Nous avons terminé l’étude de la semaine dernière sur une note amère : la tour de Babel et la façon dont elle représentait l’incapacité humaine à apprendre du passé.
Cette semaine, nous commençons par une note davantage remplie d’espérance : les descendants de Sem, la lignée dont est issu le patriarche Abram qui, d’après Paul, est « notre père à tous» (Rm 4.16). C’est-à-dire qu’il est le père de tous ceux qui croient en Christ, par qui les promesses faites à Abraham se sont réalisées, car par le Christ nous faisons partie de sa descendance. Nous sommes «héritiers selon la promesse» (Ga 3.29, Segond révisée à la Colombe), la promesse d’une Canaan céleste, où le mal, le péché et la mort ne régneront plus.
En d’autres termes, après la chute, l’ivresse de Noé et le fiasco de la tour de Babel, le Seigneur introduit maintenant, de la manière la plus claire qui soit, un espoir pour l’humanité. Cette espérance commence par Abram, qui — vivant pourtant au milieu d’une famille et d’une culture plongées dans l’idolâtrie — était un fidèle adorateur du vrai Dieu et qui, en raison de sa fidélité, a reçu des promesses adressées non seulement à lui-même et à sa famille, mais aussi l’humanité entière.
Cette semaine, nous commençons par examiner la vie d’Abram, son appel initial, sa réponse, ses caractéristiques humaines et, plus important que tout, sa relation avec Dieu. Il nous offre l’exemple de ce que signifie, pour un être humain déchu, vivre par la foi, être justifié par la foi et révéler cette foi par les oeuvres.
Même si des considérations d’ordre chronologique suggèrent qu’Abram était le plus jeune des fils de Térah, il est mentionné en premier dans Gn 11.26,27, à cause de son importance en tant qu’ancêtre de la famille choisie. Si l’archéologie a révélé beaucoup de choses sur l’époque d’Abram, ce sont les grands empires qui apparaissent en arrière-plan. Les projecteurs sont braqués sur certains patriarches et leurs familles, ceux qui ont cherché à garder vivantes la vérité et la connaissance de Dieu. Tel est le grand thème de la Genèse: ses récits, si sordides soient-ils par moments, sont centrés sur des personnages à qui Dieu confie la connaissance de lui-même dans un monde rempli d’idolâtrie, de paganisme et de toutes sortes de superstitions.
Étienne déclare que Dieu est d’abord apparu à Abram à Our en Chaldée et l’a appelé à se rendre dans le pays qu’il lui montrerait. Mais il ne s’y est pas rendu immédiatement. Il s’est arrêté à Harrân, où il a vécu jusqu’à la mort de Térah, son père. Ce n’est qu’après la mort de ce dernier qu’il est finalement parti pour la terre promise.
Lisez Gn 11.10-32. Voir aussi Jos 24.2; Ac 7.2. Quel récit précède immédiatement ces textes ?
Pourquoi ont-ils été placés ainsi ?
Quels détails trouvons-nous concernant le milieu et la famille d’Abram ?
Quelles ont été les étapes de l’appel fait à Abram, d’après Ac 7.2-4 ? (Cf.Gn 12.1 et Ac 7.4) Pourquoi, à votre avis, est-il passé par ces étapes au lieu de se rendre immédiatement en Canaan ?
La famille d’Abram était idolâtre et adorait de faux dieux, pourtant, pendant assez longtemps il est resté avec elle. Que nous apprend ce récit sur la façon dont nous devrions nous comporter avec ceux de notre famille qui ne marchent pas avec le Seigneur ?
Remarquez l’ironie ici : en dehors des autres choses que Dieu fera pour Abram après son départ, il rendra son nom «grand» (Gn 12.2). Voyez le récit de la tour de Babel. Les hommes en avaient entrepris la construction pour se faire «un nom» (Gn 11.4). D’un point de vue humain, il semble qu’en bâtissant un édifice monumental, les hommes avaient plus de chance de se faire «un nom » qu’Abram, qui, en laissant derrière lui famille, race, culture et terres fertiles, partait en voyage «sans savoir où il allait.» (He 11.8)
Pourtant, aujourd’hui, personne ne connaît le nom de ceux qui ont travaillé à la construction de la tour; en revanche, Abram est pratiquement connu dans le monde entier.
Outre l’appel à se rendre à Canaan (cf. Ac 7.2 et Gn 12.1), Dieu a fait à Abram cette incroyable promesse : Dieu ferait de lui une grande nation, ce qui, bien sûr, impliquait la présence d’enfants, une autre donnée qu’Abram devait accepter par la foi, si l’on considère que jusqu’alors, sa femme était restée stérile (Gn 11.30). Et pourtant, il semble, d’après le verset 4, qu’il est parti sans hésitation. Dieu l’a appelé à partir, lui a fait des promesses, et Abram est allé de l’avant par la foi (voir Rm 4.13).
