas été dirigée seulement contre Dieu, mais aussi contre Moise, cette preuve de sa communion avec le Seigneur a contribué à lui faire retrouver la place de dirigeant qui lui revenait de plein droit. Quand le peuple a compris d'où il venait, Il a cessé de lui contester son rôle de dirigeant et d'intercesseur.
Quiconque est rempli de l'Esprit de Dieu reflète dune manière on d'une autre son caractère glorieux. Ceux qui vivent tout près de Dieu exercent une influence puissante sur la vie d'autrui, même s'ils n'en ont pas conscience.
Qu'est-ce qui caractérise la personne qui entretient une relation étroite ave le Seigneur? Comment cette intimité se révèle-t-elle dans sa vie? Quels traits de caractère manifeste-t-elle? Comment pouvez-vous apprendre à cheminer plus étroitement avec le Seigneur? Qu'est-ce qui, dans votre vie, vous en empêche?
Avant de mourir, Moise a fait cette déclaration aux Israelites : " Le SEIGNEUR, ton Dieu, suscitera pour toi, de ton propre sein, d'entre tes frères un prophète comme moi : vous l'écouterez " (Dt 18.15) Le contexte indique que cette prophétie a eu son accomplissement immédiat durant les années qui ont suivi la mort de Moise (Dt 18; 34.9, 10; Os 12.11), puis sa réalisation partielle de Josué à Malachie. Mais, en réalité, seul le Christ correspond pleinement à ce que dit la prophétie de Moise. Voir Jn 121; 6.14; 7,40. Il était un second Moise, venu non pour délivrer son peuple de la domination des puissances terrestres, mais pour le délivrer de la puissance du péché.
Les écrits des prophètes de l'Ancien Testament, d'Esaïe à Malachie, sont bien connus, mais il y a en beaucoup d'autres prophètes dans l'histoire d'Israël, Samuel a vécu pendant la période des juges (1 S 3.20,), puis Gad et Nathan ont poursuivi son œuvre (2 S 12.1; 24.13,). Après la division du royaume en 931 av. J-C., Ahiya (1 R 11.29), Elie (1 R 18.1) et Elisée (2 R 2.9-14) ont eux aussi exercé un ministère prophétique auprès du peuple de Dieu.
Ces prophètes étaient issus de tous les milieux sociaux Jérémie et Ezéchiel étaient prêtres, Esaïe et Sophonie étaient de sang royal, Daniel était Premier ministre à Babylone, Samuel était juge, Elisée était fermier et Amos berger. Mais, indépendamment de leurs origines, ils ont tous été des messagers de Dieu, qui cherchait, par leur intermédiaire, à empêcher Israël de tomber dans l'apostasie. Certains de ces prophètes ont écrit des livres (1 Ch 29.29; 2 Ch 9.29), d'autres non (1R 17.1; 2 R 2.15,). Certains ont conseillé des rois (Jr 38.14), d'autres ont prêché au peuple (Ez 3,17). Enfin, après quatre siècles de silence est apparu Jean-Baptiste, le denier prophète de l'ancienne alliance (Mt 3.1).
Ainsi, tout an long des saintes Ecritures, le Seigneur s'adresse à son peuple par l'intermédiaire de ses serviteurs les prophètes. La Bible elle-même est tout entière l'œuvre de ces prophètes qui ont délivré les messages confiés par Dieu. Quels qu'aient été leurs origines, leur éducation et leurs divers tempéraments, ou certains de leurs défauts de caractère (Jésus excepté, bien sûr), ces hommes de chair et de sang comme nous ont été choisis par le Seigneur pour proclamer ses messages, des messages qui sont toujours annoncés aujourd'hui dans presque tous les pays du monde, et qui le seront jusqu'à la fin des temps.
De quel prophète vous sentez-vous le plus proche? Lequel vous semble s'exprimer le plus clairement et pourquoi? Qu'avez-vous retenu de sa vie et de son message? Comment pouvez-vous appliquer dans votre vie ce qu'ils vous ont appris et faire ainsi des progrès?
Les Ecritures mentionnent un certain nombre de prophétesses. D'après les textes suivants, qui étaient-elles et quel rôle out-elles joué dans I' histoire d'Israël? Ex 15.20, 21; Jg 4.4-10; 2 R 22.11-20.
Miriam, la sœur de Moise, est appelée prophétesse. C'est elle qui a dirigé le chœur des femmes lorsque les enfants d'Israël ont chanté le cantique de Moise. Cf Ex 15.1 et 15.21. Ce dernier avait été choisi par Dieu pour diriger Israël, mais il avait l'habitude de s'adresser en priorité aux hommes, considérés comme les chefs de famille, tandis que les femmes étaient probablement confiées à Miriam. Elle était, semble-t-il, plus âgée que Moise de quelques années (Ex 2.1-8) et, si l'on en croit l'historien Josèphe, mariée à Hur, celui qui, avec Aaron, avait soutenu les bras de Moise lors du combat contre les Amalécites - Antiquités, III, p. 98.
Le fait que tout Israël ait été obligé d'attendre, pour partir, que Dieu l'ait guérie de la lèpre - contractée à la suite de ses murmures contre son frère Moise et sa femme (Nb 12.1-15) - montre bien que c'était quelqu'un d'important en Israël.
Débora (Jg 5) devait être, elle aussi, une femme extraordinaire. Dans une société dominée par les hommes, elle a assumé un rôle de dirigeant politique et spirituel, poste auquel, à cette époque, peu de femmes parvenaient. D'une grande spiritualité elle a attribué à Dieu seul la victoire sur les Cananéens (Jg 5.3-5,13, Darby,) et elle l'a loué pour cela, sans s'accorder, ni à Baraq non plus, la moindre gloire pour cette victoire.
