Questions clés:
Pourquoi Jésus est-il la "Parole de vie"? Quel est le but de Jean en rédigeant cette introduction? Comment pouvons-nous être, encore aujourd'hui, les témoins oculaires de Jésus? Quel rôle la communauté joue-t-elle dans la vie d'un chrétien?
Un homme accusé de meurtre comparut, un jour, devant un tribunal. Il jurait avec véhémence qu'il était innocent, qu'il n'avait pas tué et qu'il n'était même pas là au moment du crime. II était si convaincant qu'on était tenté de le croire.
Mais des témoins vinrent ensuite à la barre. L'un après l'autre, ils déclarèrent la même chose: ils avaient vu l'accusé sur la scène du crime, ils l'avaient vu (certains l'avaient entendu) commettre le crime. Et même si les récits différaient dans les détails, suivant l'endroit où chacun s'étaient trouvé par rapport à la scène du crime, les témoignages furent assez accablants pour que la culpabilité de l'homme soit établie.
De la même façon, Jean déclare dans son introduction qu'il appartient au petit cercle de témoins qui, ayant vu Jésus et ayant vécu avec lui, peuvent faire part à d'autres de cette expérience qui a changé leur vie.
* Etudiez le texte de cette semaine pour le sabbat 11 Juillet.
Lisez 1 Jn 1.1-4. Qu'est-ce que Jean veut nous dire par ces mots? Quelle espérance retirez-vous de ses paroles? Pourquoi le croyez-vous?
Jean commence par affirmer qu'avec d'autres il a été un témoin oculaire de "la parole de la vie". Au verset 2, il explique davantage ce qu'est cette "vie" et, comme dans la première partie du verset 3, il insiste là-dessus.
Quelles sont les deux choses qui, selon Jean, doivent résulter de son témoignage concernant "la parole de la vie" ?
Aux versets 1 et 3, Jean apporte sept précisions:
1) ce qui était au commencement,
2) ce que nous avons entendu,
3) ce que nous avons vu,
4) ce que nous avons contemplé,
5) ce que nous avons touché,
6) ce que nous avons vu,
7) entendu.
Puis il termine en disant: "Nous vous l'annonçons, à vous aussi, pour que vous aussi vous soyez en communion avec nous." (1.3) Au verset 2, qui est une incise destinée à éclaircir son propos, il fait une quadruple énumération, qu'il conclut par la phrase: "Et nous vous annonçons la vie éternelle".
D'après ces passages, Jean semble vouloir nous laisser découvrir par nous-mêmes qui est vraiment Dieu, comme il l'a appris lui-même à travers Jésus. Il veut que nous connaissions par nous-mêmes la vie éternelle, la communion et la joie qui se trouvent en Jésus, ce Jésus qu'il a entendu, vu et touché.
Cette joie qui est dans le Seigneur, comment la comprenez-vous et quelle expérience en avez-vous ? Avez-vous déjà connu des chrétiens toujours joyeux ? Comment comprendre cette promesse de joie que notre vie, même à nous, chrétiens, n'est souvent que souffrance et chagrin ?
Ceux qui connaissent l'évangile de Jean sont surpris lorsqu'ils entreprennent la lecture de sa première épître, car l'introduction est la même dans les deux livres.
Lisez 1 Jn 1.1-5 et comparez avec Jn 1.1-5. Quels éléments sont similaires ?
Ces deux extraits commencent de façon presque identique. Ils évoquent une période passée, avec l'expression "au commencement", qui, apparemment, fait référence à Gn 1.1, c'est-à- dire à la création. Tous deux font la distinction entre Dieu le Père et la Parole et les citent non loin l'un de l'autre, en un lien étroit. On retrouve également, dans ces deux passages, les notions de "vie" et de "lumière". On le voit, ils ont beaucoup de points communs.
Mais il existe aussi des différences entre eux.
Sur quoi Jean insiste-t-il dans Jn 1.1-5, alors qu'il ne le fait pas dans 1 Jn 1.1-5?
L'évangile de Jean souligne fortement que Jésus est Dieu et Créateur. Même si, dans 1 Jn 1.3, le titre complet "son Fils, Jésus-Christ" fait ressortir à la fois l'humanité et la divinité de Jésus, dans l'introduction de 1 Jn, le mot Dieu n'est pas directement appliqué à Jésus, comme c'est le cas dans l'évangile de Jean. Ce dernier est également très clair concernant le rôle créateur de Jésus. Rien "n'est venu à l'existence" - c'est-à-dire, rien n'a été créé - sans lui. Jean n'aurait pu être plus explicite à propos de la divinité du Christ, mais aussi de son rôle créateur.
