Questions clefs:
La prédication de l’Évangile dans le Nouveau Testament diffère-t-elle de la proclamation du salut dans l’Ancien? Pourquoi les premiers adventistes du septième jour issus du mouvement millérite étaient-ils opposés à l’existence d’une Église organisée ? Citez différents moyens employés par les prophètes pour
délivrer les messages de Dieu à son peuple.
Comme la Bible le montre amplement, la vie de prophète n’avait rien de facile. Ellen White n’a pas échappé à la règle, et même si elle n’a pas subi les mêmes épreuves que de nombreux prophètes de la Bible (emprisonnement, lapidation, etc.), elle en a néanmoins traversé beaucoup. Au début de son ministère, outre
le combat contre la maladie et diverses attaques de la part de Satan, elle et son mari James ont connu la grande pauvreté et ils ont dû dépendre d’autrui pour leur logement et l’aménagement de celui-ci. Deux de leurs quatre enfants sont morts jeunes et James White luimême s’est épuisé dans les voyages, les prédications, les écrits et la direction de la jeune Église, jusqu’en 1881, date à laquelle il est mort à l’âge de soixante ans. Pendant les trente-quatre dernières années de sa vie, Ellen White a continué de travailler au sein d’un environnement
qui était parfois loin d’être amical. Nous examinerons cette semaine une partie de son oeuvre et verrons en quoi elle rappelle celle des prophètes de la Bible.
* Étudiez cette leçon pour le sabbat 14 février
Dans l’Ancien Testament, où trouvons-nous l’Évangile du salut ? Gn 22.1-14 ; Lv 4.27-31 ; Es 53.
Le plan du salut a été présenté à Adam et Ève juste après la chute.L’épreuve imposée à Abraham sur le mont Moriya et le service du sanctuaire instauré par Moïse en ont été une illustration marquante.Les rituels du sanctuaire étaient conçus pour un peuple rural qui vivait proche de ses bêtes. Le sacrifice des animaux symbolisait lamort du Christ sur la croix, et le service effectué par les prêtres évoquait son ministère dans le sanctuaire céleste.
Y a-t-il une différence entre la prédication de l’Évangile dans le Nouveau Testament et la proclamation du salut dans l’Ancien?
Jn 1.29 ; Rm 3.21-26.
L’Ancien Testament exprime l’espérance en la venue du Messie,tandis que le Nouveau Testament évoque le salut déjà accompli par Jésus-Christ. Mais dans chacun des deux l’accent est mis sur ce que Dieu a fait pour remédier à la chute de l’humanité. Il en est de même pour les écrits Ellen White, où il est fait référence plus de huit mille fois à l’Évangile et environ six mille fois à Jésus-Christ et à son sacrifice sur la croix. Le Christ de la croix et la croix du Christ sont au coeur de son message. Elle exhortait les adventistes du septième jour à exalter Jésus-Christ aux yeux du monde. « De tous les chrétiens, les adventistes du septième jour devraient être les premiers à prêcher le Christ au monde.» — Ellen WHITE, Le ministère évangélique, p. 150.
«Le Christ, manifesté aux patriarches, symbolisé dans les sacrifices, dépeint dans la loi, révélé par les prophéties, voilà les richesses de l’Ancien Testament. Le Christ, dans sa vie, sa mort et sa résurrection ;le Christ, manifesté par le Saint-Esprit, voilà le trésor du Nouveau Testament. Notre Sauveur, reflet de la gloire du Père, remplit à la fois l’Ancien et le Nouveau Testament.» — Ellen WHITE, Les paraboles de Jésus, «Choses nouvelles et choses anciennes », p. 103. « Le sacrifice expiatoire du Christ est le grand fait autour duquel gravitent tous les autres. […] Ce doit être le fondement de toute prédication. » — Idem, Le ministère évangélique, p. 309.
Combien de temps passez-vous à méditer sur Jésus, sur sa vie, son sacrifice et tout ce qu’il a fait pour vous ? Votre foi ne serait-elle pas beaucoup plus forte si vous le faisiez davantage ? Commentez.
