Questions clefs:
La notion de " reste " apparait pour la première fois à propos de Noé et de sa famille (Gn 7.23), puis on la retrouve au cours de l'histoire d'Israël. L'apôtre Paul mentionne, lui aussi, un " reste ", composé à son époque de Juifs ayant accepté Jésus et qui est devenu, par la suite, le noyau de l'Église chrétienne primitive. Dans le livre de l'Apocalypse, il est parle du reste de l'Église de Thyatire (AP 2.24) et de Sardes (AP 3.4), mais également d'un reste évoqué plus particulièrement au chapitre 12 et qui fera l'objet de notre étude de cette semaine.
Le reste fidèle de Dieu n'a pas toujours été visible. En effet, Dieu a eu de tout temps des fidèles dans les différentes religions, d'où l'appel: " Sortez du milieu d'elle [Babylone], mon peuple (Ap 18.4), mais l'Apocalypse donne une description particulière de ceux qui appartiennent au reste fidèle à Dieu dans les derniers temps.
* Etudiez le texte de cette semaine pour le sabbat 24 janvier.
Lisez AP 12.1-6. Que se passe-t-il ici ?
Le texte d'AP 12 présente le grand conflit cosmique entre le Christ et Satan sous une forme symbolique, et il décrit son déroulement depuis l'époque du Christ jusqu'aux temps de la fin. Au verset 1er, Jean a une vision éblouissante - une femme enceinte " vêtue du soleil, qui avait la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête. " Cette apparition est pour lui comme " un grand signe ", Ce qui veut dire que cette femme n'est pas seulement une femme : elle symbolise l'Église ou le peuple fidèle de Dieu. Voir Es 54, 5,6; 2 Co 11.2. Son aspect rayonnant fait penser à Jésus, le Soleil de justice (MI 3.20 ; AP 1.16).
D'après AP 12.6, pour échapper au dragon, la femme fuit au désert, où Dieu prend soin d'elle pendant mille deux cent soixante jours. De quoi est-il question ici, et que symbolisent les mille deux cent soixante jours? Dn 7.25;AP 12.14 ; 13.5.
Jusqu'au XIX siècle, la plupart de ceux qui étudiaient la prophétie utilisaient le principe d' "un jour égal un an ". C'est pourquoi ils pensaient que les mille deux cent soixante jours se référaient à la période de persécution de l'Église à partir du Moyen Age et durant une période de mille deux cent soixante ans.
Non sans raison, car, premièrement, si les symboles qui apparaissent dans tout ce passage ne devaient pas être pris dans leur sens littéral, pourquoi l'élément temps devrait-il l'être?
Deuxièmement, les diverses expressions utilisées dans Daniel et l'Apocalypse pour traduire la durée " un temps, des temps et la moitié d'un temps " (Dn 7.25; 12.7; AP, 12,14), " quarante-deux mois " (AP 11.2; 13.5) et " mille deux cent soixante jours " (AP 11.3; 12.6,) - ne correspondent pas à la façon habituelle d'exprimer une durée littérale de trois ans et demi. Voir Lc 4.25; Jc 5.17. Pour ces raisons, et d'autres encore, les adventistes du septième jour croient, contrairement à la plupart des chrétiens actuellement - qui situent, eux, la période de persécution entre 168 et 165 avant Jésus-Christ, c'est- à -dire à l'époque où Antiochus Epiphane, monarque syrien, a mis fin, pendant environ trois ans aux sacrifices du temple de Jérusalem - que les mille deux cent soixante jours équivalent à mille deux cent soixante ans et font référence à la période de suprématie papale, depuis le VIe siècle jusqu'à la fin du XVIIe.
Quels symboles sont couramment utilisés clans votre société ou dans votre culture? Dans quel but? Quel est leur avantage (et leur désavantage)? Faites-vous usage de symboles dans votre vie quotidienne?