De son côté, dans sa première lettre, Jean insiste sur le rôle des témoins et de leurs déclarations (et donc sur l'autorité dont ils sont investis), une mise en relief que l'on ne trouve pas dans l'évangile de Jean, dont le ton est plus détaché, moins personnel.
Pris ensemble, ces deux passages révèlent sur Jésus des vérités qui jouent un rôle essentiel dans le plan du salut.
Pensez à tout ce que vous savez de la vie de Jésus. Qu'a-t-il fait, qu'a-t-il dit, qu'a-t-il souffert ? Demandez-vous également pourquoi il a fait tout cela ? Ce faisant, souvenez-vous que cet homme était aussi Dieu, le Créateur. Quelle espérance et quel encouragement ces vérités vous apportent-elles ? En quoi peuvent-elles vous aider à mieux affronter les stress et les soucis de la vie ?
Que signifie, à votre avis, l'expression "la parole de la vie"? En quoi s'applique-t-elle bien à Jésus?
1 Jn 1.1 mentionne "la parole de la vie". On trouve également le mot parole dans Jn 1.1-3, où il se réfère très précisément à Jésus. Dans Ap 19, le cavalier monté sur un cheval blanc est aussi appelé "la Parole de Dieu" (Ap 19.13) en faisant référence à Jésus. Puisque dans la littérature johannique le mot parole désigne Jésus dans certains contextes, il est très probable que ce soit également le cas dans 1 Jn 1.1.
En ce qui concerne le mot vie, Jésus a déclaré être "le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14.6). Ainsi le mot vie, dans 1 Jn 1.2 se rapporte certainement aussi au Christ. Il n'est donc pas surprenant qu'il soit "la parole de la vie ".
Quelles autres preuves tirées de ces versets montrent que Jean parle de Jésus quand il utilise l'expression "parole de la vie"?
Même si certaines personnes ont prétendu que l'expression "parole de la vie" faisait allusion à la proclamation de l'Evangile, il est évident que c'est de Jésus qu'elle parle. En effet, s'il est possible d'entendre l'Évangile de Jésus avec ses oreilles, il est plus difficile de le voir avec ses yeux, tout comme il est impossible de toucher de ses mains "la parole de la vie" dans son sens de "proclamation de l'évangile". Il est beaucoup plus logique, en revanche, d'entendre, de voir et de toucher une personne. Par ailleurs, la phrase: "la vie [.. .] était auprès du Père et [...] s'est manifestée à nous" (1 Jn 1.2) suggère également que Jean pensait à une personne quand il mentionnait la parole et la vie.
Si nous admettons que Jésus est " la parole de la vie ", qu'est-ce que cela signifie pour nous ? Etudiez les deux termes clefs de cette formule : parole et vie. En quoi les textes suivants nous aident-ils à mieux comprendre ce qu'elle veut dire pour nous personnellement ? (Gn 1.20 ; Dn 5.23 ; Mt 8.8 ; Jn 1.4 ; Ac 17.28).
Beaucoup de gens aiment aller assister à un match de football, à un concert ou à une réunion politique. Ils veulent voir par eux-mêmes ce qui se passe, participer personnellement à l'événement. Ils peuvent ensuite partager avec d'autres ce qu'ils ont vu et entendu. Il arrive aussi que certaines personnes soient les témoins d'un accident et qu'elles soient alors appelées à témoigner.
Les apôtres, eux, ont été les témoins oculaires de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ. Ces événements liés au Christ ont eu un tel impact sur leur vie qu'ils n'ont pas pu s'empêcher d'en parler à d'autres.
C'est le cas de Jean. Dans 1 Jn 1.1-4, il affirme avoir été le témoin oculaire de Jésus. Il étaye sa déclaration en disant que non seulement il a vu Jésus, mais il l'a aussi touché et entendu. Il reprend plus loin en essayant de démontrer qu'il a vraiment vécu auprès de Jésus.
Jean n'est pas le seul auteur biblique à parler avec puissance des événements dont il a été le témoin. Qu'est-ce que les versets suivants ont de commun avec 1 Jn 1.1-3? Qui parle et dans quel contexte?
