Quelle est la différence entre l'exégèse d'un texte et l'utilisation de ce texte biblique pour la prédication (ou homilétique)? Pourquoi est-il essentiel de tenir compte du contexte ? Les personnes qui n'ont jamais entendu parler de l'Évangile peuvent-elles être sauvées? Qu'est-ce qui distingue le royaume de grâce du royaume de gloire?
Puisque les adventistes du septième jour croient au don de prophétie d'Ellen White, la question qui se pose à eux est alors la suivante: comment interpréter ses écrits?
L'exégèse est l'étude du sens véritable d'un texte. Elle se concentre sur ce que l'auteur a voulu dire et sur ce que le texte signifiait pour le lecteur, à l'origine.
Quel est le sens originel ou exégétique de Rm 2.14-16? Cf. Ez 3.17- 19; Rm 10.12-17.
II ne fait pas de doute qu'il y aura au ciel des personnes qui n'auront jamais entendu parler de l'Évangile. " Il est des païens qui dans leur ignorance adorent Dieu, bien que la lumière ne leur ait jamais été apportée par des agents humains; Ils ne périront pas. S'ils ignorent la loi écrite, ils ont entendu la voix divine leur parlant au moyen de la nature, et ils ont fait ce qu'exige la loi. Leurs œuvres démontrent que leurs cœurs ont été touches par le Saint-Esprit : aussi sont-ils reconnus comme des enfants de Dieu. " - Ellen WHITE,Jésus-Christ, " L'un de ces plus petits ", p. 640.
II arrive que Dieu, sans faire appel à un messager humain, touche des personnes vivant sur des terres païennes et les sauve. Cependant, si elles sont sauvées, c'est parce que le Saint-Esprit s'est adressé à leur cœur et qu'elles ont réagi en conséquence, comme en témoignent leurs œuvres. Elles ne sont pas sauvées simplement parce qu'elles ont vécu selon leur conscience sinon on serait sauvé en obéissant à la loi, ce que nie clairement le Nouveau Testament (Rm 3.28; Ga 2.16). Dans Rm 2.11-16, il est question de la responsabilité des Juifs et des Gentils, et non de leur salut. Paul commente ainsi, au verset 12, le fait qu' " II n'y a pas de partialité chez Dieu " (2.11) " Tous ceux qui ont péché sans loi iront aussi à leur perte sans loi, et tous ceux qui ont péché sous la loi seront jugés au moyen de la loi. " Ceux qui sont " sans loi ", ce sont les Gentils qui ne possèdent pas la loi écrite donnée aux Israelites au mont Sinaï. Ils périront, non parce qu'ils n'ont pas connu la loi écrite, mais parce que ce sont des pécheurs ayant transgressé la loi " écrite dans leur cœur ", et dans " leur conscience aussi " (Rm, 2.15).
Au jugement, Juifs et Gentils seront jugés et condamnés selon leurs lois respectives, les Juifs selon la loi écrite et les Gentils selon la loi " écrite dans leur cœur " La conscience joue le même rôle pour les Gentils que la loi écrite pour les Juifs. Les Écritures le disent clairement : " Il n'y a pas de juste, pas même un seul (Rm 3.10,). Cela signifie que Juifs et Gentils sont tous pécheurs et tous sauvés de la même façon, non en observant une loi quelconque, mais uniquement grâce à la mort de Jésus sur la Croix.
Votre conscience est-elle un guide fiable? Le fait de suivre votre conscience vous donne-t-il toujours l'assurance que vos décisions sont justes?
L'homilétique est l'art de la prédication. Dans les cours d'homilétique, les étudiants apprennent à préparer des sermons et à se servir, pour cela, les Écritures. II peut arriver qu'un prédicateur se contente d'utiliser un texte sans s'arrêter sur son sens originel, mais simplement pour souligner un point ou faire une exhortation au cours de son sermon. C'est ce qu'on appelle un usage homilétique des Écritures.
De quel royaume Jésus annonçait-il la proche venue dans Mc 1.15?
Le royaume annoncé par Jésus à cette époque était le royaume de grâce, établi à sa première venue. Mais on peut également appliquer ce texte à notre situation actuelle. Un prédicateur peut, par exemple, déclarer à sa congrégation, un sabbat matin : " Toutes les prophéties chronologiques se sont accomplies, le royaume de Dieu est proche. " Il exhortera alors sans doute l'assemblée à se repentir et à croire en l'Évangile. Cependant, ce prédicateur aura à l'Esprit, non pas le royaume de grâce établi par Jésus à sa première venue, mais le royaume de gloire qu'il inaugurera à sa seconde venue. La première interprétation de Mc 1.15 est exégétique, la seconde, homilétique.
