Leçon 2: Commencements de l'alliance

    Étude de la semaine : Gn 9.15 ; Es 54.9 ; Gn 12.1-3 ; Ga 3.6-9, 29 ; Ex 6.1-8 ; Jr 31.33, 34.

    Verset à mémoriser : Maintenant, si vous m'écoutez et si vous gardez mon alliance, vous serez mon bien propre parmi tous les peuples — car toute la terre m'appartient (Exode 19.5).

    La semaine dernière, nous nous sommes arrêtés avec la chute de l'humanité, due au péché de nos premiers parents. Cette semaine est un rapide résumé de tout le trimestre, où chaque jour, nous examinerons les premières alliances, qui étaient toutes, à leur manière, des manifestations « vérité présente » de la véritable alliance, celle qui a été ratifiée au Calvaire par le sang de Jésus, celle dans laquelle, en tant que chrétiens, nous entrons avec notre Seigneur.

    Nous commencerons par l'alliance que Dieu a faite avec Noé pour l'épargner, lui et sa famille, de la destruction. Nous passerons à l'alliance avec Abraham, tellement riche et pleine de promesses pour nous tous. Ensuite, nous verrons l'alliance au Sinaï et l'importance de ce qui y a été proclamé. Et enfin, nous verrons la nouvelle alliance, celle que toutes les autres désignaient. Toutes ces alliances, bien entendu, seront étudiées plus en détails dans les prochaines semaines.

    Cette semaine n'est qu'une avant-première. Cette semaine en un coup d'oeil : Que signifie le mot alliance ? Quels sont les éléments qui constituent l'alliance ? Quelle était l'alliance que Dieu conclut avec Noé ? Quelle espérance y avait-il dans l'alliance avec Abraham ? Quel rôle la foi et les oeuvres jouent-elles du côté humain de l'alliance ? L'alliance est-elle un simple accord, ou bien comporte-t-elle des aspects relationnels ? Quelle est la substance de la « nouvelle alliance » ?

    Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 10 avril.


    Je mets mon alliance entre moi et toi : je te multiplierai à l'extrême (Gn 17.2).

    Le terme hébreu traduit par alliance (et qui revient environ 287 fois dans l'Ancien Testament) est berith. On peut également le traduire par testament ou dernières volontés. Son origine n'est pas certaine, mais elle a fini par s'appliquer à ce qui liait deux parties. Cependant, on l'employait pour toutes sortes de « liens » différents, aussi bien entre deux personnes, qu'entre un homme et Dieu. On l'employait couramment quand les deux parties en présence étaient des hommes, et dans un sens religieux, quand l'alliance se faisait entre Dieu et l'homme. L,usage religieux était en réalité une métaphore fondée sur l'usage courant, mais avec une connotation (signification) plus profonde. » J. Arthur Thompson, « Covenant (OT), » The International Standard Bible Encyclopedia, édition révisée (Grand Rapids, MI : William B. Eerdmans Publishing Company, 1979), vol. 1, p. 790.

    À l'instar de l'alliance du mariage, l'alliance biblique définit à la fois une relation et un arrangement. En tant qu'arrangement, l'alliance biblique comporte les éléments fondamentaux qui suivent :

    1. Dieu a affirmé les promesses de l'alliance par un serment (Ga 3.16 ; He 6.13, 17).

    2. L'obligation  de l'alliance était d'obéir à la volonté de Dieu telle qu'elle s'exprimait dans les Dix Commandements (Dt 4.13).

    3. Le moyen par lequel l'obligation de l'alliance de Dieu s'accomplit en définitive, c'est Christ et le plan du salut (Es 42.1, 6).

    Considérez les trois éléments énumérés ci-dessus (les promesses de Dieu, notre obéissance, et le plan du salut). De quelle manière voyez-vous ces facteurs à l'oeuvre dans votre marche personnelle avec le Seigneur ? Rédigez un paragraphe décrivant la manière dont ils se manifestent dans votre vie actuelle.

    Dans l'Ancien Testament, le système sacrificiel, composé de types, instruisait le peuple concernant tout le plan du salut. À travers ses symboles, les patriarches et Israël apprirent à exercer leur foi dans le Rédempteur à venir. À travers ses rituels, l'individu repentant pouvait trouver le pardon pour son péché et être libéré de la culpabilité. Les bénédictions de l'alliance pouvaient ainsi être maintenues, et la croissance spirituelle (c'est-à-dire la restauration de l'image de Dieu dans la vie de la personne) pouvait ainsi se poursuivre, même quand l'humanité ne respectait pas ses engagements.