Dt 4.1-9
Ac 4.20
1 Co 15.4-8
Il ne nous est pas possible aujourd'hui d'être les témoins directs des événements appartenant à la vie de Jésus ou à l'histoire biblique. Mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas être des témoins oculaires de la réalité du Christ et de ce qu'il a fait pour nous. D'une certaine manière, notamment dans notre monde postmoderne, notre histoire personnelle, le récit de ce que nous avons vu Jésus accomplir dans notre vie, peuvent être un témoignage de l'existence et de la bonté de Dieu bien plus puissant que les événements historiques décrits dans la Bible.
Quel est votre propre témoignage " oculaire " sur Jésus ? Autrement dit, qu'avez-vous " vu " Jésus accomplir dans votre vie ? Notez cela par écrit et apportez-le dans votre classe.
Quelqu'un a fait remarquer que Dieu n'avait pas de petits-enfants, seulement des enfants. L'expérience chrétienne n'est pas héréditaire. Il est nécessaire que nous choisissions, dans notre cœur, de nous abandonner à Jésus. Personne ne peut faire ce choix à notre place! C'est à nous de prendre la décision, et notre abandon doit être total. En ce sens, être chrétien est une expérience très personnelle et très solitaire.
D'un autre côté, dans ces quelques premiers versets, Jean ajoute une dimension supplémentaire à ce que signifie le fait d'être chrétien. Il nous invite à accepter son témoignage concernant Jésus et à faire ainsi l'expérience de la communion avec celui-ci et avec d'autres chrétiens. En d'autres termes, le fait de proclamer Jésus est une façon d'édifier la communauté des croyants. Accepter Jésus comme son Sauveur et Seigneur, comme celui qui donne la vie éternelle, signifie que l'on se joint à cette famille.
D'après 1 Jn 1.3, quels sont les éléments de cette communion?
C'est Jésus lui-même qui est le fondateur de sa communauté ou Église (Mt 16.18), et il veille sur elle comme un berger prend soin de son troupeau (Jn 10.14-16). Jésus et son Église sont liés. Le fait de proclamer Jésus et l'Évangile permet d'entrer en communion non seulement avec le Père et le Fils, mais aussi avec les autres croyants. Il y a à la fois un lien invisible avec le ciel et un lien très visible entre les croyants. Les chrétiens sont bénis parce qu'ils n'ont pas à gérer leur vie seuls, isolés des autres. Ils font partie de la communauté, de la famille du Christ sur la terre.
Comment cette communion chrétienne est-elle décrite, sous une forme idéale, dans le Nouveau Testament? Voir Ac 2.42-47; Rm 12.3-17.
Le passage que nous étudions dans 1 Jn se termine au verset 4. L'objectif de Jean est que les chrétiens jouissent d'une communion avec Dieu et avec la communauté des croyants, mais aussi que leur joie soit complète.
Il est possible que le verset 4 renvoie aux précédents: notre joie est complète parce que Jésus, "la vie éternelle", est apparu. Il se peut également qu'il anticipe le reste de la première épître de Jean, où nous sont présentés Jésus et le salut qu'il procure, ainsi que la vie avec Dieu (c'est-à-dire une vie d'amour). Il annonce aussi peut-être l'apparition future du Seigneur. Ainsi, 1 Jn 1.1-4 pourrait se référer à la période allant de l'époque où le Christ préexistait jusqu'à la fin à son retour.
Quelle est votre propre expérience en ce qui concerne la communion chrétienne ? Qu'aimeriez-vous changer dans votre attitude ? Comment pouvez-vous mieux apprécier - et aider autrui à mieux apprécier - la communauté des croyants, privilège du chrétien ?
Lisez Ellen WHITE, Jésus-Christ, "Silence, apaise-toi! ", p. 331, 332.
"Jean, qui a connu personnellement le Christ, désire partager son expérience avec ses lecteurs, afin que ceux-ci connaissent la communion à laquelle lui-même participe avec le Père et le Fils. Tout en exprimant ce désir plein d'amour, il confirme la divinité, l'éternité et l'incarnation - et donc l'humanité - du Fils. Il communique sa merveilleuse expérience à l'aide de mots simples, mais bien mis en relief, de sorte que ses lecteurs, ceux de son époque et de la nôtre, n'aient aucun doute quant au fondement de la foi chrétienne et quant à la nature et à l'œuvre de Jésus-Christ." - Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 7, p. 629.