D'après Mc 1.17, Jésus marchait un jour le long de la mer de Galilée, quand il a vu Simon et son frère André jeter des filets dans l'eau (car ils étaient pêcheurs.) Jésus leur a dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai devenir pêcheurs d'humains. " ils ont immédiatement laissé leurs filets et l'ont suivi.
Un prédicateur actuel, en s'appuyant sur Mc 1.17, invitera peut-être des membres d'église à suivre Jésus, parce que lui seul peut nous faire devenir pêcheurs d'hommes.
Selon l'exégèse, ce texte s'appliquait a Simon et André, mais, selon l'homilétique, il est possible de l'appliquer à tout chrétien, parce que Jésus veut que nous devenions tons pêcheurs d'hommes (Mt 28.19, 20).
Ellen White a fréquemment utilisé les Écritures de façon homilétique. Elle était imprégnée du langage biblique et chaque fois quelle parlait ou écrivait, elle utilisait des termes et des textes bibliques pour communiquer à l'Église le message qu'elle avait reçu du Seigneur. Par exemple, dans Éducation, elle a rédigé tout un chapitre sur l'étude de la physiologie. En évoquant ce qu'était une bonne posture, elle a écrit : " Une des premières choses à assurer est une attitude correcte, tant assise que debout. Dieu a créé l'homme "droit", et désire qu'il en retire des bienfaits physiques, mais aussi mentaux et spirituels grâce, dignité et assurance, courage et indépendance, toutes qualités favorisées par cette position. " - Éducation, " Étude de la physiologie ", p. 224, 225. Que Dieu ait " fait les humains droits " est une citation d'Ec 7.29, mais quand Salomon a écrit l'Ecclésiaste, il se referait une rectitude morale et non physique.
Étudier l'époque et les circonstances de la rédaction d'un texte, ainsi que celles de son auteur est l'un des critères essentiels de l'interprétation biblique.
Que décrit Jérémie dans Jr 4.23-26?
Quand la plupart des adventistes lisent ce texte, ils pensent au millenium. Cependant, quand Jérémie la rédigé, vers l'an 600 av. J-C, II ne pensait pas à cela. Ce passage a pour contexte la destruction de Jérusalem en 586 av. 1.-C.
Dieu, par l'intermédiaire de Jérémie, a supplié son peuple de se détourner de ses mauvaises voies, mais celui-ci ne l'a pas écouté. Aux versets 23-26, le prophète voit en vision ce qui va arriver si Juda désobéit. Dans un langage poétique, il décrit le désert et la désolation qui va survenir sur Juda par suite de sa désobéissance. Il est très important de tenir compte de l'époque et des circonstances de la rédaction d'un texte lorsqu'on veut l'interpréter.
Ce qui est survenu à Juda et à Jérusalem en 586 av. 1.-C. annonce également ce qui va arriver au monde dans le futur. Quand Jésus reviendra, quand la terre sera purifiée par le feu, le texte de Jr 4.23- 26 deviendra alors l'exacte description de la terre durant le millenium. Ainsi, selon l'exégèse, Jr 4.23-26 concerne la destruction de Jérusalem. Mais au niveau symbolique, il évoque aussi le millenium. C'est pourquoi Ellen White cite Jr 4 pour décrire la situation sur terre durant le millenium. Voir La tragédie des siècles, p 715.
Quand on lit Ellen White, il faut aussi tenir compte de l'époque et des circonstances. Par exemple, en 1897, elle écrivait qu'il " faudrait rendre compte de l'argent dépensé en bicyclettes, vêtements et autres choses inutiles". - Testimonies to Ministers, p. 398.
Or, à la fin du XIX siècle, la bicyclette n'était pas un moyen de transport économique, mais plutôt un jouet de riches. Les premières bicyclettes de bonne qualité coûtaient 150 dollars, investissement comparable au prix dune voiture haut de gamme actuelle. Les gens hypothéquaient de nombreux mois de salaire pour acheter ce qui était alors un article de luxe. Mais, en l'espace de quelques années, la bicyclette est devenue un moyen de transport utile et bon marché, et Ellen White n'y a plus jamais fait allusion. La façon dont elle parlait de la bicyclette se fondait sur les principes bibliques d'une gestion saine. Si elle vivait à notre époque, elle appliquerait certainement ce principe à d'autres objets inutiles et chers.