    Bien qu'il y ait des alliances conclues entre individus, le principal emploi du terme berith dans la Bible hébraïque concerne la relation entre Dieu et l'humanité. Compte tenu de qui est Dieu et de qui nous sommes comparés à lui, quel genre de relation une telle alliance illustrait-elle ?

    Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira (Gn 12.3).

    Lisez Genèse 12.1-3. Faites la liste des promesses spécifiques que Dieu a faites à Abram.

    Remarquez que parmi ces promesses, Dieu dit à Abram que toutes les familles de la terre seront bénies en toi (Gn 12.3, Segond 21). Qu'est-ce que cela signifie ? De quelle manière toutes les familles de la terre ont-elles été bénies à travers Abram ? Voir Galates 3.6-9. En quoi voyez-vous dans cette première promesse la promesse de Jésus le Messie ? Voir Ga 3.29.

    Dans cette première révélation divine à Abram dont nous ayons la trace, Dieu promet de s'engager dans une relation étroite et durable avec lui, avant même de parler précisément d'une alliance. C'est plus tard que Dieu l'évoquera directement (Gn 15.4-21 ; Gn 17.1-14). Pour le moment, Dieu offre une relation divino-humaine de grande importance. La présence répétée d'un verbe au futur à la première personne dans Genèse 12.1-3 indique la profondeur et la grandeur de l'offre et de la promesse de Dieu.

    De plus, Abram reçoit un seul ordre, mais un ordre difficile : « Va-t'en. » Il obéit par la foi (He 11.8) mais pas pour déclencher les bénédictions promises. Son obéissance était une réponse de sa foi à la relation affectueuse, que Dieu désirait voir établie. En d'autres termes, Abram croyait déjà en Dieu, faisait déjà confiance à Dieu, avait déjà foi en les promesses de Dieu. C'est obligé. Autrement, il n'aurait jamais quitté sa famille et sa terre ancestrale, tout cela pour s'en aller dans des endroits inconnus. Son obéissance révéla sa foi aussi bien aux hommes qu'aux anges.

    Abram, même alors, révéla la relation clé entre la foi et les oeuvres. Nous sommes sauvés par la foi, une foi qui a pour conséquence des oeuvres d'obéissance. La promesse du salut vient en premier. Les oeuvres suivent. Bien qu'il ne puisse y avoir de communion de l'alliance ni de bénédiction sans obéissance, cette obéissance est la réponse de la foi à ce que Dieu a déjà fait. Une telle foi illustre le principe que l'on trouve dans 1 Jn 4.19: Quant à nous, nous aimons [Dieu], parce que lui nous a aimés le premier.

    Lisez Genèse 15.6. En quoi ce verset montre-t-il, à bien des égards, quel est le fondement de toutes les promesses de l'alliance ? Pourquoi cette bénédiction est-elle la plus précieuse de toutes ?

    Lisez Exode 6.1-8, puis répondez à ces questions :

    1. De quelle alliance parlait-il ? Voir Gn 12.1-3.

    2. En quoi l'Exode devait-il constituer, de sa part, un accomplissement des promesses de l'alliance ?

    3. Quel parallèle voyez-vous entre ce que Dieu a promis au peuple ici, et ce qu'il avait promis à Noé avant le Déluge ?

    Après l'Exode, les enfants d'Israël reçurent l'alliance au Sinaï, donnée dans le cadre du rachat de l'esclavage (Ex 20.2) et qui contenait les provisions sacrificielles de Dieu pour l'expiation et le pardon du péché. C'était par conséquent, comme pour elles toutes, une alliance de grâce, la grâce de Dieu étendue à son peuple.

    Cette alliance réitérait, à bien des égards, les points principaux de l'alliance avec Abraham :
    1. Une relation exceptionnelle entre Dieu et son peuple (comparez Gn 17.7, 8 et Ex 19.5,6).