Jésus a choisi Paul et douze apôtres, dont certains possédaient le don de prophétie, pour diriger et guider la première Église chrétienne. Dans quels domaines particuliers celle-ci a-t-elle bénéficié
de leurs conseils et de leurs directives ? Ac 6.1-7 ; 1 Co 5.1-5 ; 7.10-16 ; Tt 1.5 ; 1 Jn 4.1-3.
Les dirigeants de l’Église primitive ont été confrontés à de nombreux problèmes. Immoralité, apostasie, organisation ecclésiale et nombre d’autres questions ont occupé le temps et l’attention de la jeune Église.
C’était aux prophètes et aux apôtres de guider et de diriger le peuple de Dieu en harmonie avec la volonté révélée du Seigneur.
À ses débuts, notre Église a connu, elle aussi, ses propres luttes. Pendant les vingt premières années, elle ne possédait aucune organisation, aussi les pasteurs n’étaient-ils pas payés. Les prédicateurs travaillaient
pour subvenir à leurs besoins. En outre, à l’époque, tous ceux qui s’y sentaient appelés pouvaient prêcher, ce qui a donné lieu à de nombreuses hérésies. Par ailleurs, les bâtiments d’église et l’imprimerie de la Review and Herald étaient au nom de personnes privées et cela risquait de poser, à l’avenir, de nombreux problèmes. C’est pourquoi, pendant des années, James White a exhorté l’Église à s’organiser, mais sans grand succès.
Et puis, en 1854, Ellen White a publié un article concernant l’ordre qui devait régner dans l’Église. «Le Seigneur m’a montré que l’ordre évangélique avait été beaucoup trop craint et négligé. Le formalisme doit être évité, mais il ne faut pas pour cela oublier l’ordre. Il y a de l’ordre au ciel. Il y en avait dans l’Église lorsque le Christ était ici-bas; et après son ascension, l’ordre fut strictement observé par ses apôtres. […] Le danger que présentent pour la cause ces personnes qui voyagent sans que le Seigneur ne les ait appelées m’a de nouveau été montré. […] J’ai vu que cette porte où passe l’ennemi pour venir troubler le troupeau du Seigneur peut être fermée. Je demandai à l’ange comment cela pouvait se faire. Il me répondit : “L’Église doit avoir recours à la Parole de Dieu, et revenir à l’ordre évangélique, perdu de vue et négligé.”» — Premiers écrits, «L’ordre évangélique», p. 97, 100.
Six autres années se sont encore écoulées avant qu’un nom soit adopté par l’Église en 1860, dans l’État du Michigan. La Fédération du Michigan a vu le jour en 1861, et la Conférence générale en 1863.
Certaines personnes déclarent parfois ne pas vouloir appartenir à une institution ou à une Église organisée. Quels sont les avantages d’une structure organisée? Comment pouvez-vous mieux servir l’Église organisée et l’aider à améliorer les aspects qui, selon vous, en auraient besoin?
Contre quels maux les prophètes se sont-ils élevés ? Quels parallèles peut-on faire avec notre époque? 1 R 18.21; Es 1.10-14 ; Am 5.12 ; Ml 3.8-10 ; Mt 3.7-10.
Dieu avait chargé les prophètes de s’opposer à l’injustice sociale, d’extirper l’idolâtrie, de se dresser contre l’immoralité et de condamner le formalisme et l’hypocrisie. Il leur semblait par moments que leur voix allait à contre-courant (1 R 19.14), mais leurs protestations étaient celles de Dieu, et ils les lançaient, quelles que soient les conséquences.
Comment Ellen White adressait-elle ses messages de réprimande individuels ?