Il est important de tenir compte de l'époque et des circonstances, non seulement pour interpréter les écrits inspirés, mais également pour tous les aspects de la vie. Vous hâtez-vous de juger les actions d'autrui sans vous informer de leur contexte? Comment vous améliorer à cet égard?
Lisez Es 65.17. A quel " ciel nouveau " et " terre nouvelle " Esaïe fait-il allusion? S'agit-il de la terre nouvelle à laquelle aspirent les chrétiens?
D'après le contexte immédiat, Esaïe déclare : " Il n'y aura plus là de nourrisson vivant quelques jours seulement, ni de vieillard qui n'accomplisse pas ses jours; car le plus jeune mourra à cent ans, le pécheur qui mourra à cent ans sera considéré comme maudit. " (Es 65.20) La mort serait donc présente sur la nouvelle terre? Il ne peut s'agir de la nouvelle terre qui suivra le millenium. Alors de quel ciel nouveau et de quelle terre nouvelle parle l'auteur?
En fait, dans ce passage, Esaïe décrit la " création nouvelle " qui aurait été mise en place si Israël, après son rétablissement à la fin de la captivité babylonienne, était resté fidèle à Dieu et avait rempli la mission que Dieu lui avait confiée devenir une lumière pour le monde (Es 42.6). Ce n'est malheureusement pas ce qui s'est passé, et cette prophétie - qui était conditionnelle - ne s'est pas réalisée. Ce " ciel nouveau " et cette " terre nouvelle " ne sont jamais devenus réalité. Toutefois, symboliquement, ces versets annoncent également les nouveaux cieux et la nouvelle terre qui seront crées à la fin du millenium. Mais alors, les rachetés n'enfanteront plus (Mt 22.30). Le chagrin et la mort n'existeront plus (Ap 21.4). C'est pourquoi il faut se garder de pousser trop loin le sens des images d'un texte.
Dans Les paraboles de Jésus, Ellen White déclare : " Ceux qui acceptent le Sauveur, si sincère que soit leur conversion, ne devraient jamais apprendre à se dire ou à se croire sauvés. " - " Deux adorateurs ", p. 128. Cela signifie-t-il que nous n'avons pas la certitude d'être sauvés? 1 Jn 5.12, 13.
Quand on examine le contexte, on découvre qu'Ellen White parle de la personne qui chute après sa conversion. De nombreux chrétiens, à l'époque, croyaient à la doctrine " une fois sauvé, toujours sauvé. " II est clair qu'Ellen White était opposée à cet enseignement. Elle déclare, en effet, dans le même paragraphe : " Nous ne devons jamais nous fier à nous-mêmes ni penser que nous sommes à l'abri de la tentation tant que nous sommes ici-bas. " - Idem.
D'après le contexte immédiat, il est clair qu'elle parle de la confiance en soi et des tentations après la conversion. Nous ne sommes jamais à l'abri de la tentation, mais cela ne signifie pas qu'en Jésus nous n'avons pas, au jour le jour, l'assurance du salut.
Si l'espérance du salut dépend de ce que Jésus a fait pour nous, pourquoi n'aurions-nous pas l'assurance d'être sauvés? Mais si, par ailleurs, nous ne regardons qu'à nous-mêmes, comment pourrions-nous avoir une quelconque assurance?
Dans les Écritures, quand on examine ce que d'autres passages disent à ce sujet, on découvre que Jacques ne fait pas des bonnes œuvres une condition de salut. Il insiste plutôt sur le fait qu'il existe deux sortes de foi, l'une authentique et l'autre non. Paul parle de la foi authentique, celle qui produit des bonnes œuvres. Jacques, lui, évoque une foi qui n'est pas authentique, car uniquement intellectuelle, une foi qui est avant tout un assentiment théorique.
Paul prend l'exemple d'Abraham pour montrer que nous sommes justifiés sur la base de la foi authentique, bien réelle. Jacques montre aussi que la foi d'Abraham était réelle, parce qu'elle produisait de bonnes œuvres (obéissance). Ainsi, pour être sauvés, nous avons besoin d'une foi authentique, et c'est notre comportement qui démontrera si la nôtre l'est ou non.
Quand on lit Ellen White, il est également nécessaire d'examiner le contexte au sens large, c'est-à-dire tout ce qu'elle a écrit concernant un sujet précis. Par exemple, en ce qui concerne l'usage de la viande, elle a fait des déclarations péremptoires, mais aussi de nombreuses rectifications qu'il faut également prendre en compte.