Au milieu du récit arrive la parenthèse d'AP 12.7-12, qui évoque la révolte de Satan au ciel et son bannissement sur la terre. Le texte nous donne un aperçu des origines du grand conflit qui a bouleversé l'univers. Les allées et retours entre le ciel et la terre montrent à quel point ce qui se passe dans l'un a un profond impact sur ce qui se passe dans l'autre. Nous sommes réellement au cœur d'un combat cosmique!
Le texte d'AP 12.13-17, reprenant le récit interrompu an verset 6, décrit en termes symboliques la persécution de l'Église chrétienne, d'abord par l'Empire romain, puis par l'Église romaine apostate. Que représentent les symboles utilisés ici?
Dans ces versets, on voit " de l'eau, comme un fleuve ", symbole des armées persécutrices envoyées contre le peuple de Dieu (Jr 46.7-8; 47.2; Dn 9.26). De son côté, AP 12.16 évoque une terre qui porte secours à l'Église persécutée. C'est en 1620, en effet, que les " Pères pèlerins ", fuyant la persécution en Europe, sont arrivés sur le continent américain. Sur cette terre découverte récemment, ils ont trouvé un refuge où les troupes des puissances européennes ne pouvaient les atteindre. Ainsi, de façon symbolique, ce continent nouveau a " englouti " les armées persécutrices.
AP 12.17 évoque la période qui suit les mille deux cent soixante jours (qui se sont terminés à la fin d XVIIIe siècle). Satan, voyant qu'il ne réussit pas à anéantir le people fidèle de Dieu, s'en prend à un petit groupe particulier, le " reste de sa descendance " ou " résidu de la semence de la femme " (Darby).
Lisez attentivement AP 12.17. Quelle est la première caractéristique de ce reste particulier? Expliquez en quoi les textes suivants nous aident à comprendre ce que sont " les commandements de Dieu?" Mt 24.20; Rm 3.31; Ep 6. 1; Jc 2.9-11; 1 Jn 3.4.
Dieu n'aurait pas pu s'exprimer avec plus de simplicité! Ce " reste " de la fin des temps se distinguera, avant tout, par le fait qu'il gardera ses commandements - tous ses commandements, et notamment le sabbat du septième jour.
Êtes-vous convaincu que Dieu nous a appelés à garder ses commandements? Comment pouvez-vous en être certain? Comment répondez-vous aux arguments généralement avancés contre l'observation des comman-dements, en particulier contre celui du sabbat?
La seconde caractéristique de l'Église du reste, c'est qu'elle porte " le témoignage de Jésus " (marturia lesou) une expression mentionnée six fois dans le livre de l'Apocalypse (AP 1.2, 9; 12.17; 19.10; 20.4).
Que signifie " le témoignage de Jésus " dans les textes suivants? AP 1.2, 9; 19,10; 20,4.
Grammaticalement, cette expression peut avoir deux interprétations possibles : soit " le témoignage que les hommes rendent au Christ ", soit " la révélation que Jésus fait de lui-même " - son propre témoignage.
L'étude du mot témoignage dans les écrits de Jean montre que, chaque fois que ce terme apparaît dans une construction grammaticale identique à celle qui figure dans l'Apocalypse, il se réfère toujours au témoignage de Jésus sur lui-même (Jn 1.19; 3.11, 32,33; 5.31). En revanche, la notion de témoignage au sujet de quelqu'un est systématiquement exprimée par une autre construction grammaticale.
Dans le livre de l'Apocalypse, l'expression " témoignage de Jésus " doit donc être comprise comme étant " le témoignage que Jésus rend de lui-même ", et non celui que le reste rendrait de lui. C'est ce qui ressort de l'analyse des textes mêmes de l'Apocalypse. Ainsi, dans Ap 1.2. Jean " a témoigné " de " la parole de Dieu " et du " témoignage de Jésus-Christ ". Ici, " la parole de Dieu " fait référence à ce que Dieu dit, tandis que " le témoignage de Jésus-Christ mis en parallèle est simplement ce que Jésus dit, c'est-à-dire le témoignage qu'il rend sur lui-même.