    2. Ils deviendraient une grande nation (comparez Gn 12.2 et Ex 19.6).

    3. L'obéissance était nécessaire (comparez Gn 17.9-14 ; Gn 22.16-18 et Ex 19.5).

    « Remarquez bien l'ordre ici : Le Seigneur sauve d'abord Israël, puis il leur donne sa loi à garder. Ce même ordre se retrouve dans l'évangile. Christ nous sauve d'abord du péché (voir Jn 1.29 ; 1 Co 15.3 ; Ga 1.4), puis il vit sa loi en nous (Ga 2.20 ; Rm 4.25 ; 8.1-3 ; 1 P 2.24). » —The SDA Bible Commentary, vol. 1, p. 602

    Lisez Exode 6.7. Quel est l'élément qui transparait dans la première partie, où le Seigneur dit qu'ils seront son peuple et lui leur Dieu ? Notez la dynamique ici. Ils seront quelque chose pour Dieu, et Dieu sera quelque chose pour eux. Dieu veut non seulement se sentir proches d'eux d'une manière particulière, mais il veut aussi qu'eux se sentent proches de lui d'une manière particulière. Le Seigneur ne recherche-t-il pas le même genre de relation avec nous aujourd'hui ? Cette première partie d'Exode 6.7 reflète-t-elle votre relation avec le Seigneur, ou bien êtes-vous simplement quelqu'un dont le nom est inscrit sur les registres d'église ? Si votre réponse à la première partie de la question est oui, donnez-en les raisons.

    Ce passage constitue la première mention de ce que l'Ancien Testament appelle « la nouvelle alliance. » Il apparait dans le contexte du retour d'exil d'Israël, et parle des bénédictions que le peuple recevra de la part de Dieu. À nouveau, comme dans tous les autres cas, c'est Dieu qui prend les devants, et c'est Dieu qui va accomplir l'alliance par sa grâce.

    Notez également le vocabulaire. Dieu parle de lui comme d'un époux. Il parle d'écrire sa loi dans leur coeur, et avec le même vocabulaire que l'alliance abrahamique, il dit qu'il sera leur Dieu, et qu'ils seront son peuple. Ainsi, comme auparavant, l'alliance n'est pas un simple accord juridique, comme dans les tribunaux aujourd'hui, mais elle traite de quelque chose de plus grand.

    Lisez Jérémie 31.33. Comparez ce verset à Exode 6.7, qui détaille une partie de l'alliance faite avec Israël. À nouveau, quel est l'élément clé qui transparait ici ? Qu'est-ce que Dieu veut avec son peuple ?

    Lisez Jérémie 31.34. Comparez ce qui est dit à Jean 17.3. Quel acte clé de la part du Seigneur établit la base de cette relation ?

    Dans Jérémie 31.31-34, on peut voir les éléments aussi bien de la grâce que de l'obéissance, tout comme c'était le cas dans les premières alliances. Dieu pardonnera leurs péchés, Dieu s'engagera dans une relation avec eux, et Dieu leur accordera sa grâce. Par conséquent, le peuple lui obéit simplement. Non pas de manière répétitive, mécanique, mais uniquement parce qu'ils le connaissent, parce qu'ils l'aiment, et parce qu'ils veulent le servir. C'est le résumé de l'essence de la relation d'alliance que le Seigneur recherche avec son peuple.

    Comment comprenez-vous cette idée de la loi écrite dans nos coeurs ? Cela veut-il simplement dire que la loi devient subjective et personnelle, quelque chose que l'on interprète et que l'on met en pratique en fonction de la configuration individuelle de notre coeur ? Ou bien cela signifie-t-il autre chose ? Si oui, quoi donc ?

    Lisez Ellen G. White, « Abraham en Canaan, » pp. 111-124, dans Patriarches et prophètes ; « Les prophètes de Dieu les assistaient, » pp. 429  440, dans Prophètes et rois.

    « C'est la loi de Dieu qui est le joug du service. La grande loi d'amour révélée en Éden, proclamée au Sinaï, inscrite dans les coeurs aux termes de la nouvelle alliance, c'est elle qui lie l'ouvrier humain à la volonté de Dieu. Si nous étions abandonnés à nos propres inclinations, libres d'aller où bon nous plaît, nous ne tarderions pas à rejoindre les rangs de Satan et à lui emprunter ses défauts. Raison pour laquelle Dieu nous enferme dans les limites de sa volonté juste, noble et ennoblissante. Il désire qu'avec patience et sagesse nous remplissions les devoirs du service. Ce joug du service, le Christ lui-même l'a porté en son humanité. Il a déclaré : «Mon Dieu, je prends plaisir à faire ta volonté.» «Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.» L'amour de Dieu, le zèle consacré à sa gloire et l'amour envers l'humanité induisirent Jésus à venir sur cette terre pour y souffrir et mourir. Telle était la puissance qui régissait sa vie. Tels sont les principes qu'il nous invite à adopter. » — Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 320.