Dans son livre Conseils sur la nutrition et les aliments, par exemple, elle dit ceci : " Notre régime devrait être composé de légumes, de fruits et de céréales. Pas un seul morceau de viande ne devrait entrer dans nos estomacs. L'usage de la viande est contre nature. Nous devons revenir au dessein originel de Dieu à la création de l'homme. " - Conseils sur la nutrition et las aliments, p.454. Et pourtant, quelques pages plus loin, on tombe sur la phrase suivante : " Un régime carné n'est pas des plus sains, cependant je ne voudrais pas soutenir que chacun doive écarter la viande. Ceux dont les organes digestifs sont faibles peuvent souvent consommer de la viande, du moment qu'ils ne supportent ni les légumes, ni les fruits, ni le porridge. " Idem, p.472. Voir également la leçon de vendredi. Si l'on examine l'ensemble de ce qu'Ellen White a écrit sur un sujet donné, on en retirera une vision équilibrée, infiniment précieuse pour tout chrétien qui prend à cœur sa religion.
Nous ne devons pas faire de la nourriture et de la boisson une religion, mais Dieu nous a donné de merveilleux conseils sur une alimentation qui favorise la santé. Faites-vous attention à ce que vous mangez et a toutes vos habitudes ou, au contraire, attendez- vous que survienne la maladie pour faire des progrès dans ces domaines?
A LIRE :
Ellen White, Faith and Works, " Christ Our Righteousness ", p. 35-39 " Ellen White Clearly Draws the Lines ", p. 41-46 " Faith and Works ", p.47-50.
Conseils supplémentaires sur l'interprétation des écrits inspirés
Outre les conseils donnés dans la leçon de cette semaine, il est nécessaire de :
1) demander au Saint-Esprit ses directives dans l'étude de la Parole;
2) se munir d'une ou de plusieurs versions bibliques de qualité
3) rechercher des principes universels, s'appliquant à tous les hommes, en tout lieu et en tout temps;
4) être disposé à obéir aux vérités que l'on découvre;
5) garder l'esprit ouvert et être prêt à abandonner ses anciennes opinions;
6) se garder de toute interprétation extrême;
7) étudier avec des personnes expérimentées;
8) faire preuve de bon sens.
Déclaration d'Ellen White à propos du concept " une fois sauvé, toujours sauvé "
" Rien n'est plus offensant pour Dieu, plus dangereux pour l'âme humaine que l'orgueil et la propre suffisance. De tous les péchés, c'est assurément le plus difficile à vaincre."
La chute de Pierre ne fut pas instantanée, mais graduelle. Sa présomption l'amena à se croire sauvé et, petit à petit, à renier son Maître. Nous ne devons jamais nous fier a nous-mêmes ni penser que nous sommes a l'abri de la tentation tant que nous sommes ici-bas. Ceux qui acceptent le Sauveur, si sincère que soit leur conversion, ne devraient jamais apprendre à se dire ou à se croire sauvés. C'est une affirmation propre à égarer. Chacun devrait s'efforcer de cultiver l'espérance et la foi mais alors même que nous nous donnons à Jésus et que nous avons l'assurance d'être acceptés de lui, nous ne sommes pas encore a l'abri de la tentation tant que nous sommes ici-bas. Ceux qui acceptent le Sauveur, si sincère que soit leur conversion, ne devraient jamais apprendre à se dire ou à se croire sauvés. C'est une affirmation propre à égarer. Chacun devrait s'efforcer de cultiver l'espérance et la foi; mais alors même que nous nous donnons à Jésus et que nous avons l'assurance d'être acceptés de lui, nous ne sommes pas encore à l'abri de la tentation," Les paraboles de Jésus. " Deux adorateurs ", p. 128, 129.
A MEDITER :
1.Examinez le contexte de la citation d'Ellen White ci-dessus, puis lisez la phrase où elle conseille de ne jamais se dire ou se croire sauvé. N'est-il pus facile de tirer cette idée de son contexte el de comprendre tout l'inverse de ce que veut dire cet auteur? Pourquoi devons-nous faire attention à ne pus sortir une déclaration de son contexte? Donnez des exemples de personnes l'ayant fait. Pourquoi est-on tenté de le faire? Expliquez.
2.Comment les écrits d'Ellen White ont-ils encore été mal utilisés? Comment ne pas tomber dans le piège qui consiste à rejeter l'ensemble de son œuvre sous prétexte qu'un passage a été mal interprété?
3. Réfléchissez à ce que nous a apporté le message sur la sante qu'Ellen White nous présente dans ses écrits. Quelles grandes bénédictions nous apporte-t-il lorsque nous l'utilisons correctement? Quels pièges devons-nous éviter?