Il en est de même pour AP 1.9. Dans ce passage, Jean se présente et nous indique les sources de son autorité; il dit aussi qu'il se trouve sur l'île de Patmos à cause de " la parole de Dieu ", et du " témoignage de Jésus ". Le parallélisme entre ces deux expressions est là encore évident. Si l'on suit le principe de l'interprétation des Écritures par les Écritures, tous les textes du livre de l'Apocalypse où apparait l'expression " témoignage de Jésus ", se rapportent invariablement au témoignage que Jésus porte sur lui-même.
Comment Jésus s'est-il révélé à vous? Aimeriez-vous le connaitre davantage? Quelle est l'unique façon d'y parvenir?
Il est dit dans AP 19.10; " Car c'est le témoignage de Jésus qui est l'esprit de la prophétie. " Or, Ce verset est le seul de toute l'Écriture où les termes " esprit de prophétie " apparaissent. Que signifie cette expression? 1 Co 12.8-10,28; Ep 4.11.
Le parallèle le plus direct qui puisse être établi, dans la Bible, avec l'expression " esprit de prophétie " se trouve dans 1 Co 12.8-10, où Paul évoque le rôle du Saint-Esprit : celui-ci accorde, entre autres dons (charismata), le don de prophétie, et la personne qui le reçoit est appelée " prophète ".
Par ailleurs, de même que dans 1 Co 12.28 ceux qui ont " le don de prophétie " (verset 10 du même chapitre, Second révisée à la Colombe) sont appelés " prophètes ", de même, dans AP 22.8- 9, ceux qui ont " l'esprit de la prophétie " (AP 19.10) sont appelés " prophètes " :
" Je tombai à ses pieds pour me prosterner devant lui, mais il me dit garde-toi de faire cela Je ne suis que ton compagnon d'esclavage et celui de tes frères qui portent le témoignage de Jésus. Prosterne-toi devant Dieu! Car c'est le témoignage de Jésus qui est l'esprit de la prophétie. " (AP 19.10) " Je suis tombé aux pieds de l'ange […] pour me prosterner devant lui. Mais Il me dit Garde-toi de faire cela! Je ne suis que ton compagnon d'esclavage et celui de tes frères, les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Prosterne-toi devant Dieu " (AP 22.8-9)
Dans ces deux passages, la situation est la même Jean tombe aux pieds de l'ange pour l'adorer, et l'ange, en l'arrêtant, utilise des mots presque identiques. Pourtant, la différence entre les deux réponses est très importante. Dans AP 19.10, les " frères " sont identifiés par le membre de phrase " qui portent le témoignage de Jésus ", tandis que dans AP 22.9 les " frères " sont simplement appelés " prophètes ".
Si l'on sen tient au principe d'interprétation de l'Écriture par l'Écriture, cette comparaison nous conduit à la conclusion suivante : " l'esprit de la prophétie " d'AP 19.10 est le don de prophétie qui est accordé, non aux membres d'église dans leur ensemble, mais seulement à ceux qui ont été appelés par Dieu à jouer le rôle de prophètes.
Ce n'est pas là une interprétation purement adventiste. Le luthérien Hermann Strathmann dit, au sujet des " frères qui portent le témoignage de Jésus " (AP 19.10) : " D'après le parallèle que l'on trouve dans AP 22.9; les frères ne désignent pas les croyants en général, mais les prophètes […] S'ils ont le marturia lesou [le témoignage de Jésus], ils ont l'esprit de la prophétie, c'est-à-dire que ce sont des prophètes. " - Theological Dictionary of the New Testament, vol. 4, p. 501.
A partir de cette étude, nous pouvons comprendre que, dans AP 12.17, le reste de sa descendance fait référence à l'Église restante de Dieu, bien visible, que l'on peut reconnaitre à deux caractéristiques précises:
1) ses membres " gardent les commandements de Dieu " ceux que Dieu a donnés sur le mont Sinaï, y compris le commandement du sabbat;
2) ils " portent le témoignage de Jésus ", c'est-à-dire l'esprit de la prophétie ou don prophétique.