    À MÉDITER 

    1. L'alliance que Dieu conclut avec Noé, Abram et Moïse, et nous, était-elle le prolongement de son alliance avec Adam, ou bien était-ce quelque chose de nouveau ? Comparez Gn 3.15 ; Gn 22.18 et Ga 3.8, 16.

    2. Pourquoi l'aspect personnel, relationnel de l'alliance est-il aussi important ? En d'autres termes, vous pouvez avoir un contrat exécutoire, une « alliance » avec quelqu'un, sans pour autant avoir d'interaction personnelle. Cependant, ce n'est pas ce genre d'arrangement que le Seigneur recherche dans sa relation d'alliance avec son peuple. Pourquoi ? Discutez.

    3. En quoi le mariage est-il une bonne analogie pour l'alliance ? En quoi cette métaphore ne convient pas pour décrire l'alliance ?

    Résumé : L'irruption du péché a brisé la relation établie à l'origine par le Créateur avec la famille humaine, à travers nos premiers parents. Désormais, Dieu cherche à rétablir cette même relation d'affection au moyen de l'alliance. Cette alliance signifie à la fois une relation engagée entre Dieu et nous (comme un lien de mariage), et un arrangement pour nous sauver et nous mettre au diapason avec le concepteur de l'alliance. Dieu lui-même, poussé par le grand amour qu'il a pour nous, est l'initiateur de la relation d'alliance. Par des promesses et des actes bienveillants, il nous cherche afin de nous unir à lui.

    Mais j'établirai mon alliance avec toi ; tu entreras dans l'arche, toi, tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi (Gn 6.18).

    C'est dans le verset ci-dessus que le terme alliance apparait pour la première fois de toute la Bible. Dans ce contexte, Dieu vient de parler à Noé de sa décision de détruire la terre à cause de la progression massive et constante du péché. Cette destruction se produira sous la forme d'un Déluge mondial, mais Dieu n'abandonne pas pour autant le monde qu'il a créé. Il continue d'offrir la relation d'alliance entrée en vigueur après la Chute. Le « Je » divin qui offrit l'alliance est lui-même le fondement de la sécurité de Noé. En tant que Dieu qui garde l'alliance, le Seigneur promit de protéger les membres de la famille qui étaient prêts à vivre dans une relation engagée avec lui, une relation qui avait pour conséquence l'obéissance.

    L'alliance avec Noé était-elle unilatérale ? Souvenez-vous que l'idée d'une alliance implique plus d'une partie. Noé avait-il sa part du marché à respecter ? Quelle leçon la réponse à ces questions nous enseigne-t-elle ?

    Dieu dit à Noé qu'il va y avoir un déluge et que le monde sera détruit. Mais Dieu conclut un marché avec lui, dans lequel il promet de sauver Noé et sa famille. Ainsi, l'enjeu est assez élevé, parce que si Dieu ne respecte pas ses engagements, alors quoi que fasse Noé, il sera éliminé avec le reste du monde.

    Dieu dit qu'il va établir une « alliance » avec Noé. Le terme en lui-même implique une intention d'honorer ses engagements. Ce n'est pas une simple déclaration fantaisiste. Le terme en lui-même est lourd de sens. Supposez que le Seigneur ait dit à Noé : « Écoute, le monde va disparaitre dans un terrible déluge, et il se peut que je te sauve, ou pas. En attendant, fais ceci et cela, et alors nous verrons bien ce qui arrive, mais je ne te donne aucune garantie. » De telles déclarations ne correspondent pas du tout au genre d'assurance et de promesses que l'on trouve dans le mot alliance.

    D'aucuns ont avancé que le déluge de Noé n'était pas mondial, mais simplement local. Si c'était le cas, alors dans le cadre de ce que Dieu promet dans Genèse 9.15 (voir également Es 54.9), chaque fois qu'un déluge (une inondation) local survient (et il semble que cela arrive tout le temps), la promesse que Dieu a faite n'est pas tenue. A contrario, le fait qu'il n'y ait jamais eu d'autre déluge mondial depuis prouve la validité de la promesse d'alliance de Dieu.

    En bref, qu'est-ce que cela nous indique sur la confiance que nous pouvons avoir dans ses promesses ?

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