Pour quelle raison Dieu at-il appelé Abram à quitter Harrân ? Gn 12.1-3; He 11.8-10.
Quelle puissante leçon ce contraste souligne-t-il pour ceux d’entre nous qui aimeraient se faire «un nom» ?
Abram, certain de l’appel de Dieu, a agi par la foi d’une façon qui — d’un point de vue humain — semble tout à fait insensée. Cela ne devrait-il pas nous inciter à agir et à vivre par la foi, même au point de faire preuve de «folie» (1 Co 1.25; 2.14) ?
Par ailleurs, ne risquons-nous pas d’avancer par la «foi» sous prétexte que Dieu nous conduit alors que ce n’est pas le cas ? Comment faire la différence ?
On pourrait s’attendre à ce que les sentiers d’Abram soient aplanis par la Providence parce qu’il obéissait à l’appel de Dieu. La Bible ne dit nulle part que nous n’aurons pas d’épreuves tant que nous lui resterons fidèles.
Bien au contraire !
Et certes, peu après son entrée en Canaan, une famine sévère oblige Abram à partir pour l’Egypte, qui était arrosée par les crues du Nil. Le récit sacré nous enseigne que même ceux qui suivent les commandements divins traversent par moments des épreuves de foi. Songez à l’épreuve de foi que cette famine représentait pour Abram: Dieu l’appelle à s’installer dans ce pays et que se passe-t-il ? Une famine se déclare. Il est possible que cette famine, qui l’entraîne hors de Canaan, explique son manque de foi concernant Saraï et le pharaon.
La faim et la peur ont réduit notre héros de la foi en un être fragile à qui la plupart d’entre nous s’identifieront facilement. La foi a cédé à la peur, et la peur à un stratagème tordu tandis qu’Abram fait appel à une demi-vérité pour cacher l’autre moitié.
« Dans sa providence, Dieu avait permis cette épreuve afin de donner à son serviteur une leçon de soumission, de patience et de foi qui, plus tard, pourrait servir d’exemple à tous ceux qui sont appelés à passer par l’affliction. Si Dieu conduit ses enfants par des chemins qu’ils ignorent, il n’oublie ni ne rejette ceux qui mettent en lui leur confiance.» — Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, «L’appel d’Abraham», p. 107.
Lisez entièrement Gn 12. Rédigez le message que vous y découvrez sur la foi, les épreuves, le caractère, tout ce qui vous impressionne. Quels aspects de ce récit vous aideront dans votre cheminement de chaque jour avec le Seigneur ?
Quand, pour la dernière fois, avez-vous failli lorsque votre foi s’est trouvée éprouvée ?
Cet échec vous a-t-il appris une leçon qui vous aidera à faire en sorte que cela ne se reproduise pas ?
En revenant d’Égypte, Abram a rendu visite au Seigneur au second autel qu’il avait construit à Canaan (Gn 13.3,4). Fortifié par le renouvellement de sa relation avec Dieu, il a pu affronter une nouvelle épreuve de foi. Une fois de plus, la promesse d’une terre semblait échapper à Abram (Gn 13.5,6) et une décision devaitêtre prise.
Son échec en Égypte semble contrebalancé par la noblesse de caractère dont il a fait preuve dans sa relation avec Loth. Des hauteurs de Béth-El, Loth a contemplé la vallée du Jourdain, bien arrosée et fertile comme le jardin d’Eden et les plaines de la Mésopotamie. Il a choisi la terre qui, pensait-il, lui donnerait un gain immédiat. Il ne se doutait guère de ce que lui coûterait ce choix ! Il s’agissait de se fier soit à la foi soit à la vue, les conséquences montrant que la décision requérait de la sagesse. La relation intime d’Abram avec le Seigneur et sa détermination à marcher par la foi lui ont permis de regarder, au-delà d’avantages temporels immédiats, son bien-être éternel.
Lisez Gn 13.1-13. Qu’est-ce que ce passage nous apprend sur le caractère d’Abram ? Ne nous aide-t-il pas à mieux comprendre la personne qu’il était et ce que signifie vivre par la foi ? Cherchez des textes bibliques qui nous exhortent à faire preuve du même état d’esprit. Voir, par exemple, Ph 2.4.