Le mouvement adventiste observateur du sabbat, bien avant qu'il ne s'organise en 1863, a toujours revendiqué ces signes d'identification, Nous gardons les dix commandements, y compris le sabbat du septième jour et nous croyons qu'en tant qu'Église, nous avons le témoignage de Jésus, c'est-à-dire que Dieu s'est manifesté dans la vie et l'œuvre d'Ellen G. White.
Ainsi, l'Église adventiste du septième jour n'est pas simplement une Église parmi d'autres. Elle a été annoncée par la prophétie. Dieu l'a appelée à l'existence dans un but précis la proclamation des messages des trois anges à un monde qui est en train de mourir.
Lisez AP 14.6-12. Ce qui se passe ici nous aide à identifier certaines des caractéristiques du peuple de Dieu de la fin des temps. Précisez. Quels éléments entrent en jeu? Pourquoi avons-nous raison de reconnaitre dans ce texte notre Église et l'appel que nous avons reçu de Dieu?
En tant qu'adventistes du septième jour, nous avons la conviction que nous appartenons à l'Église du reste, Cependant, le fait de nous identifier à l'Église du reste ne nous autorise pas à penser que nous avons un statut privilégié devant Dieu. On peut faire partie du reste et être perdu en tant qu'individu. Le salut n'est aucunement garanti par l'appartenance à une Église quelle qu'elle soit. Nous sommes sauvés à titre personnel et non en tant qu'Église. Faire partie de l'Église du reste est un grand privilège et implique une grande responsabilité, parce que notre vocation est sacrée. Mais cela ne nous garantit pas le salut, pas plus que le fait d'être Hébreu dans l'ancien Israël (Jr 8.20).
Quelle est votre unique garantie de salut et comment pouvez-vous vous l'approprier?
A LIRE :
Lire: Ellen WHITE. The Spirit of Prophecy, " Introduction " vol. 1, p. 7-16; Premiers écrits, " Prologue historique ". p. vii-xxx.
" La prophétie fait partie des dons du Saint-Esprit. Ce don est l'une des marques distinctives de l'Église du reste et s'est manifesté dans le ministère d'Ellen White, Les écrits de cette messagère du Seigneur sont une source constante de vérité qui fait autorité et procure à l'Église encouragements, directives, instructions et répréhension. Ils stipulent que la Bible est le critère auquel il convient de soumettre tout enseignement et toute expérience. " - Ce que croient les adventistes, Croyance n° 17, 1990, p. 222.
L'étude de la notion du reste dans l'Ancien Testament fait ressortir un certain nombre de caractéristiques intéressantes. L'une des plus importantes est sans doute celle que l'on retrouve tout au long de la Bible: le reste se compose de ceux qui ont reçu davantage de lumière que les autres. Noé a été averti de l'arrivée du déluge. Abraham a reçu la révélation du véritable Dieu. La nation d'Israël adorait le Seigneur dans le sanctuaire, alors que ses voisins païens sacrifiaient des enfants sur leurs autels ou se prosternaient devant des statues de chat, de taureau ou autres.
En bref, la notion de reste est davantage liée à une révélation - révélation de ce qu'est la vérité, révélation du caractère de Dieu - qu'à la sainteté de ceux qui possèdent cette connaissance particulière. Où voulons-nous en venir? Comme nous l'avons exprimé dans la leçon de jeudi, faire partie du reste signifie seulement que l'on a reçu une grande lumière et que cela implique de grandes responsabilisés. Cela ne veut pas dire que l'on est automatiquement sauvé, ni que ceux qui ne font pas partie du reste sont perdus. L'histoire sacrée nous révèle malheureusement qu'un grand nombre de ceux qui ont appartenu au reste suscité par Dieu non seulement n'ont pas réussi à vivre selon les connaissances reçues, mais se sont souvent rebellés contre elles.
A MEDITER :