Comme les prophètes d’autrefois, Ellen White devait réprouver des péchés connus seulement de Dieu et des personnes concernées. Elle n’aimait guère faire cela. « Je donnai mon témoignage et racontai ce qui m’avait été montré sur le passé de certaines personnes présentes, les prévenant de ce qu’elles risquaient et réprouvant leur conduite. Je précisai que ma position était très inconfortable. Quand on me montrait en vision des familles ou des personnes, il s’agissait le plus souvent de cas privés concernant des péchés gardés secrets. Il m’est arrivé de travailler pendant des mois avec des personnes dont les torts n’étaient connus de personne. Mes frères ayant constaté qu’elles étaient tristes, et les ayant entendues exprimer des doutes quant au fait d’être acceptées ou non de Dieu, ainsi que du découragement, ils m’en ont fait le reproche, comme si j’étais à blâmer pour leur mise en jugement […] Il m’a été confié cette tâche pénible consistant à réprouver des péchés privés. Si, afin d’éviter les soupçons et la jalousie, j’expliquais pleinement mon attitude et rendais public ce qui devait rester privé, je pécherais contre Dieu et causerais du tort aux personnes. Je dois garder au fond de mon coeur les reproches privés nécessités par des torts privés. Que d’autres jugent comme ils l’entendent, jamais je ne trahirai la confiance que placent en moi les hommes égarés et repentants ni ne révélerai à autrui ce qui ne concerne que les coupables.» — Ellen WHITE, Testimonies for the Church, vol. 1, p. 584, 585.
Si le Seigneur donnait à Ellen White un message à votre intention, quelle en serait la teneur et pourquoi ? Et ce qui est plus important encore, comment réagiriez-vous ?
Par quels moyens les prophètes adressaient-ils au peuple les messages de Dieu ? Nb 9.1-5; Jr 37.16,17; Ez 4.1-6; Col 4.16.
Les prophètes étaient chargés par Dieu d’adresser au peuple les messages qu’ils recevaient de lui. Soit ils proclamaient les paroles divines devant un groupe de personnes, soit ils donnaient leur témoignage au cours de réunions privées. Fréquemment, ils recevaient la recommandation de noter les messages par écrit, de sorte que non seulement leurs contemporains, mais aussi toutes les générations futures puissent connaître la volonté de Dieu.
Quand Ellen Harmon (nom de jeune fille d’Ellen White) a eu sa seconde vision en décembre 1844, elle a reçu l’ordre d’aller raconter aux autres ce qui lui avait été révélé. Pendant plusieurs jours, elle a prié pour que ce fardeau lui soit retiré, mais les paroles de l’ange résonnaient constamment à ses oreilles : «Fais connaître aux autres ce que je t’ai révélé. » — Ellen WHITE, Life Sketches of Ellen G. White, p. 69.
C’est pourquoi, pendant l’année 1845, accompagnée par sa soeur Sarah ou d’autres amis, elle s’est rendue dans le Maine, le New Hampshire et le Massachusetts, chez d’anciens millérites ayant connu le grand désappointement du 22 octobre 1844, afin de leur faire part de ses premières visions. James White, ancien prédicateur millérite, convaincu que ces visions étaient authentiques, a rejoint Ellen et ses compagnons et, en 1846, les deux jeunes gens se sont mariés.
Au début de son ministère, Ellen White a également reçu la recommandation de noter par écrit ce qui lui était révélé. Elle a souvent transmis les messages (ou témoignages) destinés aux individus dans des lettres. Pendant des années, elle en a posté des milliers. Voici ce qu’elle dit à ce sujet : « Dans ces lettres que je rédige, dans ces témoignages que je donne, je parle de ce que le Seigneur m’a présenté. »—Ellen WHITE, Testimonies for the Church, vol. 5, p. 67. À sa mort, elle laissait derrière elle environ une centaine de milliers de pages, publiées ou non.
Que signifient pour vous personnellement les écrits d’Ellen White? Discutez-en.
Citez des prophéties bibliques qui se sont réalisées. Es 44.28; Jr 25.11 ; Dn 9.24-27.
Environ cent cinquante ans avant l’époque de Cyrus, Ésaïe a prophétisé qu’un roi du nom de Cyrus renverrait les Juifs de Babylone pour reconstruire le temple de Jérusalem. On trouve l’accomplissement de cette prophétie dans Esd 1.1-4.
