Paul nous instruit beaucoup sur la diffusion de l’Évangile. Ses voyages totalisèrent environ 21 000 km — performance remarquable, surtout qu’une grande partie fut accomplie à pied et malgré des séjours en prison.
Il s’établissait souvent dans de grands centres commerciaux, comme Corinthe ou Éphèse, d’où le message se propageait vers l’intérieur. Il retournait aussi dans les Églises qu’il avait fondées pour affermir et encourager les nouveaux croyants. Lorsqu’il ne pouvait leur rendre visite, il leur écrivait: ainsi, ils savaient qu’il pensait à eux et se souciait de leur foi.
Lisez Col 4.7-9 et comparez avec Eph 6.21. Comment Tychique est-il décrit et pourquoi Paul l’envoie-t-il, avec Onésime, à Colosses?
Il est souvent préférable de transmettre certaines nouvelles de vive voix plutôt que par écrit. Nous ignorons les détails précis qu’apportaient Tychique et Onésime, mais l’intention de Paul était claire: «afin qu’il console vos cœurs» (Col 4:7-9, LSG) — probablement des informations sur ses conditions de détention. Ce type de contact renforçait aussi les liens fraternels.
Tychique, dont le nom signifie «chanceux», était un envoyé fiable, qualifié de «fidèle ministre» et «compagnon de service». Originaire d’Asie (Ac 20.4), il accompagna Paul dans la collecte pour les croyants de Jérusalem et fut auprès de lui lors de son second emprisonnement à Rome, avant d’être envoyé à Éphèse (2 Tm 4.12). Paul songea aussi à l’envoyer vers Tite en Crète (Tt 3.12). Il était ici accompagné d’Onésime, converti par Paul à Rome (voir leçon 1) et qualifié de «fidèle».
Paul désirait également recevoir des nouvelles de Colosses; un message pouvait aisément lui être transmis par un voyageur ou par Tychique lui-même. C’était une manière concrète pour lui d’exprimer son amour pastoral et d’affermir la foi de croyants qu’il n’avait jamais visités.
Comment ces détails personnels dans les lettres de Paul illustrent-ils non seulement son humanité, mais, dans une certaine mesure, confirment-ils aussi la validité de son ministère?
« Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis ». Jean 13 : 13
En instaurant la sainte Cène dans la chambre haute ; Jésus accepta l’application de ce double titre à sa personne. II précisait ainsi qu’il était Maître et Seigneur dans toute l’acceptation des termes. Ces titres étaient largement utilisés à l’époque du Christ-pour exprimer le respect et l’estime dus aux dignitaires.
Jésus accepta ce titre pour impressionner ses disciples, pour leur montrer que tout en leur lavant les pieds comme un serviteur, il était toujours leur Maître et Seigneur. L’accomplissement de cette humble tâche n’avait rien retranché à sa dignité.
Le mot grec traduit par « maître » a plutôt la signification d’enseignant. Dans le sens le plus complet du terme, Christ est notre enseignant. Il surpasse en excellence tous les maîtres, instituteurs, professeurs, docteurs. II était, comme le dit Nicodème, « un docteur venu de Dieu » (Jean 3 : 2). En tant que Maître des maîtres, Jésus a clairement enseigné la vérité, sans rien lui enlever de sa profondeur, de sa simplicité, de sa splendeur.
Après la résurrection du Christ, « Seigneur » a pris un sens plus profond pour l’Église. On l’employait pour décrire Jésus en Seigneur de la création, Seigneur de toutes choses, Seigneur de l’Église, Seigneur de la vie (Actes 10 : 36 ; Rom. 14 : 8).
On rapporte ces paroles de saint Augustin : « Jésus-Christ sera Seigneur de tout ou il ne sera pas Seigneur du tout. » Comme l’observait Wayne A. Detzler, « il n’y a pas de milieu dans la souveraineté du Christ » (New Testament Words in Today’s Language, P. 267). En tant que disciples du Christ, nous avons le privilège d’apprendre du prince des enseignants et de l’adorer comme Seigneur. « Notre Seigneur Jésus-Christ était un maître exceptionnel. Il s’adressait tendrement à quiconque recherchait sincèrement la vérité. Il s’attirait la sympathie et venait habiter dans les cœurs. » (ST Manuscript, El 44, 1894.)
Ma prière en ce jour : Seigneur, tu es mon Maître et Seigneur. Je veux apprendre de toi tout en l’adorant sans cesse. Amen !
(« Portrait de Jésus » George W. Brown. Ed: IDPA)