Lisez Gn 13.14-18. Quelle promesse le Seigneur fait-il à Abram ? Pourquoi, à votre avis, a-t-il attendu ce moment avant de la faire ? Voir Gn 13.14. Là encore, pourquoi fallait-il à Abram une grande foi pour croire en ces promesses ? Pensez à la dernière fois où vous avez vu quelqu’un révéler la même attitude désintéressée et la même absence d’égoïsme qu’Abram
Quel est, à votre avis, le secret d’une telle attitude, notamment pour des êtres qui sont, au plus profond, des pécheurs égoïstes ? Que doit-il se passer dans votre vie pour que vous fassiez davantage preuve d’une telle attitude ? Imaginez également à quoi ressemblerait votre église locale si chacun adoptait ce comportement.
Gn 14.1-16 raconte l’histoire du pillage de Sodome et Gomorrhe et la façon dont Abram délivre leurs habitants, y compris Loth, des envahisseurs. Ainsi, l’homme de foi et l’adorateur du vrai Dieu était aussi un guerrier.
Malki-Tsédeq (ce qui signifie : «mon roi est juste») était roi de Salem (l’un des noms de Jérusalem; voir Ps 76.3) et prêtre du Très Haut. Abram adorait le même Dieu. Par déférence pour Malki-Tsédeq, qui a accueilli et béni le patriarche au retour du combat, Abram lui a donné la dîme de tout (Gn 14.20,21), indiquant par là que la dîme était pratiquée bien avant Moïse et l’existence du peuple juif.
Après cette grande victoire, le Seigneur est apparu à Abram et lui a donné une magnifique promesse: «Je suis moi-même ton bouclier; ta récompense sera très grande. » (Gn 15.1) Ellen White pense qu’Abram avait besoin d’un tel encouragement quand on considère la colère que ses victoires récentes ont suscitée chez certains de ses voisins.
Dieu, aux versets 4-6, réitère la promesse faite auparavant selon laquelle ses descendants seraient innombrables (Gn 12.2; 13.16). Même si l’âge avancé d’Abram et de Saraï semblait rendre cette promesse de plus en plus improbable, Abram a pris Dieu au mot et placé sa confiance dans sa puissance. On le voit dans Gn 15.6, passage cité par Paul plus tard (Rm 4.3).
Quelle lumière l’épisode de Malki-Tsédeq jette-t-il sur la stature spirituelle d’Abram ? Expliquez de quelle façon nous voyons une fois de plus sa foi se révéler dans ses oeuvres. Gn 14.17-24.
Lisez la réponse d’Abram (Gn 15.2,3). Pourquoi est-elle si humaine, si compréhensible ? Pourquoi est-elle tout à fait sensée, d’un point de vue logique et rationnel ?
Abram croyait en Dieu et cela lui a été compté comme justice. Cela ne nous aide-t-il pas à comprendre ce que signifie le fait d’être accepté de Dieu ? Quels éléments de l’histoire d’Abram, jusqu’à présent, vous donnent-ils de l’espoir ? Lesquels vous poussent-ils à faire des changements dans votre vie ?
À lire : Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, p. 111-116 ; Seventh-Day Adventist Bible Commentary, commentaire sur Gn 11.26 à 15.21.
Après que Dieu eut réitéré à Abram la promesse selon laquelle ses descendants deviendraient une grande nation, celui-ci a cherché un signe, une confirmation (Gn 15.7,8). L’Èternel «condescend à contracter une alliance avec son serviteur, en employant les formes usuelles de l’époque pour confirmer ce contrat solennel. Sur son ordre, Abram sacrifie une génisse, une chèvre et un bélier, âgés de trois ans chacun; il les partage, puis il en place les moitiés face à face, en laissant un espace entre deux. À ces offrandes, il ajoute une tourterelle et un jeune pigeon qu’il ne partage pas. Cela fait, il passe avec révérence entre les moitiés du sacrifice, faisant à Dieu un voeu solennel de perpétuelle obéissance; puis, dans une silencieuse expectative, il demeure jusqu’au coucher du soleil auprès de ces cadavres, les préservant de toute profanation et les protégeant contre les oiseaux de proie. Vers le “coucher du soleil, un profond sommeil s’empara d’Abram; alors une terreur, une obscurité profonde tombèrent sur lui " (Gn 15.12). Puis Dieu lui adresse la parole et lui dit de ne pas compter entrer en possession immédiate de la terre promise. Il l’informe qu’avant de l’occuper sa postérité sera appelée à subir une longue oppression. Le patriarche voit alors se dérouler le plan de la rédemption. Il contemple la mort du Sauveur, son suprême sacrifice et son retour en gloire. Il aperçoit la terre entière rendue à sa beauté édénique et remise entre ses mains en possession éternelle, accomplissement final et complet de la divine promesse. »
— Ellen WHITE, Patriarches et prophètes, « Abraham en Canaan », p. 116.