Jérémie a annoncé la durée de la captivité babylonienne, Daniel a prédit la venue du Messie près de six cents ans avant la naissance de Jésus. Ces deux prophéties témoignent du caractère inspiré des Écritures. De nombreuses prophéties d’Ellen White se sont également réalisées.
Par exemple, le 12 janvier 1861, trois mois avant le début de la guerre civile américaine, Ellen White a reçu dans l’Église de Parkville, dans le Michigan, une vision lui montrant des champs de bataille couverts de cadavres et de mourants. Après avoir raconté ce qu’elle avait vu, elle a dit à son auditoire : « Certains des hommes ici présents perdront leurs fils dans cette guerre.» — Pacific Union Recorder, 7 mars 1912 (Arthur L. WHITE, Ellen G. White : The Early Years, vol. 1, p. 463). Pas moins de cinq familles présentes dans la pièce ce jour-là ont perdu des fils dans la guerre civile.
En 1885, Ellen White a annoncé : « Quand le protestantisme tendra la main au-dessus de l’abîme pour saisir celle de la puissance romaine, quand nous saisirons la main du spiritisme au-dessus des abysses […] nous saurons alors que le temps des prodiges de Satan est arrivé et que la fin est proche.» — Ellen WHITE, Testimonies for the Church, vol. 5, p. 451 (cf. Témoignages, vol. 2, p. 179).
À l’époque où elle écrivait ces mots, protestants et catholiques étaient presque en guerre les uns contre les autres, et le mouvement œcuménique était encore loin. Mais les choses ont bien changé depuis. À titre d’exemple, le 29 mars 1994, trente-neuf dirigeants évangéliques et catholiques romains ont signé un document intitulé « Union des évangéliques et des catholiques : mission chrétienne du troisième millénaire. » Quel étonnant accomplissement de ce qu’Ellen White avait prophétisé !
A LIRE : Ellen WHITE, Arthur L. WHITE, The Early Years : 1827-1862, « The Messenger of the Lord at Work », p. 73-89 ;
Ellen WHITE, La tragédie des siècles, «La loi de Dieu est immuable », p. 469-487.
« Dès que les principales églises protestantes des États-Unis s’uniront sur des points de doctrine qui leur sont communs et feront pression sur l’État pour l’amener à imposer leurs décrets et à soutenir leurs institutions, l’Amérique protestante sera formée à une image de la hiérarchie romaine et la conséquence inévitable en sera l’application de peines civiles aux dissidents. » — Ellen WHITE, La tragédie des siècles, « La loi de Dieu est immuable », p. 482.
Pendant plus de cent cinquante ans, les adventistes ont averti le monde que catholiques et protestants se réconcilieraient — même quand tous les signes politiques et religieux semblaient indiquer qu’une telle réconciliation était impossible. Aujourd’hui, bien sûr, l’impossible est devenu inévitable, car à maintes reprises catholiques
et divers protestants se sont mis d’accord sur toutes sortes de questions.
Il est notamment intéressant de constater, en accord avec ce qu’Ellen White écrivait il y a plus d’un siècle, que ce sont les protestants qui font les compromis les plus incroyables, et cela dans le but de parvenir à une unité avec Rome. Même si tout ne s’est pas encore réalisé, ces événements montrent bien que la prophétie est en train de s’accomplir, ce qui constitue une nouvelle et puissante preuve du don prophétique d’Ellen White.
A MEDITER:
1.Dans la mesure du possible, faites des recherches sur le climat religieux en Amérique dans les années 1800, notamment sur les relations entre catholiques et protestants. Apportez le résultat de vos recherches à l’école du sabbat, où vous discuterez des prophéties faites par Ellen White durant cette période au sujet des protestants et de Rome.
2.Parlez de l’opposition de certains à toute religion organisée. Quelles en sont les raisons? Leurs arguments sont-ils valables ? Dans l’affirmative, comment, en tant qu’église, pouvons-nous résoudre du mieux possible les problèmes qui ont pu engendrer une telle hostilité ?
3.Comment les écrits d’Ellen White risquent-il s’être mal utilisés? Quels sont les principes à suivre si l’on veut éviter de faire un mauvais usage de ce don merveilleux ?