" Mère en Israël " (5.7), elle veillait sur le people avec un soin maternel, le conseillait et l'aidait tout en rendant la justice.
Lisez Jg 4.1-8. Qu'est-ce qui, dans ces versets, montre que cette femme était tenue en grande estime en Israël? Expliquez.
Houlda était une autre prophétesse en Israël 2 R 22.14-20; 2 Ch 34. 20-28). Quand le roi Josias l'a interrogée sur la volonté de Dieu, elle lui a prophétisé que Jérusalem et ses habitants seraient jugés et livres au désastre, mais pas de son vivant. Ses yeux ne verraient pas tous des malheurs, parce qu'il s'était humilié devant le Seigneur. Il est intéressant de noter que le roi a consulté Houlda, alors qu'à I' époque, il y avait aussi Jérémie et Sophonie comme prophètes.
La période prophétique de l'Ancien Testament s'est achevée environ quatre cents ans avant la naissance du Christ. Entre-temps, beaucoup de livres ont été écrits par des juifs, mais aucun n'a reçu le statut de livre inspiré.
La venue du Christ a marqué le début d'une nouvelle période, au cours de laquelle Dieu a de nouveau appelé des personnes à être ses porte-parole. Citez certains de ces prophètes du Nouveau Testament. Qu'est-ce qui les différenciait des apôtres? Lc 1,67; in 1.6, 7; Ac 11.27, 28; 13.1;Ap 1.1-3.
Dans le grec du Nouveau Testament, le mot apôtre désignait des personnes jouant le rôle d'ambassadeur, d'envoyé ou de délégué. L'historien Josèphe, par exemple, utilisait ce terme pour designer les ambassadeurs que les Juifs envoyaient à Rome pour les représenter. - Antiquités, xvii, p. II. Le mot apôtre prend, dans le Nouveau Testament, à la fois le sens de missionnaire et de représentant. C'est le terme utilisé quand Jésus envoie ses disciples en mission d'évangélisation (Mt 10.2-6). Les apôtres ont reçu du Seigneur ressuscité une autorité particulière. Contrairement à tous les prophètes qui les ont précédés, ils ont assisté à sa mort et à sa résurrection. Certains d'entre eux, comme Jean et Paul, étaient aussi des prophètes, mais tous les apôtres ne l'étaient pas. D'après Ep 2.20, ce sont à la fois les apôtres et les prophètes qui ont permis l'interprétation fondamentale de ce que Dieu avait réalisé en Christ pour l'humanité.
Lisez Mt 11.11. Pourquoi Jean-Baptiste était-il plus grand que tous les prophètes de l'Ancien Testament? Qu'a voulu dire Jésus en déclarant: " Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui "?
Jean-Baptiste a été le plus grand des prophètes parce qu'il a eu le privilège d'annoncer l'arrivée du Christ, dont avaient parlé tous les autres avant lui. Voir Lc 24.27; Jn 5.39, 46. Comme Abraham, tous les prophètes de l'Ancien Testament ont soupiré après le jour de la venue du Messie (1 P 1.10, 11), mais Jean-Baptiste, lui, l'a vu en chair, C'est pourquoi, d'une certaine manière, la fonction de prophète a atteint son apogée en lui. Cependant. Jean-Baptiste se trouvait seulement sur le seuil du royaume de grâce, n'y plongeant que le regard alors que le moindre des fidèles de Jésus peut aujourd'hui se retourner et se réjouir en constatant que toutes les prophéties messianiques se sont réalisées en Christ.
Méditez sur certaines des prophéties de l' Ancien Testament annonçant que Jésus serait le Messie. Expliquez en quoi votre foi s'en trouve fortifiée.
A LIRE :
Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, " Le sacrifice d'Isaac ", p. 125-134; " Moise ", p. 219-232.
" Durant son séjour en Egypte, Abram montra qu'il n'était pas exempt de faiblesses et d'imperfections humaines. En craignant d'avouer que Sara est sa femme, il révèle un manque de confiance en Dieu. Il subit une éclipse de la foi sereine et du noble courage qui apparaissent si souvent dans sa vie. " - Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, " L'appel d'Abraham ", p. 108.
" Moise savait quelle récompense finale attendait les serviteurs de Dieu humbles et obéissants et, par rapport à elle, les bienfaits du monde perdaient pour lui tout leur attrait. Le magnifique palais du pharaon et le trône du monarque offraient de nombreux avantages à Moise; mais il savait que des parvis royaux étaient remplis de plaisirs coupables faisant oublier Dieu aux hommes. Il apercevait, au-delà du merveilleux palais, au-delà de la couronne royale, les grands honneurs qui seraient accordés aux saints du Très-Haut dans un royaume non souillé par le péché. II voyait, par la foi, la couronne impérissable que le Roi du ciel placerait sur la tête du vainqueur. " - Ellen WHITE, Conflit and courage. p. 81.
La gloire " qui illuminait le visage du prophète [...] symbolisait également les bienfaits réservés, par la médiation de Jésus-Christ, aux enfants de Dieu qui gardent ses commandements, Elle nous enseigne que plus notre communion avec Dieu est intime, plus claire aussi est notre intelligence de ses ordonnances, et plus nous sommes rendus conformes à son image et participants de sa nature. " - Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, " L'idolâtrie au Sinaï ", p. 302, 303.
A MEDITER :